Central and South Eastern Europe

Monténégro – Unir nos forces pour accéder au marché du travail


Dans le cadre du projet Second chance réalisé au Monténégro, l’État et la société civile agissent de concert pour l’intégration des Roms

Le Monténégro, pays touristique réputé dans les pays occidentaux pour le bleu intense de sa mer, ses pics montagneux et le charme de ses minarets, a entrepris depuis longtemps des efforts pour se faire une place en Europe. Lorsqu’il faisait encore partie de l’Union avec la Serbie, le Monténégro utilisait déjà l’euro comme monnaie universelle. Depuis la scission définitive en mai 2006, le Monténégro fait cavalier seul. Mais avec ses 650 000 habitants, le plus petit des pays d’Europe du Sud-Est est aussi l’un des plus pauvres d’Europe. Le chemin est donc parfois semé d’embûches. Comme tant d’autres, le secteur éducatif est à la traîne.

Resmija Beriša a vingt ans. Elle vit avec sa famille dans une banlieue de Podgorica, capitale du Monténégro. Resmija n’a pratiquement aucune chance de trouver un emploi car elle n’a pas de formation scolaire ni professionnelle. Son des-tin est aussi celui de la majorité des membres de son groupe ethnique, les Roms.

Au Monténégro, environ 70 pour cent des Roms ne savent pratiquement ni lire ni écrire. Bon nombre d’entre eux ont suivi une scolarité d’un ou deux ans, mais sans impact durable. Certains ont un style de vie qui ne diffère guère de celui des autres groupes de population, mais dans l’ensemble de l’Europe du Sud-Est, les Roms sont les principales victimes de la pauvreté et du chômage.

En coopération avec son partenaire monténégrin, la «Roma Scholarship Foundation – Institute for Social Inclusion, DVV International» a lancé un programme ambi tieux. Le projet «A Second Chance – Integration by Adult Literacy and Vocational Training» initié en février 2007, a pour objectif d’établir des critères de lutte contre l’analphabétisme fonctionnel et le chômage au Monténégro. Le projet bénéficie de l’appui de la Commission Européenne et du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).

Dans un premier temps, le but est de dispenser aux jeunes adultes qui ne savent ni lire ni écrire (analphabètes fonctionnels), des bases suffisamment solides pour leur permettre de participer à la vie sociale en tant que membres égaux en droits. Les jeunes adultes des quartiers roms de Podgorica, Berane et Nikši´c suivent un cours intensif dans lequel ils apprennent à lire et à écrire, mais acquièrent égale-ment d’autres compétences nécessaires à la vie moderne: utilisation d’instruments techniques, hygiène quotidienne, entretien approprié des chevaux. Après environ quatre mois, les participants doivent avoir en poche un certificat d’État correspondant à la fin du CM2.

Immédiatement après, ils apprennent un métier simple de leur choix: ceci leur facilite l’accès au marché du travail, améliore leur niveau de vie et crée un environnement propice à la scolarisation régulière de leurs enfants.

Pour Johann Theessen, coordinateur régional de DVV International en Europe du Sud-Est et coordinateur du projet, il est clair qu’en deux mois, on n’obtient pas un diplôme de maître. En revanche,

«la formation professionnelle dispensée correspond au niveau 2 du système monténégrin. C’est vrai qu’elle ne leur permet d’exercer que des métiers peu qualifiés comme aide-menuisier ou assistant en jardinerie, mais c’est une qualification homologuée qui leur donne des chances réelles d’obtenir un emploi».

D’autant que le projet coopère avec les pouvoirs locaux tels la chambre d’artisa nat, l’union patronale ou les centres de santé publique pour leur faciliter l’accès au marché du travail.

Dans ce contexte, l’Agence pour l’emploi est un partenaire crucial du fait qu’elle participe activement à toutes les activités. C’est elle, par exemple, qui rémunère tous les conseillers des services sociaux travaillant avec les enseignants dans les formations de base pour les Roms. L’expérience acquise par DVV International dans le cadre de projets similaires en Europe du Sud-Est, notamment en Bulgarie et en Serbie, démontre le caractère indispensable de la présence d’assistants pédago giques dans les formations pour les Roms. Car il est indispensable de déjouer la méfiance des familles et de l’environnement des participants, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de la formation des femmes et des filles».

«Les formations devraient être suivies par environ 50 pour cent de femmes et de filles», déclare Johann Theessen, «car elles sont tout particulièrement discriminées en ce qui concerne l’instruction. L’expérience prouve que lorsque la mère est instruite ou possède une formation, l’impact sur le reste de la famille est nettement plus positif».

Šaja Delija, âgée de 22 ans, est l’une des premières candidates à la formation Second-Chance à Podgorica, et confirme ce qui vient d’être dit: «Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais été à l’école. Si j’apprends à lire et à écrire, je peux faire un grand pas dans ma vie. Et avec ce que j’aurai appris,je veux aider les autres Roms de ma région». Pour Šaja, ce serait en effet un grand pas. Et pour le Monténégro, ce serait un pas en avant pour atteindre le niveau de vie «européen».

Second Chance

 

Dépliant du projet «Second Chance»