CIEA/FISC

Après douze mois de consultations d’une Commission convoquée à l’initiative du Conseil international d’éducation des adultes (CIEA), le Forum international de la société civile (FISC), dans un esprit de dialogue avec les gouvernements et les agences internationales, propose sept enjeux à être débattus et sur lesquels la CONFINTEA VI devra se prononcer. CONFINTEA VI – document de plaidoyer de la société civile.

Plaidoirie de la société civile

Ébauche finale

  1. L’éducation des adultes 1 doit être fermement appliquée par tous les
    États comme un droit fondamental. L’application de ce droit doit suivre
    le principe d’égalité de traitement et de non-discrimination.
  2. L’éducation des jeunes et des adultes est indispensable dans la lutte à la pauvreté et pour faire face aux crises alimentaire, énergétique, environnementale et financière mondiales. La violence silencieuse de l’inégalité économique, sociale et culturelle est inacceptable; l’égalité d’opportunités devrait être une préoccupation centrale dans la réorientation de l’apprentissage et de l’édu cation des adultes (ALE), y compris l’éducation des jeunes.
  3. L’éducation des jeunes et des adultes, ainsi que l’alphabétisation, doivent être clairement priorisées au sein des politiques internationales et des politiques nationales des États. Les objectifs 3 et 4 de l’Éducation pour Tous (EPT) sur l’alphabétisation des jeunes et des adultes ne peuvent plus être ignorés.
  4. Les politiques d’alphabétisation doivent être clairement articulées dans une perspective d’éducation tout au long de la vie et reliées aux autres actions et politiques intersectorielles. L’alphabétisation et l’éducation tout au long de la vie sont des conditions essentielles de réalisation des «Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Les États et les agences internationales doi vent s’engager à former des praticiens et des professionnels qualifiés pour l’Éducation des jeunes et des adultes et à leur assurer des conditions de travail appropriées.
  5. Le droit à l’éducation et à l’éducation tout au long de la vie des femmes et des hommes migrants doit être reconnu, ainsi que les droits des réfugiés. Les migrants et les réfugiés ont droit non seulement de survivre, mais aussi de reconstruire leur vie.
  6. Ce dont on a besoin maintenant, c’est de l’ACTION: des cadres légaux et politiques appropriés, ainsi que des structures et des mécanismes de gouvernance sont nécessaires pour garantir le droit de tous à l’éducation des jeunes et des adultes. Il est essentiel de créer à la CONFINTEA VI des mécanismes internationaux de contrôle et de suivi des engagements.
  7. Les États doivent démontrer une volonté politique claire et allouer les ressources nécessaires en vue du plein exercice du droit à l’éducation des jeunes et des adultes. Les États et les organismes de coopération doivent augmenter leur allocation des ressources dédiées à l’éducation des jeunes et des adultes; la privatisation doit être franchement mise en question, ainsi que les conditions macroéconomiques imposées internationalement qui sapent les investisse ments en éducation.

1. L’éducation des jeunes et des adultes est un droit humain fondamental réalisable.

«Il est à souligner que la jouissance du droit à l’éducation de base n’est soumise à aucune condition d’âge ou de sexe: elle vaut pour les enfants, les adolescents et les adultes, y compris les personnes âgées. Dans ce sens, l’éducation de base fait partie intégrante de l’éducation des adultes et de l’éducation permanente. L’éducation de base étant un droit qui s’applique à tous les groupes d’âge, les programmes et les systèmes éducatifs correspondants doivent être conçus de manière à convenir aux apprenants de tous âges.»

(…)

«l’éducation doit être accessible à tous en droit et en fait, notamment aux groupes les plus vulnérables, sans discrimination… L’interdiction de la discri«mination… n’est ni sujette à une mise en oeuvre progressive ni tributaire des ressources disponibles: elle s’applique sans réserve et directement à tous les aspects de l’enseignement et vaut pour tous les motifs sur lesquels le droit inter«national interdit de fonder l’exercice d’une discrimination quelle qu’elle soit.»

