Éducation interculturelle et projets européens transnationaux

NILE – Réseau d’apprentissage interculturel en Europe www.intercultural-learning.net

Le réseau coordonné par DVV International et auquel 21 personnes de différents pays européens avaient participé dans le cadre d’un partenariat élargi a achevé ses six années d’activité avec une conférence qui s’est tenue en septembre 2008 à Bruxelles. Les quatre groupes de travail du réseau ont présenté à cette occasion leurs résultats devant un public de professionnels et ont abordé six questions es sentielles de l’interculturalisme dans le cadre d’un intense débat.

  1. Comment la majorité d’une société peut-elle réussir à faciliter l’inclusion des minorités?
  2. Que peuvent faire les minorités pour promouvoir une image positive de leurs contributions?
  3. Quels sont les plus grands défis pour une société inclusive reposant sur la diversité et ne discriminant aucun groupe?
  4. Quels sont les facteurs de réussite du dialogue interculturel?
  5. Quelles sont les éventuels prérequis pour réussir l’inclusion des minorités?
  6. Par rapport à votre expérience pratique, qu’est-ce qui fonctionne bien pour engager un vrai dialogue interculturel?

Citons en exemple les réponses à la quatrième question: Quels sont les facteurs de réussite du dialogue interculturel?

  • Connaître la langue de la population locale.
  • Proposer des cours sur le contexte culturel.
  • Organiser des manifestations religieuses, sociales et culturelles.
  • L’éducation scolaire.
  • Le dialogue est d’autant plus fructueux quand ses participants y prennent part sur un pied d’égalité.
  • Les questions juridiques.
  • Le respect des différences.
  • Un environnement décontracté et informel.
  • Disposer d’informations de base.
  • Acquérir des compétences interculturelles.
  • Nouer des liens au niveau personnel.
  • Reconnaître que les gens sont plus que le passé et l’environnement ethnique et culturel dont ils sont issus.
  • Commencer à un âge précoce.

En outre, les participants à la conférence ont formulé à l’intention de la Commis sion européenne un certain nombre de recommandations qui ont été remises à ses représentants venus assister à la conférence.

Le travail du réseau se poursuivra sous la houlette de l’AEEA, l’Association européenne pour l’éducation des adultes, qui, à l’occasion de son assemblée générale en septembre 2008, a adopté une prise de position sur le dialogue interculturel et a créé entre-temps un forum Internet sur ce thème.

INTERtool www.intercultural.ro

Ce projet mené de 2006 à 2009 et subventionné par la Commission européenne a pour objectif de créer conjointement avec des organismes d’Autriche, de Rou manie, d’Angleterre, de Finlande et de Suisse un outil (TOOL) reposant sur la technologie Internet pour appuyer la professionnalisation de la gestion de projet interculturel dans le cadre du programme d’«apprentissage tout au long de la vie». Une fois que l’équipe du projet s’est connectée sur le site www.intertool.ro, chacun de ses membres peut se soumettre à un test qui illustre à la fin la diversité du groupe au moyen d’un schéma. Pour que cette diversité puisse être perçue comme une chance et exploitée comme il convient, l’équipe peut bénéficier d’un soutien virtuel pour se mettre d’accord sur des règles de collaboration, qu’elle aura la possibilité de modifier dans le courant du projet.

Exemple de cas

Le cas

Lorsque les participants à la réunion constituante se présentèrent, tous comprirent que l'un d'eux n'était pas habitué à communiquer en anglais. Bien entendu, il avait rédigé tous les travaux, papiers et rapports en anglais, mais il avait des difficultés à s'exprimer dans cette langue, dont la prononciation lui posait particulièrement des problèmes.

Quelles étaient les principaux défis et conflits?

Cet homme éprouvait des complexes à communiquer avec les autres qui, eux, voulaient lui éviter des situations gênantes. Par conséquent, ils ne lui posèrent pas de questions et ne discutèrent pas avec lui. En outre, le sujet n'était pas sa spécialité, ce qui l'empêcha de prendre part aux discussions lors des réunions. Malheureusement, il ne put pas participer comme il aurait dû aux activités du projet. En tant que coordinatrice, j'ai toujours eu le sentiment que nous ne pou vions pas apprécier cette personne à sa juste valeur, sans toutefois trouver de moyens pour résoudre ce problème.

Que conseilleriez-vous à des gens pour éviter de se retrouver dans une telle situation ou pour y faire face si elle venait à se présenter?

Il serait utile de vérifier les connaissances linguistiques des participants au début d'un projet. En ce qui concerne la suite du déroulement des opérations, chaque membre du groupe doit bien sûr faire preuve d'initiative. Il s'agit ici de permettre à tous les participants de prendre part aux activités, même s'ils ne sont peut-être pas en mesure de soutenir le rythme des autres.

Année européenne 2008 du dialogue interculturel

Les fonds supplémentaires affectés par la Commission européenne et le gou vernement fédéral allemand dans le cadre de l’Année européenne du dialogue interculturel ont permis d’élargir l’engagement interculturel de DVV International. Ces moyens supplémentaires nous ont permis de soutenir en tout 41 manifestations organisées par différentes universités populaires allemandes. Les plus intéressantes de ces activités ont été présentées dans une brochure, publiée dans la collection IPE dont elle a constitué le n°60. Vous retrouverez tous les exemples et idées créatives sur le site Internet www.interkulturelles-jahr.de.

Diversité des idéologies et religions, et formation contre la discrimination www.ceji.org/education/religious_diversity.php

Dans le cadre d’un autre projet conjointement mené avec des partenaires de Belgique, d’Angleterre, de Bulgarie et de France, DVV International a participé à l’élaboration de supports pédagogiques et à l’organisation de formations axées sur la reconnaissance et le respect de la diversité multiculturelle, l’élimination des préjugés et de la discrimination, et le développement de compétences intercul turelles. Ce projet a été récompensé en juin 2008 avec le Gold Award décerné par la Commission européenne pour la qualité de l’éducation des adultes dans le programme d’«apprentissage tout au long de la vie», catégorie Grundtvig.

Durant la période que couvre le rapport plusieurs stages de cinq jours ont été organisés au niveau européen. Sont venus s’ajouter à cela en 2007 et 2008 deux ateliers de deux jours en allemand, respectivement organisés à Berlin et Munich.