Heribert Hinzen

Éducation des adultes, développement, coopération

 

Une institution et des personnalités marquantes: rétrospective à l’occasion du 40e anniversaire de DVV International

 

Introduction

En 2009, l’Institut de coopération internationale de la Confédération allemande pour l’éducation des adultes, ou plus simplement DVV International (anciennement IIZ/DVV), célèbre son quarantième anniversaire. Cette institution a pour objectifs, missions et activités principales l’éducation des adultes sur le plan international, plus particulièrement la coopération avec les pays en développement et en transformation, l’information et les échanges par l’intermédiaire de contacts professionnels dans le monde entier ainsi que l’éducation globale, interculturelle et à la politique européenne.

Des mélanges d’articles publiés dans le cadre de la revue Éducation des Adultes et Développement à l’occasion du 25e anniversaire de l’Institut traitaient de l’histoire, de l’actualité et de l’avenir des projets d’éducation des adultes axés sur le développement.1 

Dans une des parties, on trouvait rassemblés une multitude de documents qui mettaient en évidence les incidences sur l’Allemagne de développements européens et internationaux, mais aussi des documents qui montraient comment des positions allemandes avaient influé sur des conférences internationales et leurs résolutions. Il ne s’agissait là pas tant d’apporter la preuve formelle de rapports de cause à effet et d’impacts, que de mettre en lumière une interaction mutuelle. Des preuves formelles requerraient en effet des analyses approfondies à la lumière de l’histoire comparative.

À l’occasion du 40e anniversaire de l’Institut, ces mélanges ont été dotés d’une suite, que nous vous présentons ici. Le nouveau numéro commémoratif passe lui aussi en revue une multitude de développements et de documents, à la recherche de ces influences mutuelles, en s’attachant tout particulièrement à examiner les prises de position et l’action de DVV International, ce qui a marqué ses objectifs etson action ainsi que les domaines dans lesquels l’Institut a su s’imposer.

Ces documents font l’objet d’une compilation et d’une impression, notammentpour la raison suivante: un grand nombre des lecteurs de notre revue n’a pas accès,ou seulement un accès restreint, à Internet et aux banques de données électroniques,dans lesquelles la plupart des documents sont archivés. Ainsi, ce numéro nese réduit-il pas à un historique de l’Institut, mais se veut plutôt un manuel se prêtantà des utilisations diverses en pratique et en théorie, dans les sphères politique etadministrative. Il se veut un outil d’apprentissage et de management à l’usage desacteurs de l’éducation des adultes, du développement et de la coopération.

I. Notes à caractère institutionnel, biographique et professionnel

Tandis que je travaillais à la rédaction de ce texte, je lus avec une curiosité certainel’article d’Erhard Schlutz intitulé «Mein Weg in die Erwachsenenbildung» (commentje suis venu à l’éducation des adultes). Tout en mettant en garde contre le risqued’«idéalisation du souvenir», il y décrivait ses étapes sur le chemin de l’universitépopulaire (Volkshochschule – VHS), des étapes qui portaient la marque des évolutionsobjectives de la professionnalisation qui s’opérait alors, mais aussi celle deses élaborations subjectives. Il avait exposé ces réflexions au sein de l’Arbeitskreiszur Aufarbeitung historischer Quellen der Erwachsenenbildung (groupe de travailpour l’exploitation des sources historiques de l’éducation des adultes); puis, dansl’introduction aux actes de la session, il avait décrit en ces termes la motivation quiest au coeur du travail sur l’Histoire, ainsi que sur le vécu et partant sur l’histoirepersonnelle:

«l’assurance historique en tant que possibilité de reconstruire le sens, de chercheret d’affirmer l’identité personnelle et professionnelle – comme élément d’unéquilibre personnel de toute une vie».

Et de citer plus loin le directeur des archives des universités populaires d’Autriche,Christian H. Stifter:

«Si une activité ne voit pas l’intérêt de conserver sa propre histoire, en l’occurrencela mémoire du travail accompli jusque-là, n’est-ce pas là l’aveu qu’en définitiveelle n’accorde pas non plus d’intérêt à son activité actuelle? (Stifter)».2

En plus de trente ans de carrière au sein de l’Institut, j’ai pu assister à diversesmutations au sein de l’éducation des adultes, du développement et de la coopération,et y contribuer dans une certaine mesure. Si j’ajoute à cela mon cursusuniversitaire (qui débuta à l’automne 1967 à Bonn) couronné par la phase derecherche avancée du doctorat à Heidelberg, j’ai à mon actif 40 ans de travail surdes questions internationales en matière de pédagogie, de politique de développementet de coopération. De nombreuses années, qui ont apposé leur marque etleur empreinte. Un quarantième anniversaire est l’occasion de repasser en revuecertaines expériences, ce qui représente à la fois une chance et un défi.

Connaissance et intérêt

Mon attention fut récemment attirée par la critique d’une réédition qui venait desortir de l’ouvrage éponyme de Jürgen Habermas, cette lecture quasi obligatoireque nous avions sans cesse cherché à comprendre pendant nos études. Bien qu’ils’agisse d’un raccourci, il peut être malgré tout utile de décrire l’approche retenueet le point de départ de ces réflexions. Pourquoi les reprendre maintenant et souscette forme? Quelles idées maîtresses m’ont guidé dans le choix des documentsqui constituent la matière de ce volume? Dans quelle mesure les thèmes et positionssont-ils vraiment représentatifs du travail de l’Institut? Qu’est-ce qui détermine messchémas d’interprétation? Peut-on faireconvenablement la part des choses quandon aborde un sujet et que l’on porte unjugement à chaud? Aussi m’a-t-il semblé judicieuxd’au moins poser comme point dedépart les centres d’intérêt qui, consciemmentou non, ont orienté ma connaissanceet d’y réfléchir.

How Europe underdeveloped Afrika

Mes premières années d’études correspondentà l’époque tourmentée de larévolte estudiantine, dont l’importancetient à mes yeux plutôt à sa dimensioninternationale: les États-Unis et la guerredu Viêtnam, les colonies portugaises enAfrique, les mouvements de libérationcontre l’exploitation et l’oppression, lesmoyens au service de la lutte contrele sous-développement. Il va sans direque Walter Rodney et son ouvrage «Et l’Europe sous-développa l’Afrique» présentait d’autant plus d’intérêt que ce Jamaïcainavait vécu et enseigné de longues années en Tanzanie. Parmi les autreslectures obligatoires, citons Samir Amin, Frantz Fanon et Bassam Tibi, auxquelsvinrent rapidement s’ajouter les textes immédiatement antérieurs ou postérieurs à1970 de Paolo Freire, Ivan Illitch ainsi que le texte «Education for Self-Reliance»ou le discours «Education Never Ends» de Julius Nyerere, qui revêtirent alors pourmoi une importance particulière.

Ma focalisation sur les approches comparatives et la coopération dans les sciencesde l’éducation et l’éducation des adultes fut liée d’emblée subjectivement àtrois composantes: l’Unesco d’un point de vue institutionnel, l’apprentissage tout aulong de la vie sur le fond et, sur le plan de la politique de développement, ce qu’onappelle le tiers-monde. J’en veux pour preuves ma participation à la conférencede l’Unesco sur les «Structures de l’éducation des adultes» à Nairobi en 1975,mon travail de coordinateur (en collaboration avec V.H. Hundsdörfer) de l’étude«The Tanzanian Experience. Education for Liberation and Development» pour leprojet de recherche relatif à l’«éducation tout au long de la vie» mené à l’Institut del’Unesco pour l’éducation (IUE, connu de nos jours sous l’appellation d’Institut pourl’éducation tout au long de la vie) à Hambourg de 1975 à 1977, et ma thèse dedoctorat intitulée «Éducation des Adultes et Développement en Tanzanie». Et pourles besoins d’un colloque à l’Institut pour l’éducation des adultes de Dar es-Salaam,je soumis à la discussion une communication dont le sujet était encore posé endes termes prudents: «Some considerations on adult education within a concept oflifelong learning in Tanzania» (considérations sur l’éducation des adultes en tantque volet du concept d’apprentissage tout au long de la vie en Tanzanie).

Cette affinité avec la recherche dans notre domaine qui est l’éducation des adultes,le développement et la coopération, sous l’angle de la comparaison et de lacoopération, ne laissa pas non plus par la suite de répit à l’auteur de ces lignes:tandis qu’il exerçait les fonctions de chef de projet à Freetown dans les années1980, il enseigna à l’université de Sierra Leone en tant que professeur invité, avantde se voir accorder des postes de professeur honoraire à l’université de Pécs (Hongrie)et de Iasi (Roumanie), responsabilités qu’il assume encore à l’heure actuelle.Cela explique peut-être pourquoi il allait accorder une grande importance à laformation initiale et continue des professionnels de l’éducation des adultes danssa carrière ultérieure à l’Institut ainsi que dans les projets.

Des personnes et des faits

Si l’on revient réellement quarante ans en arrière, l’on constate que l’apprentissageà l’âge adulte et son étude par les pédagogues jouaient alors un rôle relative ment marginal. Le Deutscher Ausschussfür das Erziehungs- und Bildungswesen(commission allemande pour l’éducationet la formation) avait certes déjàpublié dans les années 1960 un rapportintitulé «Zur Situation und Aufgabe derdeutschen Erwachsenenbildung» (étatdes lieux et mission de l’éducation desadultes en Allemagne). Cependant,le Conseil allemand de l’éducation secontenta de consacrer quelques lignesà l’éducation des adultes dans un travailde près de 500 pages, novateurà d’autres égards, relatif aux capacitésinnées et à l’apprentissage et il seborna à renvoyer aux réflexions deStrzelewicz, Raapke et Schulenberg intitulées«Bildung und gesellschaftlichesBewusstsein» (éducation et consciencesociale), qui posaient la question de laparticipation à la formation continue dans une optique sociologique. Il en étaitdéjà ressorti à l’époque que plus l’éducation de base dans le cadre scolaire estlongue et de qualité, mais aussi couronnée de succès pour l’individu, plus grandessont la motivation et la volonté, après la formation scolaire mais aussi universitaire,de maintenir ultérieurement le niveau de qualification par le biais de la formationcontinue.3

A Design for Action

Peu après, Hans Tietgens poursuivit la réflexion et formula la question centrale en des termes polémiques: «Pourquoi les ouvriers sont-ils si peu nombreux à fréquenter l'université populaire?» Certainement nulle autre personne n'a exercé une influence aussi forte sur la théorie et la pratique de l'éducation des adultes en Allemagne. En effet, en sa qualité de directeur de la Pädagogische Arbeitsstelle (PAS - Département pédagogique) de la DVV du milieu des années 1960 à la fin des années 1980, il analysa les développements de l'éducation des adultes dispensée dans les universités populaires et fut l'artisan d'innovations en initiant continuellement de nouveaux projets. Dans le même temps, il contribua fortement à faire de l'éducation des adultes une science. Vraisemblablement personne d'autre en Allemagne n'a autant publié sur l'éducation des adultes. Sur le plan international, son influence
est hélas restée marginale, et il a été peu traduit.