Observation générale nº 13 sur l’application du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Nous soulignons le besoin d’en finir avec les pratiques discriminatoires à l’en droit des peuples autochtones, ainsi que des personnes ayant des handicaps et des femmes et les hommes détenus en prison. L’application du droit à l’éducation des jeunes et des adultes doit suivre le principe du traitement égalitaire et non discriminatoire. En ce sens, nous demandons aux États de prendre des mesures de discrimination positive (appuyées par une législation et des plans nationaux efficaces) qui cherchent à surmonter, en éducation des jeunes et des adultes, toute forme d’inégalité et de discrimination, y compris la discrimination multiple, fondée sur l’âge, le genre, la race, l’ethnie, la classe, l’orientation sexuelle, la religion, les incapacités ou autres bases similaires. Sans des mesures d’assistance, le droit d’apprendre tout au long de la vie ne peut pas être assuré.

2. L’éducation des jeunes et des adultes est essentielle pour combattre la pauvreté et pour faire face aux crises alimentaire, énergétique, environnementale et financière mondiales

Les crises alimentaire, environnementale et financière actuelles aggravent les inégalités existantes. La pauvreté et l’exclusion sociale ne peuvent pas être dissociées des inégalités structurées, lesquelles sont reflétées dans la distribution inégale des opportunités d’apprendre et renforcées par elles. Dans le cadre d’une éducation tout au long de la vie, l’exclusion sociale ne signifie pas seulement l’exclusion des opportunités d’éducation, mais aussi l’insistance hégémonique d’une hiérarchie du savoir qui refuse la légitimité de certains types de savoir. La demande de formation des personnes actives dans l’économie agricole ou artisanale et dans l’économie informelle, d’un grand nombre de femmes actives dans le travail domestique, dans l’action associative au sein de la société civile et dans l’économie vivrière n’est pas reconnue, car ces activités demeurent cachées. Les délibérations de Belém doivent prendre en considération l’impact de cette économie informelle et invisible sur les droits des femmes de participer à l’éducation tout au long de leur vie.

Les réponses de l’éducation des adultes, y compris de l’éducation et la formation professionnelle des adultes, aux inégalités économiques doivent être supportées par les actions intersectorielles des gouvernements et reliées à celles-ci. Le «Cadre de Belém doit établir clairement que le droit à l’éducation des jeunes et des adultes, comme à l’ensemble de l’éducation tout au long de la vie, ne peut être dissocié ni des politiques économiques, sociales et culturelles, ni du modèle de sociétés et de développement que les nations adoptent. En ce moment, la crise alimentaire mon diale, aggravée par les crises financière et économique, doit être abordée comme une priorité absolue, car elle menace le besoin le plus fondamental de l’humanité et met en jeu la survie de millions de personnes. L’éducation des adultes n’est pas en concurrence avec cette priorité: elle fait partie des solutions. Les stratégies de réussite incluent, sur tous les continents, des programmes solides et participatifs d’extension agricole, l’organisation et la mobilisation communautaires, ainsi que l’alphabétisation des adultes dans des zones rurales.

Une autre planète est possible, mais non sans une transformation profonde dans nos formes de production et nos modes de vie. Un style de vie nouveau et une solidarité écologique nouvelle sont en cours et doivent être encouragés afin d’atteindre les niveaux critiques requis pour maintenir l’action. Cependant, elles n’atteindront le niveau critique requis que lorsque des milliards de femmes et d’hommes auront l’espace et les possibilités de se réunir, de discuter des enjeux et de développer le savoir-faire pour maintenir leur volonté d’agir. L’éducation des adultes relative à l’environnement, apprendre comment transformer les relations avec l’environnement physique et comment créer des économies vertes, n’est plus une option, et les initiatives en cours dans des cercles d’étude, des groupes d’alphabétisation, des conseils de village, des comités de citoyens urbains et des réseaux d’éducation des adultes, montrent déjà la voie. Le «Cadre d’action de Belém doit souligner l’urgence de l’éducation environnementale des adultes. L’impact de l’inaction est mondial; pour cette raison il doit être débattu non seulement par le G8 et le G20 mais par le G192 en entier et par la société civile. L’humanité ne survivra pas sans l’apparition d’une citoyenneté écologique créative et active soutenue par une solidarité mondiale et fondée sur une action informée aux trois niveaux, local, régional et mondial.

