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Le questionnaire en ligne

Ministère fédéral de la coopération et du développement économiques (BMZ)

Le ministère fédéral de la coopération et du développement économiques (BMZ) a réuni dans un document les contributions du gouvernement allemand et des institutions qui ont coopéré avec lui depuis Jomtien dans le domaine de l’éducation de base. Plusieurs réunions préparatoires ont eu lieu, au cours desquelles la situation actuelle a été présentée et a fait l’objet de discussions. L’IIZ/DVV a participé à son élaboration en fournissant certains documents.

Priorités conceptuelles, approches et types de projets


Dans le domaine de l’éducation de base, la coopération au développement se base sur les principes généraux de la coopération allemande au développement, indépendamment des différences d’approche en matière de coopération technique et financière: concentration sur les groupes défavorisés, différenciation entre les sexes, approche participative, intervention aussi minime que possible de spécialistes étrangers, contribution à une restructuration durable du secteur, prise en considération de l’ensemble du (sous-)secteur de l’éducation et définition des interventions en fonction des lacunes qu’il présente au niveau de l’approche.

Les priorités conceptuelles

À l’instar de la coopération au développement, dont l’orientation purement technique tend à diminuer au profit du conseil politique et administratif, le secteur de l’éducation de base se concentre de plus en plus sur le conseil politique et sectoriel. Ceci ne se fait pas pour autant aux dépens des produits et des solutions pédagogiques puisque souvent, c’est précisément d’eux que dépend la confiance dans la compétence, indispensable à la poursuite de toute prestation de conseil. Les innovations pédagogiques et l’amélioration des composantes du système sont au cœur des transformations structurelles que traverse le domaine éducatif dans les pays avec lesquels nous coopérons.

Par principe, les groupes cibles des projets d’éducation de base sont les utilisateurs finaux, les enfants des maternelles, du primaire et du secondaire, les jeunes et les adultes participant à des projets d’éducation non-formelle. Les intermédiaires entre le projet et les groupes cibles peuvent être, en principe, représentés par le personnel de toutes les institutions du secteur éducatif (des ministères aux administrations éducatives locales en passant par les universités et les organismes de formation des enseignants), mais bien entendu aussi par les écoles et les ONG. Jusqu’à présent, la majeure partie de la coopération au développement est réalisée en coopération avec les institutions partenaires et les intermédiaires publics.

Les priorités conceptuelles ont évolué et se sont élargies par rapport à l’époque qui a précédé Jomtien. Si jusqu’à Jomtien, les priorités se concentraient en majeure partie sur l’élaboration de programmes et de matériel pédagogique et sur le conseil pédagogique et éducatif (presque exclusivement sous forme de coopération technique), elles se concentrent à la fin des années 90 sur les domaines suivants:

  • l’élargissement des compétences du personnel enseignant, de surveillance et administratif
  • la suppression d’un obstacle majeur à l’efficience de l’éducation de base: la langue d’enseignement
  • l’amélioration des matières principales enseignées
  • le développement organisationnel spécifique au secteur et le conseil politique
  • la mise en place d’infrastructures scolaires et leur amélioration

Les approches

L’approche qui prédomine traditionnellement consiste à concevoir des projets sectoriels classiques. Alors qu’aujourd’hui encore, ce genre de projets est généralement prédominant dans la coopération technique, la coopération financière est, entretemps, plutôt axée sur les programmes. Il peut s’agir soit de cofinancements dans le cadre de programmes sectoriels globaux (sector-wide approach/SWAP), soit de la participation à des programmes d’investissement sectoriel (sector investment programme/SIP), plus précisément à ceux de la Banque mondiale.

Les vrais programmes sectoriels réalisés par la coopération allemande au développement, en l’occurrence ceux qui concernent l’ensemble du secteur, sont pratiquement inexistants dans le domaine de l’éducation de base ou existent uniquement à titre d’expérimentations, dont le succès varie beaucoup d’un programme à l’autre. Ceci est également valable pour les projets de coopération technique / financière, comme par exemple dans les pays très peuplés comme l’Éthiopie, le Pakistan et le Bangladesh. Il existe ainsi au Pakistan des groupes de programmes au sein desquels plusieurs éléments de coopération technique sont organisés en projets sectoriels et qui utilisent tant la coopération technique que financière, tout en les coordonnant.

L’effort, tel que proposé par le ministère fédéral de la coopération et du développement économiques, se concentre sur l’orientation vers les programmes et sur les programmes sectoriels sans toutefois les considérer comme une approche éprouvée. La réalisation relativement faible de SWAPs ou de SIPs dans le secteur de l’éducation de base est entre autres imputable au fait que nos partenaires n’ont pas les capacités nécessaires de gestion et de mise en pratique.

Face à cet état de fait, il n’est pas étonnant que la majeure partie des projets de coopération technique, mais aussi la plupart des projets de coopération financière soient réalisés sous forme de projets sectoriels traditionnels. Les projets sectoriels élaborent des solutions qui, soit dans l’absolu, soit dans le contexte du pays, ont un caractère novateur (nouveaux programmes d’études, amélioration du matériel pédagogique pour les programmes d’études existants, des cursus éducatifs pour des groupes cibles spécifiques, des processus de formation des enseignants, des bâtiments scolaires, des procédures de planification et de mise en pratique). Ce genre d’approche s’appuie sur le modèle de l’«élaboration et expérimentation de prototypes».

