Thomas Bediako

Il compte parmi les grandes personnalités des ONG qui ont été très remarquées lors du Forum de Dakar. En parlant au nom des ONG lors de la séance plénière de clôture, il a fait observer aux délégués qu’outre remplir leur mission concrète, les ONG devront à l’avenir jouer en quelque sorte un rôle de surveillant de l’éducation. – Thomas Bediako est le coordinateur africain d’Éducation International, la fédération de l’éducation la plus influente au niveau mondial, particulièrement en tant qu’organisation d’enseignants.

Déclaration


Je voudrais faire quelques remarques au nom du Forum des ONG. Permettez-moi d’abord de souligner que les ONG ont apprécié d’entendre le point de vue et la dimension politique exprimés par le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, et par les dirigeants de la communauté internationale cette semaine en faveur de l’éducation pour tous, d’une augmentation des ressources et surtout de leur détermination à agir maintenant.

Nous nous félicitons de l’inclusion d’aspects de cet état d’esprit dans le Cadre d’action. Nous notons en particulier:

  • un engagement renforcé en faveur d’une éducation primaire gratuite, obligatoire et de qualité;
  • un engagement qu’aucun pays, présentant un plan d’éducation viable, ne sera rejeté en raison de ressources insuffisantes;
  • un effort mondial basé sur des plans nationaux d’éducation;
  • la reconnaissance de la nécessité d’augmenter les ressources existantes par le biais de l’aide et de l’allègement de la dette;
  • la nécessité de donner la priorité à l’éducation des filles;
  • l’engagement d’entamer un véritable partenariat avec la société civile, c.-à-d. les ONG, les syndicats d’enseignants, les associations de parents, etc;
  • la promesse de mettre en œuvre de manière urgente des programmes d’éducation pour combattre le VIH/SIDA.

Le Cadre d’action ne répond cependant pas à nos attentes. Il est incomplet: les engagements ne sont pas liés à un calendrier. Il est faible concernant son financement. Nous espérions voir un engagement à reconnaître que 6% du PNB des États devaient être consacrés à l’éducation – seuil préconisé par la Commission Delors – et 8% des budgets d’aide au développement consacrés à l’éducation fondamentale. Le Cadre d’action est faible parce qu’il ne contient pas de mécanismes de transparence et de responsabilité. Nous le regrettons profondément.

De plus, et c’est probablement le plus important, le texte relatif à l’initiative globale est vague et peu détaillé. Nous sommes étonnés par le contraste entre les obligations que doivent remplir les gouvernements des pays du Sud et l’absence d’engagements comparables de la part des pays du Nord et des institutions multilatérales.

Ces derniers mois, nous avons été le témoin du développement d’un mouvement civil mondial déterminé à se battre en faveur de l’éducation pour tous.

Nous vous remercions – gouvernements et institutions multilatérales – pour votre volonté de vous engager, à nos côtés, dans cette tâche importante.

Je tiens cependant à vous dire que nous ne disparaîtrons pas demain. Nous continuerons notre campagne aux niveaux local, national et international. Vous nous verrez dans vos villages et villes.

Nous nous verrez au sommet du G7 d’Okinawa, au Sommet social Copenhague+5 fin juin à Genève et à l’Assemblée générale du Millénaire à New York.

Notre ombre ne vous quittera pas.

Je vous remercie.

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