3. L’éducation des jeunes et des adultes, ainsi que l’alphabétisation, doivent être clairement priorisées au sein des politiques internationales (y compris l’EPT) et des politiques nationales des États

La négligence par rapport aux objectifs 3 et 4 du «Cadre d’action de Dakar sur l’édu cation des jeunes et des adultes et l’alphabétisation des adultes doit être répudiée. Cette négligence persiste malgré l’évidence solide de l’apport de l’éducation et de l’alphabétisation des jeunes et des adultes à l’amélioration de la qualité de vie des personnes, à la réussite scolaire des enfants, à l’accroissement de la productivité agricole et de la production alimentaire, à la résolution de conflits communautaires, à l’amélioration des capacités de base au milieu de travail, et à la mise en place des systèmes de santé universelle, parmi d’autres avantages directs et indirects.

 

Enregistrement
Source: Maria de Fatima Rodrigues


 

 

Un changement substantiel des politiques s’impose de façon urgente. Des in dicateurs et points de référence devraient être clairement stipulés dans le Cadre d’action de Belém pour mesurer les progrès ou les reculs. Les États, ainsi que des organismes multilatéraux et internationaux, doivent mettre l’accent urgemment sur les objectifs 3 et 4 du Cadre d’action de Dakar. Ils doivent reconnaître que l’al phabétisation et l’éducation des jeunes et des adultes constituent est une condition transversale nécessaire des «Objectifs du millénaire pour le développement, car aucun d’eux ne pourra être atteint sans la participation créative et informée de la population. Ils doivent également garantir que l’«»Initiative de mise en oeuvre accélérée» (IMOA) assure l’intégration de l’éducation des jeunes et des adultes dans les plans d’éducation nationaux.

De la même façon, les conditions imposées dans le passé et encore aujourd’hui par les institutions financières internationales (ex. FMI), qui demandent aux gou vernements nationaux de geler l’investissement dans l’éducation et de marginaliser l’éducation des jeunes et des adultes, doivent être contestées par la conférence CONFINTEA VI.

4. Les politiques d’alphabétisation doivent être clairement articulées dans une perspective d’éducation tout au long de la vie et reliées aux autres actions intersectorielles.

L’alphabétisation doit être vue comme un continuum. La dichotomie polarisée entre alphabétisation et analphabétisme doit être abolie. Ce changement garantirait mieux la possibilité pour tous les citoyens et toutes les citoyennes d’acquérir et de développer leurs capacités de lecture et d’écriture ainsi que leur participation à la société lettrée. Dans ce sens, il faut produire des données nouvelles qui reflètent cette conception. Les statistiques actuelles d’alphabétisation sous-estiment significa tivement la portée de ce problème. Des sondages nationaux sur l’alphabétisation des jeunes et des adultes sont nécessaires pour établir des évidences nouvelles détaillées sur le nombre et le profil des personnes qui font face à des défis d’al phabétisation. Dans cette perspective, nous demandons aux États de dépasser les initiatives fondées sur l’alphabétisation à court terme et les campagnes de postal phabétisation, et viser à des politiques et programmes plus intégraux à long terme et plus intersectoriels, qui favorisent un apprentissage formel et non formel durable et des environnements lettrés. En aucun cas (par exemple, dans le but d’améliorer les statistiques d’alphabétisation) les États ne doivent compromettre la qualité et la pertinence de l’éducation.