Les années 1970 correspondent aussi à la première phase de professionnalisation de l'éducation des adultes: celle-ci devint alors une branche à part entière de l'éducation, son quatrième pilier. La relation triangulaire entre politique, législation et financement commença aussi à prendre forme pour l'éducation des adultes. À cette époque, un document joua un rôle capital. Il s'agissait du plan structurel de 1970 pour l'éducation, qui accordait à l'éducation des adultes en tant que formation permanente une importance considérable:

«Il est nécessaire de donner à la formation permanente institutionnalisée le statut de secteur éducatif global postscolaire complémentaire. La formation continue en tant que poursuite ou reprise d'un apprentissage organisé antérieur forme un ensemble cohérent avec les processus d'apprentissage préscolaires et scolaires. La formation continue recouvre le perfectionnement, le recyclage et l'éducation
des adultes. Elle complète les cursus éducatifs traditionnels fermés et leur donne un prolongement dans un cadre postscolaire.»
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C’est aussi à cette époque que nombre de Länder se dotèrent de lois sur l’éducationdes adultes et que la création d’un cursus de pédagogie sanctionné par undiplôme permit à l’éducation des adultes d’accéder au statut de discipline universitaireenseignée par des professeurs, parmi lesquels Joachim H. Knoll, HorstSiebert et Günther Dohmen, pour ne citer qu’eux. Permettez-moi d’ouvrir une petiteparenthèse: rares sont ceux qui comme Knoll peuvent prétendre avoir mené, desdécennies durant, des travaux de recherche sur l’éducation des adultes dans cetteperspective internationale et comparative, autrement dit ceux qui écrivent sur unehistoire contemporaine qu’ils ont eux-mêmes vécue et forgée. Enfin, le rapport d’expertiseremis par la Kommunale Gemeinschaftsstelle sur les universités populairestint lieu de label qui rendit possible une professionnalisation sérieuse.

La «formation permanente» du plan structurel était très proche du concept d’ «éducationrécurrente» présenté également au début des années 1970 par l’OCDE,qui plaidait en faveur d’une alternance de phases d’activité professionnelle et deformation continue, idéalement aussi de poursuite de l’apprentissage général. Cesdeux concepts ne purent cependant pas combler une lacune: ils restèrent limités au volet formel de l’apprentissage à l’âge adulte. Les volets informels et non formelsde l’apprentissage tout au long de la vie, que l’on juge de nouveau si importantsà l’heure actuelle, étaient encore négligés.

Orientation et influences

Il est souvent question dans les biographies de la chance d’être né avant ou aprèsun événement donné. Mais il y a aussi un état intermédiaire, que j’aimerais revendiquerpour moi-même, le bonheur se situant au milieu. Cela m’a certainementbeaucoup apporté de pouvoir faire route au début de ma carrière à la DVV avecles fondateurs, en majorité des hommes, de l’éducation des adultes dans les années1970. Les réunions auxquelles je participai aux côtés de Hans Tietgens et de laPädagogische Arbeitsstelle, de Bert Donnepp, qui créa l’Adolf-Grimme-Institut (AGI)et le prix de même nom, et du regretté Paul Dreykorn de l’université populaire deNuremberg m’ont marqué de manière durable. Sans parler du rôle majeur jouépar Kurt Meissner dans l’orientation internationale qu’il donna à la fédération parle biais des séminaires de formation permanente des formateurs d’adultes en Amériquelatine qu’il anima à la Heimvolkshochschule de Rendsburg, ainsi que dansl’exercice de ses fonctions de directeur de l’université populaire de Hambourg etpendant ses longues années à la présidence de la DVV. Citons bien sûr plus particulièrementle directeur de la fédérationHelmuth Dolff, qui décéda bien trop tôten 1983. Il avait toujours fait grandcas du caractère à la fois communal etinternational des universités populaireset de leur fédération.

Chez toutes ces personnes, l’on percevaitencore pourquoi l’éducationdes adultes était souvent désignée parle terme de mouvement, au sens detendance évolutive. Pour certains, laprofessionnalisation avait comme unarrière-goût amer de bureaucratisation.

L’auteur de ces lignes avait rédigé dans le numéro commémoratif paru à l’occasion du 25e anniversaire de l’Institut un article intitulé «Histoire et histoires», qui reposait en son temps sur des recherches relativement approfondies dans nos archives. Il y évoquait le rôle exceptionnel d’Helmuth Dolff qui, pendant ses longues années à la tête de la DVV, présida aussi aux destinées des premiers contacts internationaux. Son prédécesseur Walter Ebbinghausen resta lié à ces développements en mettant sa grande expertise au service du poste de chargé de mission pour les affaires internationales. Et quant à évoquer des personnes nommément, on doit bien sûr également citer Helmuth Becker et Dieter Sauberzweig, qui exercèrent tous deux les fonctions de président pendant de longues années, ainsi que Walter Mertineit ou encore Paul Röhrig, auxquels tant l’évolution sur le plan national des universités populaires que les coopérations et contacts internationaux tenaient à coeur.

Leben und Lernen für eine lebenswerte Zukunft

Il faut certainement voir de l’incompréhension et peut-être aussi un peu de jalousie dans les bruits de couloir qui circulaient à propos des missions à l’étranger de Dolff. N’entendait-on pas dire qu’«il s’occupait une fois de plus (davantage) de la création d’universités populaires à Montevideo». Il est cependant indéniable qu’Helmuth Dolff fut l’instigateur de l’ouverture totale et décisive de la fédération aux questions internationales, déjà constamment dans un esprit d’apprentissage mutuel. Son immense dévouement ne resta pas à sens unique. Cette orientation internationale, qui allait de pair avec un ancrage dans l’éducation des adultes en Allemagne, fit de lui un interlocuteur et négociateur apprécié. Cela lui ouvrit des portes au ministère de l’Éducation (actuel ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche – BMBF), aux niveaux tant de la direction que du personnel d’exécution. Ainsi, en collaboration avec Axel Vulpius, qui dirigeait alors le département de l’éducation des adultes, il mit sur pied nombre de projets nationaux et de délégations communes notamment pour la 3e édition de la Conférence internationale sur l’éducation des adultes (CONFINTEA III) de l’Unesco, qui se tint à Tokyo en 1972.5 Il entretenait aussi des contacts étroits avec le ministère fédéral pour la Coopération économique (et le Développement, de nos jours – BMZ) ainsi qu’avec le ministère des Affaires étrangères. Ces contacts si solides constituent le fondement sur lequel l’Institut s’est bâti au fil des 40 dernières années, mais ont bien sûr aussi forgé depuis encore plus longtemps le caractère international de la fédération. C’est justement pour rendre hommage à ses bons et loyaux services au service de la coopération internationale menée par la DVV et des fondements de l’actuel DVV International que nous avions consacré à Helmuth Dolff un numéro spécial de la revue Éducation des Adultes et Développement (EAD 19), dédicacé par James Roby Kidd peu avant son propre décès en 1982, et celui d’Helmuth Dolff en 1983.

L’importance de ces premières années m’apparut de nouveau clairement lors de ma récente participation à un atelier de l’Arbeitskreis Lernen und Helfen in Übersee (association Apprendre et aider dans l’Outremer – AKLHÜ) consacré aux «Chances de s’affirmer des organisations de la société civile. Afiner son propre profil et amélioration la coopération avec l’État», et partant à la question pour nous cruciale des relations entre l’État et la société civile dans la coopération au développement. En feuilletant sur place une brochure en libre consultation retraçant l’histoire du Deutscher Entwicklungsdienst (Service de volontaires allemands – DED), je tombai sur une des prémices de la constitution en organisation: à la fin de l’année 1962, un groupe de volontaires pour le développement, le groupement informel Lernen und Helfen im Übersee (Apprendre et aider dans l’Outremer) ainsi que la DVV se réunirent et fondèrent l’AKLHÜ, dont la DVV est encore membre à l’heure actuelle.

Jakob Horn et comment je suis venu à la Division de la coopération internationale

Lorsque, au milieu des années 1970, l’auteur de ces lignes rejoignit la DVV, Jakob Horn dirigeait déjà ce qui s’appelait à l’époque la Branche spécialisée pour l’éducation des adultes dans les pays en voie de développement et allait prendre le nom de Division de la coopération internationale en 1977. Il avait en la personne de Bernd Pflug un adjoint passionné d’Asie. Avec Sigrid Elflein à la tête des services administratifs et Marita Kowalski au secrétariat, une étroite collaboration qui allait durer de longues années se mit alors en place. Les événements voulurent que mes premières prises de contact aient plutôt un caractère professionnel: consultation de la littérature spécialisée du fonds peu étendu mais intéressant de la bibliothèque, rédaction d’actes de conférence sur les structures de l’éducation des adultes, accompagnement par des universités populaires allemandes d’un groupe d’étude venu d’Inde. Cela allait aussi bien sûr de pair avec de nombreux entretiens dont il ressortait des informations intéressantes sur l’actualité des organisations impliquées dans la coopération au développement.

Globales Lernen in der Volkshochschule

Le hasard finit par précipiter les choses: depuis longtemps déjà, le BMZ voulait lancer conjointement avec la conférence des ministres de l’Éducation et de la Culture un projet visant à ancrer dans la sphère éducative l’éducation à la politique de développement. Une fois de plus, il s’avéra à la fin de l’année 1976 que cela n’allait pas être possible. Malgré tout, le BMZ avait débloqué des crédits pour l’année suivante. Et c’est alors que les bonnes relations entre le BMZ et la DVV jouèrent soudain un rôle décisif. La DVV pourrait-elle promouvoir l’éducation à la politique de développement dans le cadre des universités populaires par le biais d’un projet financé par le BMZ? Telle était la question posée par la personne compétente au sein du ministère. Y voyant une grande chance pour la Division de la coopération internationale, mes collègues Horn et Pflug élaborèrent dans le peu de temps qui restait avant la fin de l’année un avant-projet prévoyant comme missions centrales des activités de conseil des universités populaires, la formation continue du personnel et l’élaboration de documents et médias. Cela convainquit le BMZ, qui donna son feu vert pour neuf mois (dans un premier temps). Au début de l’année 1977, Jakob Horn me demanda si je voulais diriger ce projet pour le compte de la DVV. Et bien qu’ayant à l’époque en vue deux autres postes avec des contrats de plus longue durée, l’un dans le domaine de la coopération internationale en matière d’éducation, l’autre dans une université populaire, j’optai à l’époque pour la DVV en raison du lien qui unit sur le fond l’éducation des adultes et le développement, et je dois dire rétrospectivement que cela fut véritablement une excellente décision pour moi. D’ailleurs, ce projet se poursuit en 2009 sous une forme améliorée et enrichie, sous le nom d’Apprentissage global.

