Uschi Eid1

Discours de bienvenue

L’extrême pauvreté dans laquelle vivent plus d’un milliard de personnes sur notre planète représente l’un des plus grands défis mondiaux. En termes purement économiques, les plus pauvres doivent vivre avec moins d’un dollar par jour. Mais pauvreté ne veut pas seulement dire bas revenus.

  • Pauvreté veut dire ne pas avoir droit à la parole et donc n’avoir aucune influence sur les décisions importantes qui influent sur la vie des pauvres.

  • Pauvreté veut dire avoir faim: chaque jour, 25 000 personnes, en majorité des enfants, meurent de faim et de malnutrition.

  • Pauvreté veut dire maladies: depuis l’apparition du VIH/SIDA, 58 millions de personnes dans le monde ont été contaminées.

  • Pauvreté veut dire manque de chances éducatives: 113 millions d’enfants d’âge scolaire ne peuvent pas aller à l’école. Le nombre d’adultes analphabètes dans le monde est estimé à 860 millions.

Lors du Sommet du millénaire des Nations unies en novembre 2000, la communauté internationale s’est fixé pour objectif la lutte contre l’extrême pauvreté. La déclaration adoptée à ce sommet résume les objectifs des conférences et plans d’action internationaux des années 90 et les traduit en huit objectifs mondiaux de développement. C’est sur cette déclaration que nous basons notre action pour répondre aux défis de développement les plus cruciaux du 21e siècle.

L’un des principaux objectifs est donc d’améliorer l’éducation. C’est une option que j’approuve car l’éducation permet à l’être humain d’améliorer sa situation sociale, culturelle et économique:

  • le savoir est la condition préalable de l’autodétermination et de l’épanouissement de l’être. Savoir lire et écrire permet d’affirmer ses droits individuels et de participer à la vie de la société.

  • La main-d’oeuvre qualifiée améliore la productivité et la qualité du travail.

  • L’éducation à la santé améliore les conditions d’hygiène et de nutrition et donc la qualité de la vie et l’espérance de vie.

  • Le respect de l’environnement nous encourage à utiliser plus durablement les ressources naturelles et à mieux protéger notre environnement.

Quant à l’éducation, elle est la clé de la réussite professionnelle.

Ces quelques exemples montrent que l’éducation est la condition sine qua non du développement et que si l’éducation de base n’est pas même garantie de manière suffisante, les programmes de développement, tous domaines confondus, se heurtent très vite à leurs propres limites.

En réponse aux objectifs fixés dans la Déclaration du millénaire, le gouvernement allemand a mis en place le programme d’action 2015, adopté en 2001 par le conseil des ministres et qui définit les 10 domaines prioritaires d’action de notre lutte contre la pauvreté dans le monde. L’une d’entre elles est la mise en place de services sociaux de base, y compris l’éducation. Nous tenons compte du fait que dans nombre de pays en développement, l’éducation non formelle et la formation des adultes sont souvent la seule possibilité qu’ont les pauvres d’avoir accès à l’éducation de base et à l’éducation tout au long de la vie. Dans notre actuel portefeuille bilatéral, l’appui à l’éducation non formelle et à la formation des adultes représente presque un tiers du total de notre soutien à l’éducation de base.

J’ai donc le plaisir de constater que l’Institut de coopération internationale de la Confédération allemande pour l’éducation des adultes (IIZ/DVV), organisme appuyé par notre ministère, est l’un des cofondateurs et co-organisateurs de cette conférence aux côtés de la Banque mondiale et du département d’éducation des adultes de l’Université du Botswana. Je leur adresse mes remerciements pour avoir organisé cette importante conférence.

En ma qualité de représentante personnelle du chancelier allemand pour l’Afrique au G8, j’apprécie particulièrement le fait que cette conférence se tienne en Afrique. Nous savons l’immense pauvreté dont le continent est victime, mais je suis sûre que l’hôte de cette conférence, le gouvernement du Botswana, de même que les représentants des autres pays de la région, sauront nous convaincre que l’Afrique est en marche. Nous allons tous tirer des leçons des meilleures pratiques; j’espère donc que ces quelques journées seront accompagnées de discussions fructueuses et se clôtureront sur des conclusions qui vont nous permettre de formuler des recommandations concrètes pour que l’éducation non formelle et la formation des adultes soient dispensées avec efficience et contribuent à réduire la pauvreté.

1 Uschi Eid, secrétaire d’État au ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement, qui a cofinancé cette conférence s’est malheureusement trouvée dans l’impossibilité d’y prendre part. Heribert Hinzen, directeur de l’IIZ/DVV a lu son discours de bienvenue.