Pour assurer la durabilité institutionnelle de ces projets, ces derniers ont été conçus de manière de plus en plus détaillée et axés sur une promotion sectorielle complexe, et en partie sur l’approche sectorielle globale (SWAP). L’élargissement progressif des projets donne théoriquement la possibilité à nos partenaires d’élargir leurs capacités en conséquence.

La durabilité financière des projets sectoriels dépend des partenariats avec les institutions bi-et multilatérales de la coopération financière. Les «prototypes» élaborés et expérimentés dans le cadre des projets (par ex. programmes d’études, manuels, matériel de formation continue pour les enseignantes et enseignants) doivent être produits dans les quantités ou les tirages correspondants et mis en pratique à des échelles plus larges, par exemple au niveau départemental, régional ou national, ce qui dépasse généralement les possibilités des organismes ou des donateurs individuels. Il est donc inévitable de chercher et de solliciter des partenariats systématiques comme c’est le cas pour les projets de coopération technique et financière, mais aussi avec d’autres organismes et donateurs. Des accords et des conventions préalables sont couramment conclus avec la Banque mondiale, mais aussi avec l’UE et d’autres organisations.

Les types de projets

Les priorités conceptuelles et les approches les plus courantes permettent d’identifier les types de projets qui prédominent dans la promotion de l’éducation de base bilatérale en Allemagne, plus particulièrement en termes de coopération technique.

Les projets concernant l’éducation bilingue interculturelle et l’enseignement des langues maternelles abordent un des problèmes cruciaux du système éducatif dans les anciens pays colonisés, en l’occurrence la langue d’enseignement qui est une langue étrangère pour la majorité des populations. La coopération technique allemande a joué un rôle de pionnier dans ce domaine en Amérique latine et en Afrique. Pour l’Afrique, la langue d’enseignement constitue un élément essentiel de l’amélioration du niveau éducatif de la population: il sera pratiquement impossible d’améliorer l’efficience et la qualité si les langues coloniales continuent de prévaloir dans le primaire. Cet état de fait a également des retombées indirectes sur les capacités de scolarisation. Dans plus de la moitié des projets, la langue d’enseignement constitue un thème central qui demande des projets hautement complexes du fait que l’introduction d’une nouvelle langue d’enseignement a toujours des conséquences dans des domaines multiples du secteur: amélioration de l’organisation et du conseil sectoriels, élaboration de programmes d’études et de matériel pédagogique, formation initiale et continue des enseignantes et enseignants, actions de relations publiques. L’enseignement en langue maternelle et l’éducation bilingue profitent surtout aux filles.

Les projets d’encouragement au sous-secteur sont également très complexes. Ils concernent toujours l’amélioration de l’organisation sectorielle, le management scolaire, le conseil et la formation initiale et continue des enseignantes et enseignants et impliquent presque toujours des mesures financières, soit au titre de projets de la coopération technique, soit de la coopération technique et financière. Dans ces projets, le rôle central de l’enseignement pour le succès scolaire des élèves et l’importance que représentent les enseignantes et les enseignants pour l’introduction de mesures novatrices a très souvent pour conséquence une concentration sur la formation des enseignantes et enseignants.

Le type de projet formation initiale et continue des enseignantes et enseignants ýe concentre sur la formation de base des enseignantes et enseignants, ce qui permet d’ancrer les réformes de manière durable – entre autres au niveau national. Le management scolaire et les mesures financières jouent un rôle pratiquement négligeable. Vu la grande importance accordée à la formation des enseignantes et des enseignants d’après le système de la boule de neige, une procédure spéciale de monitoring a été développée au titre d’instrument de management de la qualité pour ce type de projet et le précédent, qui sont assez complexes.

Jusqu’à présent, un petit nombre de projets de coopération technique se concentrent sur l’amélioration de l’organisation et des activités de conseil sectoriels sans interventions pédagogiques directes. D’un autre côté, les activités de conseil dans le cadre du dialogue sectoriel avec les institutions nationales concernées prennent également de l’importance dans les projets infrastructurels de coopération financière. Certaines composantes de la décentralisation et du transfert du management éducatif aux milieux proches de l’école sont essentielles dans ces projets. Il faut accorder un intérêt particulier au rapport entre les utilisateurs (parents, quartier, village) et l’école d’une part, la promotion des structures participatives correspondantes d’autre part, qui contribuent à adapter les offres éducatives aux besoins des utilisatrices et utilisateurs, et à percevoir l’importance cruciale de l’éducation dans la vie quotidienne.

Une série de projets sont consacrés à la promotion de certaines matières scolaires en rapport avec le développement telles l’éducation à l’environnement, les sciences de la nature et les matières pratiques au titre de préparation au monde du travail. Dernièrement, l’environnement a pris le pas sur les matières relevant purement des «sciences de la nature». En fait, il serait bon d’associer les deux approches puisqu’elles se complètent mutuellement.