Permettez-moi d’apporter ici une petite correction. Il est vrai que le directeur de la Division de la coopération internationale Jakob Horn et son adjoint Bernd Pflug m’avaient choisi pour le poste, et que le directeur de la fédération Helmuth Dolff n’avait rien à y objecter. Mais ce projet avait trait à l’interface des universités populaires d’Allemagne et des questions relatives à l’aide au développement ainsi qu’à la coopération internationale, car la politique, la théorie et la pratique des partenaires de la Division de la coopération internationale étaient censées jouer un rôle majeur dans le travail d’éducation à la politique de développement en Allemagne même. C’est pourquoi, par mesure de précaution, je dus subir un nouvel entretien, cette fois avec Hans Tietgens, directeur de la Pädagogische Arbeitstelle, la plus haute instance pour ce qui est de toutes les innovations pédagogiques dans les universités populaires. Ce fut un entretien extrêmement intéressant que je passai à l’époque à Francfort, sur un large éventail de sujets: des développements sur le plan international à l’éducation politique dans les universités populaires, en passant par le caractère incontournable des fédérations au niveau des Länder ainsi que par la nécessité, au nom de la rigueur scientifique, de lancer une analyse des plans de travail des universités populaires en matière de politique de développement et de géographie appliquée. Cet entretien dense, mené avec grande conviction par les deux parties devait me mettre sur les rails. De toute évidence, cela suffit pour donner le feu vert au lancement d’un projet auquel j’accorde volontiers aujourd’hui encore une grande attention, parce qu’il a une importance capitale dans l’ancrage de l’Institut dans la fédération. Pour la Division de la coopération internationale, cela représenta la reconnaissance de sa capacité à s’occuper, dans le cadre de son domaine d’activité, également des travaux sur le plan national. Quant à moi, cela m’ancrait dans la DVV à plus long terme et plus profondément que les neuf mois d’un premier contrat de projet.

En ces premières années, Jakob Horn fut pour moi une figure marquante et il le demeura. Son engagement au service de la politique de développement, lié plus particulièrement à ses expériences variées en Afrique et en Amérique latine, le sens de l’administration dont il fit preuve pour organiser les difficiles débuts en un processus rendant des comptes à l’organisation donatrice qu’était le BMZ, son sens des opportunités et des actions de lobbying pertinentes, comme en témoigne de manière impressionnante le changement de système pendant la phase dite d’ouverture à l’Est, sont autant de qualités qui ont façonné le visage actuel du travail mené par la DVV sur le plan international. C’est aussi grâce à lui qu’au bout de seulement un an au sein de la DVV et dans le travail d’éducation à la politique en matière de développement dans les universités populaires, je fus nommé directeur adjoint de la Division de la coopération internationale et me vis confier un nouveau domaine d’activité, Bernd Pflug ayant décidé de changer de secteur éducatif une nouvelle fois. Je me consacrai dès lors plus particulièrement aux projets et partenaires en Afrique et en Asie.

En sa qualité de directeur de la DVV, Jakob Horn avait ménagé la liberté d’action nécessaire pour développer la Division de la coopération internationale sur les plans administratifs et professionnels. Ce faisant, il ne perdit jamais de vue la DVV en tant que tout, ni l’importance que sa personne revêtait pour sa Division de la coopération internationale. Au cours de deux périodes difficiles dans les années 1980, il assura par intérim chaque fois pour une durée de plusieurs mois les fonctions de directeur de la fédération – une mission qui devait aussi m’échoir une fois ultérieurement – et s’en acquitta brillamment en ces périodes troublées, au cours desquelles je pus en ma qualité d’adjoint avoir part à ses succès et préoccupations, jusqu’à ce qu’il succombe de nouveau à l’appel du large. Lorsque nous ouvrîmes en 1990 un bureau de projet en Hongrie, la DVV l’y envoya, entre autres raisons parce qu’il avait exprimé le désir de se rapprocher de sa patrie. Je repris la direction. Au début de l’année 1996, nous échangeâmes de nouveau les postes. Lorsqu’il prit sa retraite en 1999, je revins de Budapest et me vis confier la direction à Bonn.

Figures internationales de l’éducation des adultes

Ces quatre décennies d’histoire de l’Institut furent ponctuées notamment par les conférences internationales de l’Unesco sur l’éducation des adultes de Tokyo (1972), de Paris (1985) et de Hambourg (1997). CONFINTEA VI se tiendra en 2009 à Belém, au Brésil. Les documents rendent compte de ces conférences de manière détaillée. Parmi les autres apports de l’Unesco, il convient de citer la «Recommandation sur le développement de l’éducation des adultes» datant de 1976, car elle codifie de manière déclaratoire les principales déclarations relatives à notre profession. Chose intéressante, le projet de déclaration finale de Belém comporte une recommandation concernant sa révision.

Mais ce n’est pas tout. Cette période vit la création en 1973 du Conseil international de l’éducation des adultes (CIEA), menée rondement par les pères fondateurs, à savoir Robby Kidd, le secrétaire général de l’Association canadienne d’éducation des adultes, Paul Mhaiki de l’Institut pour l’éducation des adultes en Tanzanie, Paul Bertelsen de la Division de l’éducation des adultes de l’Unesco à Paris et Helmuth Dolff, qui dirigeait la DVV à l’époque. J’eus la très grande chance de pouvoir faire la connaissance de chacun d’eux dans divers cadres de travail. C’étaient tous les quatre des personnalités impressionnantes, surtout pour le jeune collègue qui devait encore se positionner que j’étais à l’époque. Chez tous, les frontières entre profession et passion semblaient perméables.

Budd Hall, qui succéda à Roby Kidd aux fonctions de secrétaire général du CIEA, avait lui aussi rédigé sa thèse de 3e cycle sur l’éducation des adultes en Tanzanie. À l’instar de John Lowe, qui était à l’époque à l’OCDE l’interlocuteur compétent en matière d’éducation des adultes, il enrichit de ses expériences la conférence de l’Unesco évoquée plus haut relative aux structures de l’éducation des adultes, qui se tint en 1975 au Kikuyu College de Nairobi. Quant à Chris Duke, il était alors secrétaire général de l’ASPBAE (Asia-South Pacific Bureau of Adult Education – Bureau pour l’éducation des adultes en Asie du Sud et Pacifique) ainsi que secrétaire général adjoint du CIEA, à la présidence duquel se succédèrent Julius Neyere, Paolo Freire, Nita Barrow, Paolo Vio Grossi, Lalita Ramdas et Paul Bélanger, actuellement en fonction. Ce dernier avait auparavant dirigé l’IUE pendant dix ans; récemment, il dit en passant dans le cadre d’un séminaire que CONFINTEA II à Montréal fut pour l’étudiant qu’il était alors la première conférence mondiale et qu’il participa à toutes celles qui ont suivi depuis. Toujours est-il que la promotion et le développement massifs des fédérations d’organisations non gouvernementales dans le domaine de l’éducation des adultes permirent au CIEA de vivre une période florissante et de s’affirmer dans le domaine de l’éducation des adultes avec son propre cycle d’assemblées mondiales: la première, qui se tint à Dar es-Salam en 1976 sur «L’éducation des adultes et le développement», en passant par celle de Paris en 1982 sur «Le développement authentique», celle de Buenos Aires en 1990, celle de Bangkok organisée la même année intitulée «Alphabétisation, éducation populaire, démocratie: édifier le mouvement», celle de 1994 au Caire, celle de 2001 à Ochos Ríos, jusqu’à la dernière en date, celle de Nairobi en 2007 sur «Le droit des adultes à apprendre: convergence, solidarité et action»; ces deux dernières conférences sont présentées de manière plus détaillée dans les documents.

Deux études pour le compte de l’Unesco furent en leurs temps respectifs des références en matière d’état des lieux critique, de réflexion et de mise en perspective. Dès 1972, Edgar Faure et son équipe publièrent leurs «Fondements pour un programme d’éducation mondiale» sous le titre suivant: «Apprendre à être. Rapport de la Commission internationale sur le développement de l’éducation». Cette étude regorgeait d’idées réformatrices intéressantes et l’on aurait bien sûr souhaité qu’elle ait davantage d’impact. Puis en 1995, le rapport Delors intitulé «L’éducation: un trésor est caché dedans» cherchait, avec ses quatre piliers de l’éducation («Apprendre à connaître, apprendre à faire, apprendre à vivre ensemble et apprendre à être»), à sensibiliser aux objectifs essentiels de l’éducation et de l’épanouissement de l’être humain et de la société. La commission qui prépara le rapport Delors avait sollicité du CIEA une prise de position. Fruit d’un atelier organisé à Toronto auquel il me fut donné de représenter la DVV, un document sur l’éducation des adultes dans l’apprentissage tout au long de la vie comportait en son 25e et dernier point le constat suivant:

«En matière d’éducation des adultes, tout comme dans les autres domaines, il nous faut chercher de nouveaux partenariats et à la fois tenir compte d’anciennes responsabilités. Les institutions publiques et les organismes privés, les organisations bénévoles et les associations professionnelles et initiatives dans les champs respectifs doivent échanger leurs expériences et elles peuvent tonifier l’éducation et la formation continue des adultes, y compris les recherches des universités et des instituts de recherche. La compétition et les pouvoirs du marché ne devraient pas empêcher la coopération. Par ailleurs, les gouvernements doivent procurer une législation constructive et un cadre d’appui financier et logistique favorables aux tâches pertinentes des décennies futures, lorsque notre monde comprendra plus d’habitants que jamais.»6

Il faut aussi voir dans cette citation une parenthèse, car c’est sur ce texte que s’achevait la partie documents du numéro commémoratif édité à l’occasion du 25e anniversaire de l’Institut; la politique éducative, la législation et le financement n’ont rien perdu de leur importance pour l’éducation des adultes et le développement.

À l’heure du quarantième anniversaire de l’Institut

Michael Samlowski, directeur adjoint de l’Institut pendant de longues et belles années, a fourni dans le premier chapitre de ce volume de nombreux arguments et preuves du fait que l’Institut a continué d’évoluer positivement même au cours des vingt dernières années ainsi que de la manière dont il l’a fait. L’ouverture à de nouvelles régions, l’adoption de thèmes complémentaires, l’accroissement des responsabilités et un bon équilibre entre structures centrales et structures décentralisées, mais avant tout des collaborateurs qualifiés ainsi que des partenaires agissant avec professionnalisme dans le monde entier ont été la clé de cette réussite. Cela n’aurait pas été possible sans un renforcement substantiel des moyens financiers, et ce grâce à la coopération fructueuse avec les organisations donatrices de la première heure et à l’entrée en jeu de donateurs supplémentaires.