Il faut mettre en place des politiques et des programmes pour garantir une éducation tout au long de la vie, qui inclut l’alphabétisation et l’éducation de base, et qui favorise la culture de la lecture et l’écriture. Il faut repérer et prendre en compte la spécificité de l’éducation des jeunes et celle des adultes, car la population plus âgée tend souvent à être la plus exclue. Il est important aussi que les politiques d’éducation des jeunes et des adultes reconnaissent la diversité culturelle et les droits linguistiques, ethniques, raciaux et de genre, y compris la défense du travail décent, de la citoyenneté active et de la paix. À son tour, ceci requiert une approche intersectorielle et une coopération entre les agences et les ministères.

Les États et les agences internationales doivent s’engager à soutenir le dévelop pement de facilitateurs, formateurs, administrateurs et chercheurs qualifiés et pro fessionnels dans le domaine de l’éducation des jeunes et des adultes, y compris de l’alphabétisation, et à assurer des conditions qui permettent une réalisation efficace des programmes et plans d’action. Des facilitateurs et formateurs professionnels et bien payés et compétents sont nécessaires; ils doivent pouvoir développer une pensée critique et une sensibilité aux contextes des divers apprenants jeunes et adultes. Il faut mettre en place des conditions et des structures pour s’assurer que les praticiens et les professionnels de l’éducation des jeunes et des adultes aient des possibilités de carrières durables et significatives.

5. Le droit à l’éducation et à l’éducation tout au long de la vie des femmes et des hommes migrants doit être reconnu, ainsi que les droits des réfugiés.

La migration est un phénomène mondial entre continents et pays, mais aussi à l’intérieur des frontières nationales. Le «Cadre d’action de Belém devra reconnaître les droits humains fondamentaux des dizaines de millions de migrants et de réfugiés qui luttent pour survivre et maintenir leurs communautés; en plus, le Cadre de Belém doit leur assurer le droit à l’enseignement des langues, à la formation professionnelle, à l’éducation citoyenne et à la reconnaissance et la validation de leurs expériences et qualifications antérieures.

Une éducation des jeunes et des adultes qui refuse toute discrimination envers les migrants comporte également des responsabilités de la part des communautés d’accueil, de leurs leaders locaux, des fournisseurs de services, des employeurs, des syndicats et du grand public. La migration offre des occasions uniques pour apprendre à vivre ensemble, pour relancer l’éducation multiculturelle et intercul turelle. Il faudra aborder la responsabilité financière des pays bénéficiaires de la fuite des cerveaux qui épuisent la capacité et l’expertise d’autres nations. Cette fuite des cerveaux appelle une compensation internationale. Le «Cadre de Belém ne peut ignorer cette tendance trop ignorée de la réelle coopération bilatérale.

6. Ce dont on a besoin maintenant, c’est de l’action: des cadres légaux et politiques appropriés, ainsi que des structures et des mécanismes de gouvernance sont nécessaires pour garantir le droit de tous à l’éducation des jeunes et des adultes.

Le développement de l’éducation des jeunes et des adultes évolue dans un contexte très différent de celui des années soixante-dix. Par conséquent, l’UNESCO doit réé valuer la pertinence des diverses formes d’éducation des jeunes et des adultes par rapport aux réalités mondiales et locales du 21e siècle. Dans ce but, l’UNESCO, à travers l’UIL, devra mettre à jour sa «Recommandation sur le développement de l’éducation des adultes adoptée à Nairobi en 1976.

La nécessité de l’éducation des jeunes et des adultes doit être vue à travers tous les secteurs d’activités. Elle concerne divers ministères, depuis la Justice, l’Agriculture, l’Emploi, la Santé, les Affaires sociales jusqu’à la Culture. Ces activités d’éducation des adultes en dehors du domaine de l’éducation formelle devraient être identifiées et suivies dans chaque ministère et entre eux, dans le but de créer une synergie. Dans cette coopération interministérielle indispensa ble, le rôle du ministère de l’Éducation est central en tant qu’acteur principal et instance de synchronisation. La contribution économique et sociale espérée de l’éducation des jeunes et des adultes ne sera atteinte qu’à travers des cadres légaux appropriés, des politiques publiques explicites et réalisables, l’affectation de plus de ressources, ainsi que de plus d’espace pour la participation de la société civile dans la prise de décision et dans une veille transparente des actions et des résultats.

