Maria Lourdes Almazan-Khan

Maria Khan, vice présidente du Conseil international d’éducation des adultes (CIAE) et secrétaire générale de l’Office d’éducation des adultes de la région Asie-Pacifique Sud (ASPBAE – aspbae@vsnl.com) a participé à la préparation de Dakar avec les ONG. Elle y a ajouté le facteur de l’éducation des adultes. Ainsi n’est-il peut-être pas surprenant qu’après la Conférence mondiale elle se soit demandée si l’expression «EFA» (Education for ALL – éducation pour TOUS) ne signifiait pas en fait «Exept for Adults» (sauf pour les adultes) car l’école y était le thème dominant et non l’éducation extrascolaire des jeunes et des adultes.

Le sigle EFA (Education for All - EPT) signifie-t-il «Except for Adults» (sauf pour les adultes)?


Lors du Forum mondial sur l’éducation FME (WEF – World Education Forum) à Dakar, 182 des 193 pays représentés ont délibéré sur les réalisations de la décennie passée dans le domaine de l’éducation et sur les engagements renouvelés pour la période à venir.

Un grand nombre d’organisations non gouvernementales a participé au FME. Du 24 au 25 avril 2000, le Conseil international d’éducation des adultes CIEA (International Council for Adult Education) et l’Office d’éducation des adultes de la région Asie-Pacifique Sud (ASPBAE – Asian South Pacific Bureau of Adult Education) ont eu le plaisir de participer à la consultation internationale des ONG sur l’éducation pour tous organisée par L’UNESCO dans le cadre de la consultation collective des ONG sur l’alphabétisation et l’éducation pour tous.

La consultation des ONG

La consultation des ONG a été organisée pour préparer ces dernières à participer au FME. Plus de 200 ONG, en majorité africaines et européennes, y ont pris part. Au terme de la consultation, les organisations ont choisi leurs représentants pour les deux groupes de travail qui devaient participer à la conférence principale:

  1. le comité de projet, chargé de préparer les grandes lignes du cadre d’action de Dakar et
  2. le comité de l’avenir, chargé de définir le suivi et de mettre en place les mécanismes devant permettre de faire respecter les engagements formulés à Dakar.

Le comité de projet et le comité de l’avenir se composaient de représentants des ONG, des gouvernements et des organisations bilatérales. Nitya Rao, membre de l’ASPBAE et coordinatrice du Service international de soutien à l’alphabétisation faisait partie du comité de l’avenir.

Lors de la consultation, les ONG ont conjointement élaboré et soumis un ensemble de recommandations concernant le projet de cadre d’action pour Dakar. Elles ont préparé une déclaration des ONG qui a été lue lors de la session plénière d’inauguration du FME.1 Elles ont également demandé que le FME accrédite toutes les ONG présentes lors de la consultation. L’UNESCO a accédé à cette requête et près de 150 ONG ont été accréditées (seulement 55 places avaient été prévues au départ).

Trois orateurs de la session plénière des ONG ont tenu des discours lors du forum : madame Rao, qui faisait partie des invités de la session intitulée «Coopérer avec la société civile pour atteindre des objectifs sociaux grâce à l’éducation»2, la Zambienne Jennifer Chiwela, qui a lu la déclaration des ONG lors de la session d’inauguration du forum, et Tom Bediako, le coordinateur africain d’Education International qui a tenu un discours au nom des ONG lors de la session plénière de clôture.

Les ONG et le cadre d’action de Dakar

Le 28 avril, les gouvernements participant au FME ont approuvé le cadre d’action de Dakar, signifiant ainsi qu’ils renouvelaient leurs engagements en ce qui concerne l’éducation pour tous. Les accords définitifs adoptés pour Dakar réitéraient les engagements de Jomtien tout en donnant une plus grande priorité à l’Afrique subsaharienne et à l’Asie du Sud, à l’éducation des femmes et des filles, aux zones de conflit et à l’éducation sur le thème du VIH/SIDA. Le cadre d’action accorde également plus d’importance aux mécanismes de suivi aux niveaux national et mondial et au rôle de la société civile. La situation dans chacune des régions étant cependant trop différente, il n’a pas été possible d’obtenir de consensus en ce qui concerne les structures de suivi à mettre en place au niveau régional.

Les ONG ont préconisé que 8 % de l’ensemble du budget d’aide soit attribué à l’éducation élémentaire et que les gouvernements allouent au moins 6 % de leur PNB à l’éducation. Aucune de ces dispositions n’a cependant été prise en compte dans les engagements relatifs à l’attribution des ressources qui ont été adoptés dans le cadre d’action. Les gouvernements participants ont formulé de manière énergique une clause concernant l’allègement et l’annulation de la dette.

Le cadre d’action de Dakar faisait référence à un «programme cadre pour l’apprentissage tout au long de la vie» – une définition élargie de l’éducation qui reconnaissait les engagements pris à Hambourg en 1997 lors de la Cinquième Conférence sur l’éducation des adultes (CONFINTEA V). L’apprentissage tout au long de la vie ne renseignait cependant pas vraiment sur l’essentiel des engagements pris à Dakar, et une vision plutôt compartimentée et «fonctionnaliste» de l’éducation, accordant la priorité à l’éducation primaire, continuait à prédominer. Dans l’ensemble, l’éducation des adultes a été réduite à l’alphabétisation des adultes et au développement de compétences.

La Campagne mondiale pour l’éducation – une initiative des ONG

La plus vaste initiative organisée par les ONG lors du FME tournait autour de la Campagne mondiale pour l’éducation (GCE – Global Campaign for Education), une coalition d’ONG de développement et de syndicats d’enseignants qui préconise d’aborder des thèmes liés à la politique de l’éducation. La GCE a activement participé à l’examen réalisé par la revue EFA 2000 et à la déclaration de Copenhague +5. À cette occasion, elle a beaucoup fait parler d’elle et s’est avérée très bien organisée. Depuis, l’ASPBAE est devenue membre de la GCE, et le réseau du CIEA espère travailler conjointement avec elle, particulièrement en ce qui concerne le suivi des opérations après Dakar.

Le suivi

Le cadre d’action de Dakar prévoit des mécanismes de suivi aux niveaux national, régional et mondial auxquels participera la société civile et dont le but est de surveiller et de promouvoir la réalisation des engagements pris à Dakar. Les délégués ont examiné la possibilité d’organiser un atelier sous l’égide du Bureau parisien de l’UNESCO dans le but d’élaborer la stratégie des ONG concernant le suivi des opérations en Afrique et en Asie après Dakar. Une réunion des ministres des pays membres de l’Association de coopération régionale d’Asie du Sud a également été prévue dans le but de délibérer sur le suivi des opérations après Dakar. Les délégations des gouvernements du Pakistan, de l’Inde, de Sri Lanka, du Népal et du Bengladesh ont aussi examiné une initiative de ce type. L’ASPBAE profitera au mois de novembre 2000 de ses consultations sur la planification de la stratégie et de la formation au soutien des régions et du stage de formation sur ce thème pour examiner plus amplement son rôle à la suite de Dakar et de la CONFINTEA V.

Notes

1 Texte intégral de la déclaration des ONG, p 181

2 Texte intégral du discours, p 197

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