Geschichte - Geschichten - Gesichter

Peut-être n’est-il pas exagéré de dire que la DVV n’a jamais été aussi florissante que ces dernières années. La réforme des années 1990, qui est cependant entachée de quelques vices, a surmonté ou tout simplement tiré un trait sur ses défauts. La DVV a retrouvé son poids sur la scène de la politique éducative sous la direction de Rita Süssmuth, qui est à la présidence générale depuis 20 ans déjà et exerce aussi les fonctions de présidente du comité consultatif de la DVV, de Ernst Küchler et Ernst- Dieter Rossmann qui lui se succédèrent au poste de président, tous deux des parlementaires engagés au service de la politique éducative, d’Ulrich Aengenvoort, qui succéda au regretté Volker Otto aux fonctions de directeur de la fédération, et de la directrice adjointe Gundula Frieling, qui a effectué à l’Institut ses deux premières années au sein de la DVV. La prospection fructueuse et la mise sur pied de projets dans l’éducation de base et l’alphabétisation, les manifestations de grande ampleur accroissant la visibilité de la DVV, telles que le Deutscher Volkshochschultag (Journée allemande des universités populaires) et le Weiterbildungstag (Journée de la formation continue), ce à quoi il faut ajouter des filiales ayant à coeur la qualité qui gèrent le prix de la télévision décerné par l’Adolf-Grimme-Institut et les Certificats européens de langue (The European Language Certificates – TELC), sont autant de facteurs ayant contribué au fait que l’on n’associe plus forcément le sigle DVV au Deutscher Volleyball-Verband (Fédération allemande de volley-ball). Il en est remarquablement rendu compte dans le volume intitulé «Geschichte – Geschichten – Gesichter. Ein halbes Jahrhundert Deutscher Volkshochschul- Verband e.V.» paru en 2003, mais aussi au fil des numéros de dis.kurs, le magazine de la DVV.7

À l’heure de son quarantième anniversaire, l’Institut a trouvé sa place au sein de la DVV, au regard des coopérations avec les universités populaires et leurs fédérations à l’échelon des Länder, mais aussi en Europe et sur le plan international. Il dispose d’un excellent réseau de contacts, il est représenté dans de nombreux organes consultatifs et organisations, et son avis est très recherché. Cela est vrai tant de la centrale à Bonn que des bureaux établis dans les pays partenaires et dans les régions.

J’en veux pour preuve le cas de la centrale. Dans son processus constant de développement de l’organisation, que le directeur adjoint de l’Institut Uwe Gartenschlaeger mena avec une approche très coopérative et soutint activement, avant tout pour tenir aussi compte des implications de la régionalisation et pour répondre aux nouvelles exigences en matière de suivi et d’évaluation, ce qui est maintenant du ressort de Monika Bayr, l’Institut est parvenu à une phase intermédiaire de consolidation. Il convenait aussi de gérer les moyens financiers accrus, mais aussi plus diversifiés; à ce titre, ce qu’on appelle financement externe à l’Union européenne fonctionne de mieux en mieux, plus particulièrement depuis que Laurence Gillois en assure la coordination. Le savoir-faire de la directrice administrative Gaby Kleinen-Rätz et de son adjointe Ursula Bücking est très demandé pour répondre à ces nouvelles exigences. Enfin, Henner Hildebrand, Wolfgang Leumer et Matthias Klingenberg, pour ne citer qu’eux, perpétuent le modèle d’alternance entre activité dans la centrale et travail sur le terrain: recruté au Sierra Leone pour les besoins de la DVV, le premier fit station à la centrale de Bonn, avant de repartir sur le terrain en Éthiopie et en Guinée; de nouveau en poste à la centrale, il est actuellement coordinateur pour l’Afrique. Faisant le cheminement inverse, le deuxième, qui est aussi depuis bientôt 30 ans à l’Institut, a opté pour le travail sur le terrain en Afrique australe, après avoir été longtemps en poste à la centrale, puis à Madagascar et de nouveau à Bonn; et il semble bien qu’il ne quittera pas notre bureau régional pour réintégrer la centrale. Quant au troisième, il a commencé sa carrière au bureau régional de Tachkent, avant de venir renforcer les effectifs de la centrale.

Au sein de la DVV, l’Institut est désormais représenté dans toutes les affaires importantes: la communication entre le bureau fédéral et l’Institut est assurée par des réunions de direction à dates fixes deux fois par mois, auxquelles le comité d’entreprise est aussi associé. L’Institut y est représenté par Eva König, qui fait à son tour le compte-rendu de ces réunions dans le cadre de celle des coordinateurs de l’Institut. Le directeur de l’Institut assiste aux assemblées générales et au conseil de la Confédération. Il est membre à titre consultatif de la direction de la DVV, invité permanent de la commission de gestion et des finances, membre du comité consultatif de la DVV, du conseil d’administration de DVV International ainsi que du conseil de surveillance des TELC.

En Allemagne, Eva König fait partie du groupe de travail sur l’éducation au développement du BMZ en sa qualité de conseiller-rapporteur pour l’apprentissage global, elle représente l’Institut dans de nombreux organes représentatifs et elle assume la présidence du groupe de travail «Éducation continue extrascolaire» dans le cadre de la décennie des Nations unies pour l’éducation en vue du développement durable. Hans Pollinger représente la DVV au sein du groupe de travail Lernen und Helfen im Übersee et DVV International dans le cadre du groupe de travail Bildung in der Entwicklungszusammenarbeit (AKBiEZ). Le directeur de l’Institut est membre élu pour représenter la DVV à la Commission nationale allemande pour l’Unesco (Deutsche UNESCO Kommission – DUK) et à son comité spécialisé pour l’éducation. Par ailleurs, il joue un rôle très important au sein du groupe de travail «Structure sociale» (Arbeitsgemeinschaft Sozialstruktur – AGS), dont les membres sont tous bénéficiaires de fonds du BMZ au titre du poste budgétaire correspondant; même le BMZ se saisit de cette occasion à des fins d’information et d’échanges réguliers.

DVV International est doté d’un conseil d’administration, dans le cadre duquel il est discuté du développement de l’Institut et des projets à la lumière de la coopération internationale. Dagmar Engels, membre de la direction de la DVV, préside cette instance, tandis que les professeurs Veronika Fischer et Joachim H. Knoll constituent l’interface avec le comité consultatif et que des personnes issues des sphères politique, administrative et scientifique ainsi que du terrain apportent des expériences très variées.

AGS

Sur le plan européen, Uwe Gartenschlaeger assure les fonctions de vice-président de l’Association européenne pour l’éducation des adultes (European Association for Adult Education – EAEA), perpétuant ainsi la tradition initiée en son temps par Helmuth Dolff et in - scrite dans la continuité par Wolfgang Leumer, Michael Samlowski et l’auteur de ces lignes. Beate Schmidt-Behlau est impliquée dans plusieurs projets européens sur l’apprentissage interculturel et la diversité religieuse. Gisela Waschek collabore au domaine «Information et communication» et au projet InfoNet, la plate-forme européenne d’information sur l’éducation des adultes dans les différents pays et sur les programmes de l’Union européenne.

Sur la scène internationale, l’Institut joue un rôle en adéquation avec son importance croissante. Il assume désormais certaines fonctions et responsabilités qui sont pertinentes dans le contexte thématique et administratif qui est notre propos. L’auteur de ces lignes a été élu vice-président du CIEA, nommé au Groupe consultatif pour la CONFINTEA VI, au Groupe d’experts de la décennie des Nations unies pour l’alphabétisation et au comité de rédaction du rapport mondial de suivi sur l’EPT et il fait partie du groupe de référence de l’atelier «L’enseignement supérieur et l’Éducation pour tous.» Pour compléter le tout, il est membre de la rédaction et du comité consultatif de plusieurs revues, parmi lesquelles «Bildung und Erziehung, Convergence, Lifelong Learning in Europe et Asia-Pacific Review of Education». L’expertise de l’Institut et l’échange mutuel sont recherchés, exigés et encouragés.

Tentons maintenant, en nous concentrant sur des organisations, des personnes, des conférences et des documents, de mettre en évidence comment précisément au cours de la dernière décennie on put observer dans l’éducation des adultes, mais aussi dans la coopération au développement, une accélération et une intensification des échanges d’idées, de conceptions et de modèles par-delà les frontières, ce qui déboucha sur une influence mutuelle en théorie et en pratique. C’est à dessein que nous avons limité notre propos dans le temps, mais aussi à quelques aspects qui nous semblaient essentiels: Comment le paradigme de l’éducation tout au long de la vie s’est-il imposé? Comment l’éducation des adultes y est-elle ancrée? Quelle est l’importance accordée aux structures? Quelles variantes sont proposées et mises au débat quant à la relation triangulaire entre politique, législation et financement dans l’éducation des adultes. On voit aisément que ces questions pourraient aussi s’appliquer à des domaines non moins importants comme la qualité, la formation initiale et continue du personnel, la recherche, l’accès à l’éducation, les groupes cibles.

En définitive, on rejoint par là même le propos de Wolfgang Seitter, qui avait démontré pour une période antérieure qu’

«entre 1960 et 1975, dans le contexte de la réforme de l’éducation en tant que programme international, l’éducation des adultes s’est modernisée et professionnalisée et qu’elle a par cette occasion adapté des concepts clés – lifelong learning, reccurent education ou éducation permanente, par exemple – qui ont été lancés de manière déterminante par l’Unesco et l’OCDE avec des arguments économiques et démocratiques…»8

Il allait toutefois devenir manifeste que depuis le milieu des années 1990, il y a aux côtés de l’Unesco et de l’OCDE des institutions, parmi lesquelles l’Union européenne, la Banque mondiale, le CIEA et l’EAEA ainsi que la DVV, qui prennent une part active à ces développements politiques – et partant exercent et subissent une influence.

II. Prises de position, recommandations et documents

Le numéro commémoratif paru à l’occasion du 25e anniversaire de l’Institut regroupait déjà une bonne vingtaine de documents qui étaient parfaitement représentatifs de la manière dont le travail de l’Institut était soumis à des influences externes. Il s’agit plus particulièrement des déclarations des conférences mondiales de l’Unesco sur l’éducation des adultes, du Conseil international de l’éducation des adultes (CIEA) ainsi que d’autres institutions à vocation éducative. Par ailleurs, les nombreux documents émanant de la DVV, de sa Division de la coopération internationale ainsi que d’autres secteurs et personnels de direction montrent que l’idéologie dominante au sein de l’Institut était en prise sur les développements européens et internationaux, et il n’est pas à exclure qu’elle ait impulsé le débat en matière de politique éducative et de développement. 