a) Des cadres légaux et politiques appropriés Les États devraient s’engager à adopter une législation qui confirme le droit légal à l’éducation tout au long de la vie, y à compris l’éducation de base. Cette législation devrait stipuler que tout le monde, jeunes et adultes, a droit à l’alphabétisation et à l’éducation de base sans distinction.

b) Participation de la société civile La société civile doit être activement impliquée dans le débat politique sur l’éducation des jeunes et des adultes, en garantissant une approche plus durable et des politiques pertinentes. La société civile doit s’engager active ment dans la surveillance des programmes et des politiques, s’assurant que les gouvernements prennent leurs responsabilités dans le développement de l’éducation pour tous tout au long de leur vie. Les plans d’action nationaux sur l’EPT, les programmes de l’IMOA dans les pays et les politiques d’éducation des jeunes et des adultes doivent assurer des mécanismes explicites formels de représentation de la société civile en tant que parties intéressées au même titre que les autres acteurs, cela là où ces organismes ou agences gouverne mentales et les acteurs internationaux ou les donateurs extérieurs discutent le financement de la formation de base qui prend son sens que dans une perspective de l’éducation tout au long de la vie. Les apprenants adultes qui racontent leur histoire et réussite sont les avocats les plus puissants pour le droit à l’éducation, ils sont la preuve vivante de l’impact positif des investissements en éducation des adultes. Ils devraient être activement et sincèrement impliqués dans tous ces processus politiques.

c ) Surveillance et benchmarking Une culture et un système de responsabilité et de transparence sont néces saires conjointement avec des mécanismes de surveillance et de «benchmar«king. Le «Cadre d’action de Belém devra exiger la génération de nouveaux indicateurs et points de référence en éducation des jeunes et des adultes, des indicateurs à être adoptés et surveillés au sein du cadre de l’EPT et du cadre des politiques des OMD. Ces points de référence devraient inclure l’objectif 4 de l’EPT sur l’alphabétisation des adultes comme l’un des indi cateurs de l’objectif 1 des OMD, la production d’indicateurs d’éducation des jeunes et des adultes pertinents pour chacun des objectifs respectifs, ainsi que pour l’étape suivante de l’«Initiative de mise en oeuvre accélé«rée et pour la Décennie de l’alphabétisation de l’ONU. Ces indicateurs devraient se construire en utilisant, parmi d’autres sources, les points de référence proposés par la «Campagne mondiale sur l’éducation (CME). Des points de référence quantitatifs et qualitatifs internationaux clairs sont nécessaires pour surveiller l’état de la participation à l’éducation et la forma tion des jeunes et des adultes, pour dénoncer les cas de discrimination, pour évaluer les conditions de travail des formateurs des adultes ainsi que leur développement professionnel, pour apprécier les conditions, outils et maté riaux d’apprentissage, pour voir à l’amélioration des milieux d’apprentissage et pour surveiller les investissements publics, nationaux et internationaux, dans le souci de leur durabilité et de leur pertinence. Nous demandons à tous les bureaux et institutions de l’UNESCO de surveiller et évaluer, dans un effort coordonné et tous les deux ans, les progrès réalisés vers ce Cadre d’action.

7. Les États doivent démontrer une volonté politique claire et allouer les ressources nécessaires en vue du plein exercice du droit à l’éducation des jeunes et des adultes

Les États doivent s’engager, dans le« Cadre d’action de Belém, à affecter au mini mum 6 % de leur PNB à l’éducation et, dans le budget de l’Éducation, attribuer un minimum de 6 % pour l’éducation des jeunes et des adultes, donnant la priorité à la formation de base. Dans les pays dits en développement, 6 % de l’aide fournie par les donateurs devrait aller à l’éducation des jeunes et des adultes afin de combler un fossé financier dans ce secteur qu’on peut évaluer à au moins deux milliards de dollars par an.