L’enseignement axé sur le travail a temporairement perdu de l’importance, en partie du fait que les anciens concepts n’ont pas été généralisés ni durabilisés de manière satisfaisante. La demande est néanmoins très élevée, plus particulièrement en Afrique.

L’éducation non-formelle des jeunes et des adultes est essentiellement soutenue par l’IIZ/DVV et a récemment gagné en importance au sein de la GTZ. L’IIZ/DVV concentre également ses projets sur l’alphabétisation fonctionnelle des adultes, qui se fait sous forme de coopération avec des partenaires étatiques et non étatiques, mais aussi sous forme de soutien aux réseaux internationaux dans ce secteur. L’éducation des adultes est considérée comme faisant partie de l’éducation tout au long de la vie; son rôle émancipateur est encouragé par l’intermédiaire des partenaires respectifs de l’Institut avec des objectifs différents: qualification de personnel spécialisé, élaboration de matériel pédagogique, renforcement de l’infrastructure institutionnelle, promotion des programmes de formation continue débouchant sur des diplômes, appui à l’éducation des femmes et à la sensibilisation à l’égalité entre les sexes, à la formation professionnelle et axée sur la création d’emploi initiale et continue, à l’éducation à l’environnement, et enfin à l’éducation à la paix et aux droits humains.

Depuis le milieu des années 90, la GTZ aide aussi les enfants et les jeunes non scolarisés ou qui ont abandonné l’école prématurément. Ces projets sont conçus en fonction des besoins des jeunes et généralement axés sur l’environnement des groupes cibles respectifs et leurs problèmes: travail des enfants, enfants des rues, orphelins de parents atteints du sida, enfants prostitués.

La coopération financière de la KfW, institut de crédit d’aide au redressement économique, met l’accent sur la mise en place et la consolidation de l’infrastructure scolaire au sens propre du terme: pour ce qui concerne le secteur de l’éducation de base, il s’agit donc des salles de classe, des écoles, des organismes de formation des maîtres les plus divers, accompagnés des bâtiments administratifs et de fonction correspondants. La KfW contribue de ce fait à l’élargissement et à l’amélioration de l’accès des filles et des garçons à l’éducation de base tout en précisant que ce sont surtout les filles qui profitent le plus des réseaux scolaires plus denses car elles n’ont pas toujours le droit, pour des raisons de sécurité, de se rendre dans des écoles éloignées de chez elles.

Avec la mise en place et l’élargissement de l’infrastructure scolaire au sens large, la coopération financière soutient également, outre l’infrastructure des bâtiments, l’équipement des divers organismes (mobilier, équipements de laboratoires etc.). Le financement de l’achat, de la production et de la distribution d’outils pédagogiques au sens large permet d’améliorer les conditions dans lesquelles se font l’apprentissage et l’enseignement. On citera ici l’équipement des bibliothèques, tant pour la formation des maîtres qu’au niveau scolaire ou municipal, mais aussi les outils pédagogiques pour l’enseignement des sciences de la nature et de l’environnement. En outre, les investissements sont souvent accompagnés d’un soutien à la création de systèmes de management et d’information ou de fonds de maintenance décentralisés. Ces deux projets de coopération financière ont en général pour objectif de renforcer les capacités d’autopromotion des municipalités concernées. Les fonds permettent d’initier des initiatives autonomes des parents et des communes pour tout ce qui concerne l’installation, l’agrandissement et l’entretien des organismes scolaires au niveau municipal.

Bilan provisoire

Si l’on fait la comparaison avec les priorités financières et conceptuelles décrites dans le document du ministère de la coopération et du développement économiques, on retiendra, à la fin de cette décennie d’éducation de base et dans l’attente de l’évaluation mondiale des progrès et de l’encouragement à l’éducation de base par le forum éducatif mondial «L’éducation pour tous» de Dakar, Sénégal, le bilan suivant:

L’Allemagne a donné la priorité à la promotion de l’éducation de base scolaire et largement contribué au fait qu’en 1998, il y avait 82 millions d’enfants scolarisés, dont 44 millions de filles, de plus qu’en 1990. L’aide à l’éducation des jeunes et des adultes non-formelle et extrascolaire a par contre diminué. De même, le soutien à l’éducation préscolaire, à une exception près, n’a fait l’objet d’aucun projet public. L’éducation de base des filles et des femmes, en termes généraux, a été prise en compte dans pratiquement tous les projets et a fait l’objet de certains projets spécifiques.

En ce début de 21è siècle et face aux défis qui se posent aux termes de ce bilan, notre mission principale est de réfléchir aux conséquences du sida pour la promotion de l’éducation. Il faut également analyser dans quelle mesure l’éducation représente une contribution potentielle à la prévention des crises et à la gestion des conflits. D’un autre côté, il importe de tester les chances et les possibilités offertes par les nouvelles technologies de l’information pour la coopération au développement en général, et en tant qu’outil et de technologie pédagogique, ou encore pour satisfaire les besoins fondamentaux d’apprentissage des populations du Sud.

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