Adult Education and Development

Les documents publiés dans le numéro commémoratif pour le 25e anniversaire avaient déjà été sélectionnés et commentés par l'auteur de ces lignes, qui avait certainement été guidé dans ses choix par ses propres centres d'intérêts eu égard à l'éducation des adultes, au développement et à la coopération. Les numéros 30 à 65 de la revue Éducation des Adultes et Développement ont été numérisés et archivés sur un CD-Rom diffusé avec le numéro 66 et peuvent donc être commandés auprès de DVV International. La liste des titres publiée ci-après, en donne un aperçu:

1960 UNESCO:  Déclaration de Montréal

1962 DVV:

Mémorandum sur la mise en place d’un «séminaire pour la formation d’éducateurs d’adultes

1966 Becker: 

L’éducation des adultes au niveau mondial – les nouvelles dimensions de l’éducation et de l’instruction
1969 Dolff:Les activités internationales des universités populaires
1971 DVV:Les tâches de la Branche spécialisée pour l’éducation des adultes dans les pays en voie de développement
1972 UNESCO: Troisième conférence internationale sur l’éducation des adultes – Développement de l’éducation des adultes par la coopération internationale
1976 Nyerere:L’éducation des adultes et le développement. La déclaration de Dar es-Salaam du CIEA
1976 UNESCO:Recommandation sur le développement de l’éducation des adultes
1976 Meissner: l’éducation des adultes mondiale? Rapport des conférences de l’Unesco et du CIEA
1978 DVV:Position et tâches des universités populaires allemandes
1980 DVV/FS:Division pour la coopération internationale: Planifications et consultations de projets
1982 DVV/FS: Division pour la coopération internationale: Mesures de formation et de formation continue s’adressant aux éducateurs d’adultes dans les pays en développement
1983 Hinzen, Horn, Leumer, Niemann:Coopérer ou faire des campagnes d’alphabétisation: repoussons les promesses douteuses et occupons-nous des choses praticables
1985 UNESCO: Troisième conférence internationale sur l’éducation des adultes. Déclaration de la conférence
1989 DVV/FS: Division pour la coopération internationale: La coopération internationale de l’Association allemande pour l’éducation des adultes: contexte, principes, et points centraux
1991 Schlutz:Les universités populaires et l'internationalité
1992 DVV/FS: Division pour la coopération internationale: Suggestions de la DVV pour l’application des principes sectoriels du BMZ
1993 IIZ/DVV:L’éducation des adultes en Europe orientale
1994 IIZ/DVV: L’éducation des adultes européenne – sans frontières?
1994 ICAE:L’éducation des adultes et l’apprentissage permanent: sujets, questions et recommandations
1994 DVV:Les universités populaires: la formation continue pour l’avenir. Déclaration de la Confédération allemande pour l’éducation des adultes faite à Schwerin
1994 EC:Déclaration de la première conférence européenne sur l’éducation des adultes

Passons maintenant aux documents retenus pour les besoins de la présente publication. Présentés de manière à peu près chronologique, ils font ici l’objet d’un commentaire succinct et sont replacés dans leur contexte. Ils sont tous numérotés, ce qui facilite les recherches dans la partie documents.

Convintea VDOC 1 La thèse évoquée plus haut d’une influence mutuelle et sa mise en lu mière indirectement par des documents rédigés au fil du temps n’a pas perdu de son importance au cours des quinze der nières années; elle a plutôt gagné en per tinence avec l’élargissement du champ de travail de DVV International. Les confé rences internationales de l’Unesco sur l’éducation des adultes, qui se tiennent tous les douze ans, jouent de nouveau un rôle particulier. La cinquième du cycle, la CONFINTEA V, qui eut lieu en 1997 à Hambourg et accueillit plus de 1 500 participants, fut vraisemblablement la plus grande manifestation internationale en matière d’éducation des adultes orga nisée jusqu’alors. Deux documents qui n’ont rien perdu de leur intérêt y furent adoptés. Il s’agit de la «Déclaration de Hambourg sur l’éducation des adultes» et de l’«Agenda pour l’avenir». L’université populaire de Hambourg et la DVV en furent des partenaires très actifs. La pro fesseur Rita Süssmuth, qui était à l’époque présidente du Bundestag depuis presque dix ans et présidait la DVV depuis 1988, fut élue présidente de la conférence in ternationale et mena au succès les négociations souvent difficiles. De nombreux partenaires de la DVV participèrent à la conférence.


Literacy for lifePermettez-moi d’apporter quelques précisions destinées à souligner l’importance de la CONFINTEA: il s’agit d’une réunion intergouvernementale de l’Unesco en trant dans la catégorie II, l’élaboration préalable d’un rapport national est une obli gation, et les résolutions adoptées dans le cadre des conférences ont un caractère contraignant. L’Institut avait accompagné, avec le concours plus particulièrement de Jakob Horn et de Michael Samlowski, la préparation de cette cinquième édition par un tiré à part de la revue Éducation des Adultes et Développement et avait la responsabilité de l’atelier portant sur le point 10 de la conférence: promotion de la coopération et de la solidarité internationales. Les délégations adoptèrent la «Déclaration de Hambourg», un manifeste sur l’avenir de l’éducation des adultes, qui reste d’actualité.

DOC 2 Dix ans après la conférence de Jomtien (Thaïlande), l’heure était venue d’évaluer les progrès de la mise en œuvre de la «Déclaration mondiale sur l’éducation pour tous: répondre aux besoins éducatifs fondamentaux». Le forum mondial de l’éducation «Éducation pour tous» (EPT) se réunit à cette fin en 2000, à Dakar (Sénégal). L’Allemagne y envoya une délégation, au sein de laquelle, outre le BMZ et la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), la DVV était représentée. Les statistiques très préoccupantes – officiellement plus de 113 mil lions d’enfants en âge scolaire ne sont pas scolarisés, et 880 millions d’adultes ne savent pas, ou pratiquement pas, lire, écrire et compter – exigeaient un plan d’action applicable à l’échelle plané taire. Il y est expressément question des qualifications de base pour tous les enfants, jeunes et adultes, mais aussi des possibilités de formation continue à l’échelle de toute une vie. Depuis, un rapport mondial de suivi sur l’EPT est rédigé tous les ans (voir www. efareport.unesco.org). La volonté com mune et les obligations des États et des donateurs devaient elles aussi reposer sur des bases plus larges. De nouveau, la DVV avait accompagné le processus en publiant deux numéros thématiques: l’un précédant la réunion, l’autre qui en rassemblait les principaux résultats (Éducation des Adultes et Développement, n° 54 et 55). Nous avions ex primé notre opinion dans un article.

Training Adult EducatorsToujours est-il – et l’on perçoit les choses encore ainsi de nos jours – que les efforts déployés pour ancrer l’éducation des jeunes et des adultes, l’alphabétisation et la qualification dans les objectifs 3 et 4 de l’EPT, furent très fructueux. La mise en œuvre des objectifs proprement dit le fut moins: si à la suite de la déclaration de Dakar l’éducation primaire universelle demeura l’objectif suprême, avant tout en raison de son ancrage dans les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), et que son financement demeura la priorité, les moyens financiers mis en œuvre res tèrent nettement insuffisants. Au cours de la décennie suivante, le processus d’EPT demeura important pour l’Institut et ses partenaires, au regard de ses implications en matière de politique éducative et de développement, mais aussi en raison des ressources financières en jeu. Lors de la préparation du Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2006 («L’alphabétisation, un enjeu vital»), l’Institut fut chargé de réaliser une étude relative aux politiques en matière d’éducation de base et des adultes. Les éléments relatifs à l’éducation non formelle sur lesquels se fondait le rapport 2008 étaient si intéressants qu’ils firent l’objet d’une analyse secondaire et furent publiés dans le numéro 58 de la revue Perspectives internationales de l’éducation des adultes sous le titre suivant: «Knowing More, Doing Better. Challenges for CONFINTEA VI from Monitoring EFA in Non-Formal Youth and Adult Education».

DOC 3 Les formations initiale et continue, surtout celles dispensées dans les universités et avec leur concours, représentaient dans les années 1970 et 1980 un axe de travail prioritaire de la Division de la coopération internationale avec les partenaires en Afrique. À certaines périodes, il y avait jusqu’à 500 boursiers répartis entre diverses institutions. Une évaluation menée dans les années 1990 avait débouché sur une certification du programme et requis son extension à la production de manuels d’enseignement. L’IUE et l’université du Botswana devinrent des partenaires importants, en ceci qu’ils réalisèrent et diffusèrent dans la collection Perspectives africaines de l’éducation des adultes (African Perspectives on Adult Learning – APAL) les manuels «Foundations of Adult Education in Africa», «The Psychology of Adult Learning in Africa» et «Research Methods for Adult Educators in Africa». Dans le même temps, on repensa le rôle des universités, qui se position nèrent en tant que centres d’apprentissage tout au long de la vie devant assumer la responsabilité sociale tant de l’éducation à la citoyenneté que de la capacité d’insertion professionnelle. La déclaration du Cap adoptée à l’issue de la «Conférence internationale sur l’apprentissage tout au long de la vie, l’enseignement supérieur et la citoyenneté active» s’inscrivait dans la continuité de la conférence de 1998, laquelle fit suite à la CONFINTEA V et s’achevait sur la déclaration de Mumbay sur l’éducation permanente, la citoyenneté active et la réforme de l’enseignement supérieur.

DOC 4 De nouvelles discussions et décisions en matière de politique de dévelop pement internes au BMZ entraînèrent alors des changements majeurs. À des fins de concentration des moyens, des priorités et des partenaires, on détermina qui devait devenir ou demeurer pays partenaire ou prioritaire de la politique de dévelop pement allemande, et comment les secteurs thématiques de coopération devaient être fixés de commun accord avec ces pays. Au bout du compte, la promotion de l’éducation dans les accords intergouvernementaux et de projet perdit nettement de son importance, et ce bien que les nouvelles expériences tentées précisément dans l’éducation de base dans les années 1990 se soient révélées réussies. Motivée par un débat et la soumission au comité consultatif de l’Institut, la présidence adopta en 2001 une prise de position intitulée «The significance of Adult Education in Development Cooperation». La présidente de la DVV et le directeur de l’Institut se saisirent de l’occasion pour obtenir un entretien avec le secrétaire d’État du BMZ, afin de chercher des moyens pour inverser cette tendance. Seulement une semaine plus tard, le directeur de l’Institut reçut la visite d’un responsable de la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (le secrétaire d’État préside le conseil de surveillance de la GTZ), et au terme de délibérations intenses, il fut décidé de mettre sur pied un groupe de travail sur l’éducation dans la coopération au dé veloppement (Bildung in der Entwicklungszusammenarbeit – AKBiEZ). Ce dernier connaît un franc succès à l’heure actuelle. Outre la GTZ et la DVV, ses fondatrices, le BMZ, le KFW (Kreditanstalt für Wiederaufbau), InWent (Internationale Weiterbildung und Entwicklung), la Deutsche Welthungerhilfe, la Commission nationale allemande pour l’Unesco (Deutsche UNESCO Kommission – DUK) et bien d’autres organisations encore y participent pour échanger régulièrement des informations et renforcer le rôle de l’éducation dans la coopération au développement.

DOC 5 Les parlementaires s’attelèrent eux aussi à la clarification des orientations en matière de politique de développement. Dans le rapport présenté par le BMZ au Bundestag concernant les stratégies de stimulation de l’esprit d’initiative et les atouts de la coopération avec les organisations non gouvernementales (ONG) dans le processus de développement, l’Institut fit part de ses expériences dans le domaine de l’éducation non formelle des adultes et des jeunes au service de la lutte contre la pauvreté; il illustra son propos avec des exemples de projets de coopération menés avec des partenaires en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

DOC 6 En Allemagne, une recrudescence de xénophobie mit les universités populaires devant le défi de la solidarité et du professionnalisme. En 2001, la DVV plaça son assemblée générale sous le thème du «rôle des universités populaires dans la nouvelle politique d’intégration», réunion au cours de laquelle on souligna l’importance majeure de l’apprentissage des langues et l’on érigea les compétences sociales et interculturelles en qualifications clés; la déclaration jointe y fut adoptée.

