Clinton Robinson

Clinton Robinson de l’UNESCO Paris a donné aux participants d’Abuja des précisions sur la Décennie des Nations unies pour l’alphabétisation (DNUA). En voici un court résumé.

La Décennie des Nations unies pour l’alphabétisation, 2003–2012

 

Dans la vision de la DNUA, l’alphabétisation pour tous est un élément central de l’éducation pour tous, et elle est primordiale à tous les niveaux de l’éducation dispensée selon tous les modes d’enseignement: formel, non formel et informel. La vision de l’alphabétisation pour tous englobe le Nord et le Sud, les villes et les campagnes, les personnes dans le circuit de l’éducation et hors de celui-ci, les adultes et les enfants, les garçons et les filles, les hommes et les femmes. L’alphabétisation pour tous implique une notion plurielle de l’alphabétisation et la création d’environnements alphabétisés dynamiques. Le défi de l’alphabétisation est plus qu’une affaire de chiffres, il implique que l’on mette fin au fait que les calendriers de l’éducation la négligent en reconnaissant pour cela sa diversité et en travaillant avec elle, et en facilitant aussi l’action locale et les partenariats. Le projet propose des liens stratégiques avec des cadres internationaux de développement comme les OMD, les plans nationaux pour l’éducation, la coordination des aides nationales comme l’UNDAF (le Plan cadre des Nations unies pour l’aide au développement) et des priorités éducatives telles que la parité des sexes, la qualité, l’éducation tout au long de la vie.

La Décennie des Nations unies pour l’alphabétisation (DNUA) se concentre sur des politiques judicieuses, des programmes bien conçus, les capacités adéquates, les preuves fournies par la recherche, la participation de la communauté, la surveillance et l’évaluation. Pour la DNUA, une surveillance adéquate est essentielle et passe par l’utilisation de nouvelles approches évaluatives de l’emploi de l’alphabétisation, pas uniquement des niveaux de compétence, comme l’illustre par exemple le projet LAMP. Il est aussi important d’acquérir des connaissances systématiques sur les possibilités de s’éduquer hors de l’école.

La création de la Conférence de la Maison-Blanche sur l’alphabétisation dans le monde, qui cherchait à développer de nouveaux partenariats et à associer alphabétisation, famille, santé et autosuffisance économique, a donné un nouvel élan à la DNUA. En outre, plusieurs conférences régionales ont été prévues, à l’occasion desquelles les enseignements tirés de projets actuellement menés seront partagés, des politiques plus claires et plus puissantes seront mises en œuvre, des ressources mobilisées, des réseaux d’échanges et de soutien régionaux créés et des efforts d’alphabétisation dans ce domaine entrepris. Les dépositaires d’enjeux peuvent y prendre part en s’efforçant d’obtenir une vaste participation et un financement adéquat au niveau national, en transmettant de bonnes pratiques pour les conférences organisées au niveau régional et en plaidant en faveur de l’alphabétisation auprès d’organisations bilatérales et multilatérales de financement au niveau international.

Depuis la conférence d’Abuja, la Décennie des Nations unies pour l’alphabétisation a vu le déroulement de conférences régionales ma-jeures à Doha (pour le Moyen-Orient et le Maghreb), à Pékin (pour l’Asie de l’Est), à Bamako (pour l’Afrique) et à Delhi (pour l’Asie méridionale et centrale). Chacune d’elles a attiré des centaines de participants, y compris des épouses de chefs d’États, des ministres de l’Éducation, des directeurs de l’Alphabétisation des adultes, des activistes de la société civile et des bailleurs de fonds. À l’occasion des séances plénières de toutes ces conférences, il a été question des Points de référence internationaux pour l’alphabétisation des adultes et de l’Appel d’Abuja. Au vu des documents rédigés à la suite de ces quatre manifestations, il apparaît clairement que les Points de référence influent presque invariablement de façon considérable sur les recommandations et principaux résultats de ces conférences.