Éditorial

Une fois tous les douze ans, l’UNESCO convoque une conférence mondiale sur l’éducation, familièrement connue sous le nom de CONFINTEA, l’abréviation fran çaise de Conférence internationale sur l’éducation des adultes. C’est en décembre 2009 que la ville de Belém, au Brésil, a accueilli la CONFINTEA VI. L’UNESCO a lancé cette série de conférences en 1949 à Elseneur, au Danemark. À la confé rence d’Elseneur suivirent la CONFINTEA II en 1960 à Montréal, Canada, puis l’édition japonaise à Tokyo, en 1972, la conférence de 1985 en France, à Paris, et la CONFINTEA V qui se tint en Allemagne, à Hambourg, en 1997. Toutes eurent leurs priorités spécifiques, en rapport avec l’évolution de l’éducation des adultes en tant que domaine professionnel, influencées et inspirées par le contexte historique de leurs époques respectives.

Belém et sa dimension culturelle et environnementale de ville amazonienne située au nord de l’État du Pará a eu sans conteste une forte influence sur la préparation et la mise en oeuvre de la CONFINTEA VI. L’engagement de longue date du gou vernement brésilien s’est déjà manifesté durant la période préparatoire menée par le groupe consultatif de la CONFINTEA VI qui avait été mis sur pied, des années avant la conférence, par l’UIL, l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie, et qui se composait de représentant de gouvernements, d’organisa tions de l’ONU, d’ONG et d’organismes professionnels. Ce processus préliminaire fut fécond en résultats, et il convient ici que nous en faisions état de deux: jamais auparavant les gouvernements ne furent aussi nombreux à préparer leurs rapports nationaux sur la situation dans leurs pays et ici, ils le firent souvent dans le cadre de consultations et de collaborations avec la société civile et le secteur plus général de l’éducation des adultes – rapports publiés en ligne sur le site de l’UIL de façon à permettre de les consulter. Ces documents furent ensuite utilisés pour rédiger le premier rapport mondial sur notre secteur d’activité: le GRALE, le Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes.

Cette édition d’Éducation des adultes et développement vous livre accès au prin cipal document issu de la conférence: le Cadre d’action de Belém. Ayant moi-même fait partie de son comité de rédaction, je dois avouer que parvenir au résultat final a été le fruit d’un dur labeur eu égard à la diversité des membres, des intérêts et des voix qui ont concouru à remanier son ébauche qui nécessitait des améliorations; une tâche notamment ardue quand il s’est agi de trouver un ensemble de priorités et d’engagements capables de fédérer la majorité des participants. Outre ceci, nous présentons dans ce numéro un certain nombre des principaux discours tenus par des collègues qui occupent une place toute particulière chez DVV International, l’institut spécialisé de la Confédération allemande pour l’éducation des adultes. Il s’agit des discours de la professeure Rita Suessmuth, présidente de la DVV et présidente de la CONFINTEA V, de madame Khunying Kasama Varavarn, notre partenaire en Thaïlande depuis de longues années, et du professeur Paul Bélan ger, président du CIEA, ainsi que d’une importante déclaration de la Campagne mondiale pour l’éducation et de deux présentations faites à l’occasion d’ateliers auxquels nous avions largement participé. Nous sommes convaincus que nos lecteurs voudront en savoir plus sur la CONFINTEA VI: l’UIL vient d’en publier le rapport intégral en plusieurs langues.

La seconde partie de ce numéro examine en détail le processus préparatoire mené par la société civile et les organismes professionnels dans le domaine de l’éducation des adultes avec à leur tête le CIEA, le Conseil international de l’édu cation des adultes, qui fut fondé en 1973, juste après la CONFINTEA III, et qui est actuellement basé à Montevideo, en Uruguay. Au début, le comité exécutif du CIEA débattit de l’importance de la CONFINTEA et décida d’apporter trois formes de contribution articulées sur des thèmes politiques, législatifs et financiers, sur des sujets ayant trait à l’alphabétisation, la pauvreté, le travail et la formation professionnelle, et enfin sur des questions liées à la migration. Conformément à ces décisions, le CIEA publia un numéro spécial de sa revue Convergence, orga nisa un séminaire virtuel, puis un échange en face à face à Leicester (Angleterre), soutenu par le NIACE (l’Institut national d’éducation des adultes et de formation continue), et enfin, point culminant de ces activités, le FISC, le Forum international de la société civile qui se déroula juste à la suite de la CONFINTEA à Belém. Nous sommes reconnaissants au CIEA et à son secrétariat de toute l’aide qu’il nous ont offerte pour réunir les documents relatifs à ce processus et à ces manifestations. Ils enrichiront sans conteste le processus de suivi qui a déjà commencé par l’intermé diaire du groupe consultatif de l’UIL, dont la première réunion s’est déjà déroulée, et par le biais du Forum international de Shanghai sur l’apprentissage tout au long de la vie qui a eu lieu au mois de mai. Le CIEA continue également de s’impliquer énergiquement dans ces activités: à l’occasion de son séminaire stratégique en juin 2010, il a décidé que la CONFINTEA VI, les objectifs n° 3 et 4 de l’EPT et les OMD sont les trois sujets auxquels se consacreront les groupes de travail en vue de l’Assemblée mondiale du CIEA prévue pour 2011 en Suède et au-delà. Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter le site Internet du CIEA qui contient de très utiles informations à ce sujet.

Le premier numéro d’Éducation des Adultes et Développement à avoir été publié sous ma direction fut le numéro 10, paru en mars 1978, voici plus de trois décennies. J’ai pris un grand plaisir à être le responsable de sa publication, une expérience des plus stimulantes qui m’a beaucoup enseigné, tant par les discussions avec les lecteurs qu’avec les auteurs. Le moment est à présent venu pour moi de faire mes adieux, maintenant que j’ai passé le flambeau de la direction de l’Institut de Bonn au Dr Roland Schwartz l’automne dernier pour prendre les fonctions passionnantes et stimulantes de directeur régional de l’Asie du Sud et du Sud-Est, et créer la nouvelle antenne de DVV International à Vientiane, au Laos. Je remercie la DVV de tout son soutien par le passé et je souhaite à la revue et à tous les collaborateurs qui participent à sa rédaction les meilleures choses du monde pour l’avenir.

Heribert Hinzen