Lernen für AlleDOC 7 Dans les années 1990, le CIEA eut à surmonter une période très difficile sur les plans tant administratif que financier. Après le transfert du secrétariat général de Toronto à Montevideo, les choses rentrèrent dans l’ordre. Paul Bélanger, qui avait présidé aux destinées de l’IUE pendant une dizaine d’années, fut élu prési dent. Le CIEA revint sur le devant de la scène à la faveur de sa sixième assemblée mondiale, à l’issue de laquelle fut adoptée la «Déclaration de Ocho Ríos – L’éducation et la formation des adultes: une clé pour une citoyenneté démocratique et une action globale».

DOC 8 À la suite de la redéfinition des priorités au sein du BMZ, l’Institut comprit subitement qu’il devait enrayer ce recul de l’éducation. Il devait même réussir à convaincre de l’importance et de l’utilité de l’éducation pour le développement. Cela rejoignait les préoccupations de la Banque mondiale, qui s’enquérait juste ment à ce moment-là des effets de l’éducation, pas uniquement au titre d’une ana-lyse coûts-avantages, mais plutôt en relation avec la mise en œuvre de l’«Éducation pour tous» à destination des jeunes et des adultes en dehors du système éducatif formel. L’Institut fut chargé par la Banque mondiale de réaliser et d’accompagner une étude intitulée «Améliorer les activités productives par la formation et l’alphabétisation». Il en résultat une mosaïque des plus intéressantes d’analyses de documents provenant des archives de diverses associations de développement, avant tout d’entités qui n’avaient pas forcément pour axes prioritaires l’alphabétisation et l’éducation de base, mais pratiquaient ces dernières dans le cadre de projets de développement. La version abrégée – vous trouverez le rapport intégral à la rubrique Publications du site www.worldbank.org – donne un aperçu des résultats, sous la forme de questions qui sont restées d’actualité: d’abord l’alphabétisation, puis une formation pratique ou professionnelle? Ou l’inverse? Ou encore les deux en parallèle?

DOC 9
Fruit de l’excellente coopération entre l’IUE et la DVV, une grande conférence fut organisée en 2002 à Sofia (Bulgarie) sur le thème de «L’éducation tout au long de la vie en Europe : poursuite des objectifs de l’EPT et de l’Agenda de CONFINTEA V». L’objectif était d’examiner, à la lumière de l’évolution de la situation en Europe, les différences et points communs entre les conférences internationales sur l’éducation. Cela tenait aussi compte des orientations importantes que l’Union européenne avait prises en 2000 en adoptant le «Mémorandum sur l’éducation et la formation tout au long de la vie». Par ailleurs, l’Union européenne voyait consacré son statut d’instance majeure dans le secteur éducatif, bien sûr également soutenue en cela par la mise à disposition de moyens dans le cadre d’appels d’offres pour des programmes portant les noms illustres de Comenius dans le domaine scolaire, de Leonardo da Vinci pour la formation professionnelle, d’Erasmus pour les universités et de Grundtvig pour l’éducation des adultes. La conférence et sa déclaration constituèrent un signe fort pour le travail de l’Institut, d’abord en direction de l’Europe, puis également de la communauté internationale.

TeachDOC 10 Le BMZ et le ministère des Affaires étrangères (Auswärtiges Amt, AA), les deux principaux donateurs, avaient réagi immédiatement aux attentats du 11 septembre 2001. Le BMZ avait mis en chantier deux secteurs bénéficiant de subventions spéciales: «Anti-Terror Pakt» (pacte antiterrorisme) et «Armutsbekämpfung» (lutte contre la pauvreté). Les Affaires étrangères se lancèrent dans la «promotion du dialogue culturel européano-islamique». L’Institut s’investit dans de nombreux projets distincts, parmi lesquels un cycle de conférences destiné à renforcer le dialogue autour de l’apprentissage tout au long de la vie dans le bassin méditerranéen. Presque tous les pays riverains de la Méditerranée y participèrent et adoptèrent une déclaration qui servit de point de départ à de nouvelles coo pérations.

DOC 11 Le pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-Est permit à l’Institut de renforcer la coopération dans les différents pays des Balkans, plus parti culièrement le développement de la coo pération régionale. Dans le cadre de la «Conférence internationale sur l’apprentissage tout au long de la vie, l’éducation des adultes et l’employabilité» qui se tint en 2003 à Skopje (Ex-Republique yougoslave de Macédoine), les ministres de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de l’Europe du Sud-Est adoptèrent et signèrent une déclaration, qui non seulement comportait une déclaration d’intention méritant d’être saluée, mais qui fixait aussi les différentes étapes d’un plan d’action visant à mettre en place une coopération régionale. Trois ans plus tard, dans le cadre d’une conférence de suivi qui eut lieu à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), on évalua le taux de réalisation des objectifs.

International Adult Learners WeekDOC 12 Le secteur universitaire redevint une préoccupation majeure de l’Ins titut lorsque la formation initiale et continue du personnel, surtout de jeunes pour prendre la relève, prit de l’ampleur dans le cadre de la mise en œuvre de projets en Europe centrale et orientale, et ce d’autant que les universités traditionnelles n’y étaient pas suffisamment préparées. Le processus de Bologne en vue de la création d’un espace européen de l’enseignement supérieur, initié en 1999 par la conférence des ministres de l’Éducation, exigeait davantage de mobilité, à savoir la reconnaissance mutuelle des diplômes sur la base de deux cycles (licence et maî trise). Cet engagement s’appliquait aussi à l’éducation des adultes. La déclaration «Call for Cooperation in the Education and Training of Adult Educators through Higher Education» (Appel à la coopération dans l’éducation et la formation des formateurs d’adultes par l’enseignement supérieur) fut adoptée à l’issue d’une conférence organisée à Pécs (Hongrie) pour l’exploitation des résultats d’une enquête réalisée sous la responsabilité de l’université polonaise de Torún (voir le numéro 44 de la revue Perspectives internationales de l’éducation des adultes «Training of Adult Educators in Institutions of Higher Education. A Focus on Central, Eastern and South Eastern Europe»). C’est aussi l’université de Torún qui mena de 2004 à 2006 le projet concluant TEACH (Teaching Adult Educators in Continuing and Higher Education), auquel participè rent plus de dix universités et institutions impliquées dans l’éducation des adultes, afin d’élaborer des modules pour les nou veaux cursus universitaires.

DOC 13 + 14 En 2003, Bangkok accueillit la conférence sur le bilan à mi parcours de la CONFINTEA V destiné à vérifier la mise en œuvre des objectifs fixés à Hambourg en 1997. À mi-parcours entre cette conférence et CONFINTEA VI, prévue à Belém (Brésil), il s’agissait de dégager les résultats obtenus et de détermi ner les secteurs qui étaient encore largement déficitaires. Le CIEA avait contribué à cette évaluation critique par un contre-rapport. L’IUE publia par la suite un plaidoyer pour une meilleure prise en compte des objectifs fixés et des engagements pris en matière de développement de l’éducation des adultes dans l’apprentissage tout au long de la vie («Recommitting to Adult Education and Learning»), et avant tout dans l’Agenda de l’EPT. L’Institut de la DVV organisa, dans la pure tradition de Hambourg, un atelier sur la coopération internationale, dont les recommandations finales sont aussi publiées ici.

ICAE ReportDOC 15 La concentration sur la priorité de la «lutte contre la pauvreté par l’éducation des adultes» et l’intensification de cette lutte, que l’Institut put mener plus activement dans le cadre d’un programme spécial bénéficiant du soutien du BMZ, permirent dans un premier temps de relancer la coopération avec la Ban-que mondiale qui avait débuté avec l’étude «Skills and Literacy Training for Better Livelihood». À cette époque, la Banque mondiale disposait de moyens particuliers dans le cadre du Norwegian Trust Fund, qui pouvaient aussi être affectés à des projets, enquêtes et conférences, avant tout en Afrique. La conférence internatio nale de 2004 intitulée «Éducation des adultes et réduction de la pauvreté – une priorité mondiale» fut financée conjointement par la Banque mondiale et l’Institut. Elle est présentée en détail dans le numéro 63 de la revue Éducation des Adultes et Développement. La «Déclaration de Ga barone et recommandations d’action» comprend des propositions pour mettre l’éducation des adultes au service de la lutte contre la pauvreté. Cette focali sation sur l’éducation des adultes dans la lutte contre la pauvreté répondait en même temps à une exigence importante formulée dans l’évaluation du BMZ qui avait porté sur ceux des projets et or ganisations subventionnés au titre de la ligne budgétaire «Soutien des structures sociales dans les pays en développement». Il y était dit expressément que les expériences tirées de projets menés à bien avec des moyens alloués par le BMZ devaient servir à faire de la prospection également auprès d’autres donateurs.

DOC 16 Une évaluation d’activités dans le secteur de la formation initiale et continue des multiplicateurs, qui avait été réalisée préalablement au dépôt auprès du BMZ d’une demande de subven tions dans le cadre du programme de formation des formateurs d’adultes dans les pays en développement, permit par ailleurs d’obtenir une vision plus fortement globale des partenaires et de la mise en œuvre, mais aussi d’étendre à l’Afrique l’orientation prise jusqu’alors dans ce domaine. C’est ainsi que l’Institut et des par tenaires venus de différents pays, réunis à Le Cap (Afrique du Sud) dans le cadre de la conférence internationale intitulée «La formation des éducateurs d’adultes: expériences et attentes», s’employèrent à identifier de nouveaux objectifs, axes prioritaires et missions. L’Institut avait préparé à cet effet un document intitulé «indicateurs, préoccupations et réflexions». Il est rendu compte de l’intégralité de la conférence et des études préparatoires dans le numéro 52 de la revue Perspectives internationales de l’éducation des adultes.

DOC 17 Permettez-moi de faire de nouveau un rapide retour en arrière: en 2000, la Direction générale de l’éducation et de la culture de la Commission européenne avait publié le toujours aussi intéressant «Mémorandum sur l’apprentissage tout au long de la vie», le diffusa largement dans les États membres, exploita des milliers de commentaires et publia en 2001 une communication faisant suite intitulée «Créer un espace européen de formation tout au long de la vie». La Commission mit en exergue de ce document le proverbe chinois suivant: «Si tu veux une année de prospérité, cultive du riz. Si tu veux dix années de prospérité, cultive des arbres. Si tu veux cent ans de prospérité, éduque des hommes.» Il est à nos yeux important que, dans ce processus, notre vision de l’éducation des adultes joue un rôle de plus en plus important, une éducation des adultes dont l’action soit généralisée, décentralisée et proche des citoyens, qui soit dispensée dans ses propres centres d’apprentissage, qui propose une éducation générale et politique et ait pour objectif la capacité d’insertion professionnelle. Ce n’était plus qu’une question de temps: la Commission européenne allait publier une communication relative à l’apprentissage à l’âge adulte.