L’IMOA, ainsi que d’autres mécanismes financiers mondiaux futurs pour l’éduca tion, devraient inclure des indicateurs et points de référence spécifiques à l’alpha bétisation et à l’éducation des jeunes et des adultes; ils devraient voir à ce que les plans du secteur de l’éducation incluent des stratégies crédibles pour développer cette question. La privatisation des actions d’éducation des jeunes et des adultes doit être franchement contestée. Les conditions macroéconomiques du Fonds mo nétaire international qui sapent les investissements en éducation devraient, tout spécialement dans le contexte actuel, être contestées pour que les États puisent investir de façon adéquate dans l’agenda de l’EPT et en vue de l’émergence de sociétés éducatives actives.

Conclusion: CONFINTEA VI, le moment d’agir

La CONFINTEA VI a trait à la dignité de tous les êtres humains, à leur droit d’apprendre, d’améliorer leurs conditions de vie, de rêver de leur avenir et d’être capables, avec les autres, de construire et reconstruire leur vie et leurs environ nements. La jouissance de ce droit fondamental exécutoire est maintenant plus urgente que jamais.

L’éducation des jeunes et des adultes, y compris l’alphabétisation, est la pierre angulaire pour atteindre les «Objectifs de millénaire pour le développement, elle est un instrument essentiel pour tous les peuples dans le combat contre les crises alimentaire, financière et environnementale actuelles. Il n’y aura pas de solution à la crise alimentaire ou à celle de l’eau sans l’accroissement d’une capacité de plus en plus importante d’agir, individuellement et collectivement, des femmes et des hommes. L’objectif de la «Santé pour Tous ne sera jamais atteint sans augmenter significativement et répandre universellement l’alphabétisation en matière de santé. Le futur de la planète est lié à la volonté et à la capacité accrue des citoyens et citoyennes de partager leurs préoccupations sur l’environnement et d’avoir les ressources pour pourvoir prendre leur responsabilité. La paix réelle, sans la peur quotidienne de la guerre et de la violence, ne sera pas atteinte sans une large diffusion de la diplomatie locale, sans des possibilités accrues d’apprendre à vivre ensemble. Et, une fois atteinte, la paix ne sera pas durable sans une dynamique continue d’échange culturel et continental au niveau des communautés locales.

Une action concrète est nécessaire MAINTENANT pour assurer le droit fonda mental des femmes et des hommes à apprendre et à développer leur potentiel humain tout au long de leur vie et, aussi, à se donner la capacité de construire un autre monde. Nous savons quelles sont les politiques et les actions nécessaires. De nombreuses histoires de réussite ont été rendues publiques et beaucoup d’autres pourraient être racontées. Nous avons discuté ces points à la CONFTINTEA V et nous les avons explorés dans les douze années qui ont suivi. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de l’action, et pour ceci, des engagements politiques et collectifs à être formellement codifiés dans le «Cadre d’action de Belém, mais aussi que ces engagements soient accompagnés d’indicateurs et de points de référence clairs et d’un mécanisme de surveillance précis, transparent et efficace.

L’éducation tout au long de la vie pour tous et dans tous les pays est la clé pour l’avenir. Nous n’avons plus de temps. Le coût de l’inaction sera trop élevé.

Comme il en a été convenue à Belém do Pará (Set, 2009), ce document est à l’état d’ébauche, et nous n’en modifierons pas directement le text à présent. Nous encourageons les gens à envoyer des contributions et suggestions qui seront réunies avant la CONFINTEA. Une adresse spéciale e été créée à cet effet pour leur permettre de les envoyer: advocacy@fisc2009.org.

Notes

1 L’éducation des jeunes et des adultes peut avoir des sens différents selon des réalités spécifiques. Dans le contexte de l’Europe il est mieux d’utiliser «éducation pour les adultes et les jeunes/adultes».

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