Comme il est d’usage, ces documents majeurs reposent sur des études prépara toires. Aussi la Commission en mit-elle plusieurs en adjudication. Le CIEA trouva l’étude «Adult education issues and trends in Europe» particulièrement intéressante et en assuma la conduite. L’auteur de ces lignes participa à cette étude au nom de la DVV. Cette étude datant de 2006 (voir www.eaea.org) fait un état des lieux de la politique éducative, de la législation et du financement, explore les raisons de la non participation et des moyens de faciliter l’accès à l’éducation, se prononce sur les compétences de base et les qualifications clés, aborde les questions de certification et d’accréditation, met en lumière la qualité de la formation initiale et continue et replace le sujet dans le contexte de la démographie et de l’immigration. Le chapitre de conclusion comprend, outre une longue énumération de conclusions et de recommandations, cinq messages auxquels il convient de souscrire et qu’il faut mettre en pratique. Cette étude fut largement diffusée et rencontra un large écho, notamment par le biais de traductions dans différentes langues.

DOC 18 La Commission européenne publia dès 2007 une communication porteuse d'une bonne nouvelle et d'avenir pour les États membres: «Éducation et formation des adultes: il n'est jamais trop tard pour apprendre». Il s'agissait de déterminer les spécificités de la formation des adultes dans l'apprentissage tout au long de la vie, d'ouvrir à la Commission et aux États membres des perspectives en matière de politique éducative et de concrétiser le tout ultérieurement dans un plan d'action. La rédaction de la communication se fit parallèlement à la réalisation des études, alors que le plan initial prévoyait que celles-ci soient bouclées au préalable afin de servir de point de départ. On assistait alors à un fructueux travail en parallèle, voire de concert, du moins de l'avis du CIEA. Les collaborateurs compétents de la Commission européenne et l'AEEA délibérèrent sur en tout quatre projets de la communication, laquelle reprenait les résultats de l'enquête et leur exploitation. Il y eut indéniablement un enrichissement mutuel. Le constat liminaire: «L'éducation des adultes est un élément clé et vital de l'apprentissage tout au long de la vie» est déjà en soi une prise de position claire, que l'on aimerait voir figurer dans d'autres déclarations en matière de politique éducative, que ce soit sur les plans national, régional ou international.

2006 International ConferenceAdult Education

DOC 19 Ce développement politique européen fut pris en compte dans le cadre de la manifestation «International Conference and Study Tour on Adult Education for Learning Societies – Asian and European Perspectives for a Globalized World», qui se déroula du 28 octobre au 4 novembre 2007 à Pékin. Ce fut la première conférence organisée conjointement par la Chinese Adult Education Association (CAEA) et l’ASPBAE ainsi que le CIEA et la DVV. Près de 150 participants venus d’une bonne cinquantaine de pays mirent en commun leurs expériences. La conférence bénéficia largement des trois facteurs suivants: les partenaires chinois informèrent de manière très ouverte non seulement sur les progrès considérables réalisés mais aussi sur les problèmes massifs rencontrés par la mise en oeuvre de l’EPT, un objectif inimaginable pour un pays comptant au total 1,3 milliard d’habitants. L’ASPBAE intégra à la conférence son «Womens Leadership Training Workshop», ce qui garantit une participation parfaitement paritaire des hommes et des femmes. Enfin, un des thèmes de la conférence était l’immigration et l’intégration, les débats portant avant tout sur l’apprentissage des langues étrangères et la certification dans l’éducation des adultes, avec le soutien actif des TELC (The European Language Certificates), une émanation de la DVV, au conseil de surveillance de laquelle l’Institut est représenté.

activity report 2001DOC 20 Depuis une bonne trentaine d’années, la DVV est une partenaire stable du ministère allemand Affaires étrangères en matière de coopération internationale dans le domaine de l’éducation des adultes. Or l’éducation des adultes devint secondaire dans la politique étrangère en matière éducative et culturelle du fait d’une réorganisation de ce ministère, qui se traduisit au cours des années suivantes par des changements de priorités, la raréfaction des moyens et leur redéploiement. Ce développement parut d’autant plus problématique à l’Institut et au comité consultatif de la DVV que l’éducation des adultes joue un rôle de plus en plus important sur les plans européen et international et que, de l’avis de la DVV, les échanges internationaux dans le cadre de la politique étrangère en matière éducative et culturelle devraient refléter cette tendance, d’autant que les axes prioritaires thématiques et régionaux coïncident souvent. L’éducation des adultes est un thème véritablement porteur d’avenir dans le contexte de l’apprentissage tout au long de la vie, ce qui est largement confirmé aux échelons européen et international. Aussi la DVV plaida-t-elle en faveur d’une reconnaissance et d’un soutien renforcé dans la politique étrangère en matière éducative et culturelle et dans sa mise en oeuvre, aussi au nom d’une nécessaire cohérence de la politique; l’assemblée générale de la DVV adopta la déclaration publiée dans le présent numéro.

De Foro a ForoDOC 21 L’alphabétisation des jeunes et des adultes n’a rien perdu de son importance au cours de ces dernières années, voire décennies. L’essor démographique annule les progrès de la scolarisation. Et de nombreuses statistiques restent peu fiables: si l’on compare les chiffres de l’Unesco concernant les enfants non scolarisés à ceux du travail des enfants, ils varient presque du simple au double. Ou encore si l’on compare les résultats d’enquêtes portant spécifiquement sur l’alphabétisation à ceux d’autoévaluations recueillies dans le cadre de recensements nationaux, les statistiques de ces derniers sont plus élevées d’un tiers que celles utilisées officiellement. C’est-à-dire que l’on doit probablement estimer à environ un milliard le nombre de personnes ne sachant ni lire ni écrire suffisamment bien. Aussi faut-il encourager tous les efforts déployés pour améliorer cette situation sur les plans qualitatif et quantitatif. L’«Appel à l’action d’Abuja» reflète ces efforts, et les critères d’alphabétisation dont il fut débattu lors de la conférence, à laquelle l’Institut était lui aussi représenté, eurent un grand retentissement. La conférence même est présentée dans le numéro 71 de la revue Éducation des Adultes et Développement. La décennie des Nations unies pour l’alphabétisation, proclamée en 2002, est censée contribuer dans une large mesure à promouvoir la lecture et l’écriture dans tous les pays du monde et à réduire de 50 % le taux résiduel d’analphabétisme. L’Institut épaule le groupe d’experts nommés par l’Unesco, lequel a aussi préparé le rapport mondial de suivi de l’EPT pour l’assemblée générale de l’ONU (voir www. unesco.org/uil/fr/focus/undecade.htm).

DOC 22 + 23 À l’échelon européen, les discussions relatives à un plan d’action sur l’éducation et la formation des adultes («C’est toujours le moment d’apprendre ») se poursuivirent en 2007. L’Institut participa aux consultations régionales, et l’assemblée générale de la DVV adopta une déclaration correspondante. Ce plan d’action européen, qui passa ensuite par toutes les instances d’adoption officielle, vise à soutenir les États membres qui, sur leurs territoires respectifs, améliorent l’éducation des adultes du point de vue tant qualitatif que quantitatif.

DialogoDOC 24 La progression croissante de l’immigration place l’éducation et la formation des adultes devant des défis variés et variables d’un pays à l’autre. Les programmes éducatifs devraient préparer les candidats à l’émigration, tandis que l’éducation peut être utile aux pays d’accueil pour relever les défis de l’immigration. Avec ses partenaires, l’Institut organisa à Bonn une conférence internationale ayant pour thème «le droit à l’éducation dans le contexte de la migration et de l’intégration» et les travaux s’articulèrent autour de trois forums: «La langue, clé de l’intégration et de la participation», «Le droit à l’éducation en tant que fondement de l’égalité en droit, de l’intégration et de la participation des migrants» et «Migration et développement: les défis posés à l’éducation et la formation des adultes». La conférence est présentée en détail dans les numéros 59 de la revue Perspectives internationales de l’éducation des adultes et 70 de la revue Éducation des Adultes et Développement.

DOC 25 En janvier 2007, les membres du CIEA tinrent leur assemblée mondiale à Nairobi et se consacrèrent au thème suivant: «Le Droit des adultes à apprendre: convergence, solidarité et action». L’institut y anima la commission «organisation et financement de l’éducation des adultes», dont les travaux font l’objet d’un compte-rendu dans le numéro 68 de la revue Éducation des Adultes et Développement. Cette manifestation fut au fond en soi un préalable important à la CONFINTEA VI, car c’est de là que surgirent les premières réflexions en vue d’un séminaire virtuel ultérieur, qui fut orchestré depuis Montevideo, et l’idée d’une rencontre en 2008 à Leicester, dans le cadre de laquelle furent fixés les axes prioritaires sur lesquels le CIEA était disposé à se concentrer et s’engager dans la perspective de la CONFINTEA: «alphabétisation; pauvreté et monde du travail; migration; politique, législation et financement». Il en émana aussi le mémorandum «Key issues at Stake». La revue du CIEA, Convergence, a publié à ce sujet un numéro spécial comprenant une bonne vingtaine de contributions. Pour de plus amples informations, se référer à www.icae.org.uy.

DOC 26 La structure fédérale de l’Allemagne accorde aux Länder un rôle et une responsabilité majeurs en matière éducative et culturelle. Un Sommet de l’éducation, organisé par la chancelière fédérale et les ministres-présidents des Länder à Dresde en 2008, devait poser la première pierre d’une initiative de qualification qui devait faire de la République fédérale une «République de l’éducation». Saisissant cette chance, la DVV (voir aussi www.dvv-vhs.de) formula des objectifs et des demandes qui sont manifestement en prise sur des processus internationaux: «consacrer 6 % du budget de l’éducation à l’éducation des adultes» et «réduire de moitié le nombre des analphabètes d’ici à 2015».

DOC 27 À la fin de l’année 2008, le Parlement européen vota une résolution qui mettait l’accent sur le rôle déterminant de l’éducation et de la formation des adultes ainsi que de «l’éducation et la formation tout au long de la vie au service du savoir, de la créativité et de l’innovation» et les inscrivait dans le contexte du futur programme de travail «Éducation et formation 2010» de la Commission européenne. Des efforts particuliers doivent être consentis en direction des immigrés et des minorités, des personnes défavorisées sur le marché du travail, pour la plupart des jeunes, des femmes et des seniors, ainsi que de celles qui vivent en milieu rural.

DOC 28 L’Institut avait rédigé une note d’orientation à l’intention du principal donateur, à savoir le BMZ, et formulé ses objectifs et atouts sous la forme d’un profil de prestations. Il est ainsi parfaitement armé pour mener à bien en collaboration avec les autres institutions faisant partie du groupe de travail sur la structure sociale (AGS) l’évaluation d’instruments prévue par le BMZ de 2009 à 2011 au titre de la «Promotion de la structure sociale dans les pays en développement» (voir www. sozialstruktur.org).

DOC 29 Dans la perspective de la conférence régionale préparatoire à CONFINTEA VI pour l’Europe, l’Amérique du Nord et Israël, l’AEEA publia un document, dans lequel elle exposait ses prises de position et ses demandes et attirait l’attention sur la nécessité d’élaborer et de mettre en oeuvre dans la pratique des plans d’action pour le développement de l’éducation des adultes, à savoir des plans d’action qui renforcent les structures, qui génèrent un soutien de l’État par le biais de dispositions législatives et de ressources financières, qui assurent la promotion de la formation initiale et continue du personnel et qui garantissent la reconnaissance des résultats de l’apprentissage.

DOC 30 + 31 + 32 Depuis le début de l’année 2007, les activités concrètes de préparation de CONFINTEA VI vont bon train. Un groupe consultatif international fut institué par l’IUE à Hambourg pour coordonner le processus de préparation, de l’élaboration du Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes (Global Report on Adult Learning and Education – GRALE) à l’assemblée mondiale à Belém placée sous le thème de «Vivre et apprendre pour un futur viable – L’importance de l’éducation des adultes», en passant par les conférences régionales préparatoires. C’est certainement à la fois une consécration et un défi que d’être admis à faire partie de ce groupe consultatif en qualité de directeur de DVV International. Cela facilite aussi grandement la coopération. Le groupe consultatif au sein de l’IUL s’était donné pour mission délicate de trouver un fil conducteur pour les rapports nationaux. Mission délicate s’il en est, car il s’agissait de rendre compte des processus et résultats dans les différents pays sous une forme malgré tout unitaire, afin qu’une comparaison soit possible. On peut certainement parler de grande réussite car plus de 100 rapports nationaux nous sont parvenus et sont disponibles à l’adresse www.unesco.org/education/uie/confintea. On examina les rapports nationaux à l’aune de critères supranationaux, puis on élabora des rapports régionaux dont il fut débattu ultérieurement dans le cadre de conférencesrégionales préparatoires. Ainsi, celle qui se tint à Mexico en septembre 2008 avait pour thème «De l’alphabétisation à la formation tout au long de la vie: les défis du XXIe siècle», celle qui eut lieu en octobre à Séoul s’intitulait «Construire des sociétés équitables et durables dans l’Asie et le Pacifique: le défi de la formation des adultes», et la conférence de Nairobi en novembre était placée sous le thème de l’«Éducation et formation des jeunes et des adultes: la force motrice du développement de l’Afrique». Les rapports régionaux et les déclarations des conférences régionales sont globalement très intéressants et consultables à l’adresse mentionnée ci-dessus. Le présent volume se limite aux recommandations formulées dans le cadre de chacune des manifestations, notamment pour mettre en évidence les points communs, ressemblances et différences dans les priorités.

DOC 33 L’Allemagne fait partie de la région Unesco dite Europe, Amérique du Nord et Israël. La conférence correspondante eut lieu en décembre 2008 à Budapest sur le thème suivant: «L’éducation des adultes, facteur d’équité et d’inclusion dans un contexte de mobilité et de concurrence». Cette fois encore, comme elle l’avait fait pour préparer le rapport national «Évolution de l’éducation et des apprentissages des adultes» (voir www.bmbf.de), la Commission nationale allemande pour l’Unesco (DUK) organisa un atelier préparatoire dans le cadre duquel le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche et la conférence des ministres de l’Éducation et de la Culture purent débattre de questions de fond et de l’organisation avec d’autres membres de la délégation (Parlement, Institut allemand pour la politique de développement, DVV et DUK). Un temps fort de la conférence fut certainement le discours inaugural de la présidente de la DVV, la professeur Rita Süssmuth, qui attira l’attention sur les progrès réalisés depuis la CONFINTEA V et sur les déficits qui subsistent. Nommé dans le groupe de rédaction, l’auteur de ces lignes assista aux âpres discussions qui furent menées pour tenter de concilier des prises de position divergentes, voire de s’accorder sur le choix de certains mots. On finit par se mettre d’accord sur une déclaration finale, qui fut adoptée à l’unanimité par acclamation en séance plénière. Ce document souligne le rôle de l’éducation des adultes dans l’apprentissage tout au long de la vie, exige une aide et des ressources publiques ainsi que la reconnaissance des résultats de l’apprentissage quel que soit le cadre dans lequel ils ont été obtenus.

DOC 34 La conférence régionale pour le monde arabe suivit en janvier 2009, à Tunis. Elle avait pour thème «Investir dans l’éducation des adultes: construire des sociétés de l’apprentissage et du savoir dans les pays arabes». Il convient de préciser qu’en sa qualité d’organisation accréditée auprès de l’Unesco, DVV International envoya plusieurs délégations à la CONFINTEA VI. Ainsi, de nombreux directeurs de bureaux à l’étranger purent y participer aux côtés de responsables de la centrale, et l’Institut fut représenté à toutes ces conférences préparatoires aux côtés des partenaires.

DOC 35 + 36 La décision de lancer une Décennie pour l’éducation en vue du développement durable à partir de 2005 fut prise par l’assemblée générale des Nations unies. En Allemagne, la commission compétente du Bundestag étudia la question dans les moindres détails et exigea du gouvernement fédéral un plan d’action pour l’éducation et le développement durable. En sa qualité de porteur de projet, la Commission nationale allemande pour l’Unesco est l’organisatrice d’une table ronde et gère la plate-forme www.bne-portal.de. DVV International est quant à lui responsable du groupe de travail Éducation extrascolaire et formation continue. Un bilan à mi-parcours fut dressé en 2009 à Bonn. L’Institut y était représenté ainsi qu’à la conférence mondiale de l’Unesco sur l’éducation au développement durable (voir la Déclaration de Bonn) et à la conférence préalable «Global learning, weltwärts and beyond», laquelle adopta la «Déclaration de Bonn des ONG».

Perspectives

Le travail de l’Institut restera axé sur la coopération pratique avec les partenaires dans le cadre des projets communs, que ce soit à l’échelon local, national, régional ou mondial. Ces projets concernent l’éducation à la santé et à l’environnement, la promotion de la démocratie et de l’action civile, la capacité d’insertion professionnelle et la formation professionnelle, la contribution à la résolution des conflits et la prévention des crises, l’éducation de base et l’alphabétisation, et ce d’un point de vue concret. Il convient de continuer à observer et soutenir les programmes internationaux visant à garantir une solide éducation pour tous, à savoir une formation initiale et continue de grande qualité pour tous les jeunes et les adultes au titre de l’apprentissage tout au long de la vie. L’image des quatre piliers du système éducatif, à savoir école, formation professionnelle, université, éducation des adultes, est toujours d’actualité, même si les passerelles entre ces différents domaines éducatifs prennent de l’importance dans le cadre de l’apprentissage tout au long de la vie. L’éducation des adultes joue là un rôle décisif, sous la pression des mutations professionnelles, technologiques et culturelles qui affectent nos sociétés.

Financing Adult Education

L’éducation des jeunes et des adultes ne jouit toujours pas de la reconnaissance et du statut qui lui seraient nécessaires pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement et de l’EPT. C’est pourquoi la CONFINTEA VI, qui se déroulera à Belém, devra se donner pour objectif principal d’en accroître les chances de réalisation future par des décisions contraignantes par des garanties relevant de la politique éducative, législative et financière, ainsi que de stimuler le développement de la profession. Dans le même temps, les pays riches, mais aussi les organisations de développement, devraient s’engager à aider les pays pauvres à atteindre ces objectifs. Le milliard d’enfants, de jeunes et d’adultes qui ne savent ni lire ni écrire suffisamment bien doivent eux aussi être les bénéficiaires de ce processus. Quant à l’Institut, il devra continuer de se faire entendre, de s’engager, de peser dans les décisions et de consigner le tout.

En juin 2009, DVV International organise à Bonn avec ses partenaires (BMZ, IUL, CIEA, EAEA et ASPBAE) une conférence internationale intitulée «Financing Adult Education for Development» (financer l’éducation des adultes en vue du développement). Les participants mettrons en commun leurs expériences, chercheront des formes de coopération plus efficaces et réfléchiront à la manière dont l’éducation des adultes peut utiliser plus judicieusement les moyens financiers publics et multilatéraux du développement. Vous trouverez des informations et documents à ce sujet sur le site Internet: www.dvv.international.de.

La conférence ira de pair avec une soirée. En effet, les origines du travail international des universités populaires et de la DVV remontent aux années 1950. L’Institut ayant commencé en 1969 à se constituer en division de la DVV sur les plans administratif et institutionnel, DVV International existe ainsi depuis 40 ans. Une bonne raison de franchir ce cap avec ses partenaires, de regarder en arrière, de regarder l’avenir en face, et de célébrer cet anniversaire.

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Notes

1 Heribert Hinzen (Ed.): Adult Education and Development. 25 Years of the Institute for International Coopera tion of the German Adult Education Association. AED 43. Bonn: DVV 1994.
2 See Erhard Schlutz: Mein Weg in die Erwachsenenbildung – Kollegial Aufgaben- und Berufsentwicklung in den Siebzigern, p. 108; as well as in the introduction, pp. 4 and 5. In: Erhard Schlutz, Heinrich Schneider (Hrsg.) Berufsgeschichte der Erwachsenenbildner/innen – Geschichte als Berufswissen. Bremer Texte zur Erwachsenen-Bildungsforschung des Instituts für Erwachsenenbildungsforschung der Universität Bremen: 2008.
3 See Heinrich Roth (Hrsg.): Begabung und Lernen. Ergebnisse und Folgerungen neuer Forschungen. Deutscher Bildungsrat. Gutachten und Studien der Bildungskommission. Vol. 4. Stuttgart: Ernst Klett Verlag 1968, p.453; and Strzelewicz, W., H.D. Raapke, W. Schulenberg: Bildung und gesellschaftliches Bewußtsein. – Eine mehrstufige soziologische Untersuchung in Westdeutschland. Göttinger Abhandlungen zur Soziologie,
4 See Deutscher Bildungsrat: Strukturplan für das Bildungswesen. Cited in Wolfgang Seitter: Geschichte der Erwachsenenbildung. Eine Einführung. In: Theorie und Praxis der Erwachsenenbildung. Bielefeld: Bertels mann 2000, p. 140.
5 Joachim H. Knoll: The history of the UNESCO international conferences on adult education – from Helsingör (1949) to Hamburg (1997): International adult education policy through people and programmes. In: Convergence, vol. XL (3-4), 2007, p. 21-41.
6 ICAE: Adult education and lifelong learning: Issues, concerns and recommendations. Submission to the International Commission on Education and Learning for the Twenty-First Century. In: AED 42. Bonn: DVV, 1994, p. 175-184.
7 Gundula Frieling, Gisela Waschek (eds.): Geschichte – Geschichten – Gesichter. Ein halbes Jahrhundert Deutscher Volkshochschul-Verband e.V. Bonn: DVV, 2003.
8 See Wolfgang Seitter, note 4, p. 108. vol. 10, Stuttgart 1966.

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