Réactions des participants de l’étranger

Les participantes et participants au XIIIe Congrès des universités populaires ont beaucoup apprécié non seulement l’ambiance de la conférence, mais par-dessus tout aussi ses contenus. Ils ont été impressionnés par la puissance du mouvement des universités populaires et par ce qu’ils ont entendu et vu au sujet du travail de leurs homologues allemands. Les problèmes abordés diffèrent toutefois en fonction de la situation dans les pays, mais concernent en principe tout le monde partout.

Cette conférence restera un événement inoubliable, marqué par une grande joie

Plus d’une centaine d’invités étrangers ont participé au Congrès des universités populaires. Des délégations latino-américaines, asiatiques et africaines représentant des personnes qui vivent et travaillent dans des conditions totalement différentes de celles des personnes auxquelles s’adressent les universités populaires allemandes étaient présentes. Afin de savoir ce qu’a représenté pour eux ce Congrès, nous leur avons demandé de répondre brièvement aux questions suivantes:

Votre présence au Congrès des Universités populaires a-t-elle eu une importance particulière pour vous au niveau personnel et professionnel?

  1. Si oui, dans quelle mesure?
  2. Quelles impressions avez-vous retenues de la conférence?
  3. Les sujets discutés lors des interventions principales et dans les différents pannels auxquels vous avez participé ont-ils présenté un intérêt et ont-ils eu une importance pratique pour vous et votre travail?
  4. Avez-vous constaté des rapports entre les problèmes et les questions traités en Allemagne et ceux auxquels vous êtes confronté(e) dans votre pays?
  5. Dans quelle mesure les questions abordées lors de la conférence se distinguent-elles de celles auxquelles vous êtes confronté(e) dans votre pays (ampleur et nature)?
  6. Avez-vous pu nouer de nouveaux contacts utiles pour une éventuelle coopération future?
  7. Quels messages, quelles pensées aimeriez-vous partager avec les autres participants à la Conférence, et plus particulièrement: quelles recommandations ou suggestions faites-vous à vos collègues allemand(e)s?

Quelques réponses:
Chan Ramy
de Phnom Penh, Cambodge:

  • Pour moi, ce Congrès a sans aucun doute été important. Les universités populaires sont des institutions de formation professionnelle qui offrent des opportunités éducatives à tous, sans exception: personnes âgées, jeunes, personnes handicapées, femmes ou hommes. Chacun devrait recevoir une bonne éducation, chacun devrait pouvoir se développer personnellement pour atteindre ses objectifs dans la vie
  • Au niveau professionnel, il m’a été très utile de constater que de nombreuses organisations de la société civile sur le continent luttent en faveur d’une meilleure éducation pour tous. Personne n’est délaissé. Ceci m’a donné l’occasion de me mettre en réseau avec ces organisations, mais aussi de partager et d’échanger mes connaissances et mes expériences en matière de politique éducative.
  • Le congrès a été organisé de manière très professionnelle en ce qui concerne l’exposition, les sessions d’ouverture et de clôture, les liens avec la technologie moderne; il a donné lieu à de très nombreuses discussions dans le cadre des pannels. J’ai été surpris de voir que les participants plus âgés étaient plus nombreux que les jeunes de moins de 30 ans.
  • Les sujets abordés étaient intéressants au niveau personnel et professionnel. Ceux qui ont retenu mon attention sont l’engagement civique pour le développement, le besoin de mettre l’accent sur la question de genre dans le plan stratégique éducatif du BMZ, et le message selon lequel le changement climatique doit commencer au niveau individuel.
  • Ce que l’Allemagne a fait pour améliorer l’éducation et pour lutter en faveur de l’éducation pour tous, c’est ce à quoi travaillent tous les pays du monde, à la fois développés et en développement. En ce qui concerne l’éducation, ceci demande du temps et prend du temps. J’ai maintenant pris conscience que les pays développés s’efforcent d’atteindre un certain degré de solidarité, d’engagement civique et de participation de leurs populations au développement social. L’éducation pour tous, c’est très bien, mais les gens devraient être éduqués de manière non seulement à être capables de gagner leur vie et de sortir de la pauvreté, mais aussi à participer à la société en tant que citoyens actifs et engagés.
  • La majorité des participants étaient bien entendu des Allemands, mais j’ai apprécié que des participants d’autres pays aient été invités, dont un bon nombre sont des partenaires du DVV. Étant donné qu’il s’agissait d’une conférence internationale, il aurait été appréciable d’avoir accès à un plus grand nombre de documents en anglais. Les pannels de questions-réponses devraient être ouverts de manière égale à tous les participants. En ce qui concerne les participants de l’étranger, l’envoi de questions par messages ou courriers électroniques n’a pas fonctionné. Ils n’ont donc pas pu poser de questions ni exprimer leurs opinions.
  • La qualité de notre vie dépend de la qualité de notre pensée. Je pense que l’engagement civique, qui passe par l’autonomisation et le renforcement de la pensée critique et analytique, peut apporter des changements positifs aux sociétés dans leur ensemble. La formation professionnelle aide certes les gens à gagner de l’argent et à vivre dans le confort, mais s’ils ne pensent pas de manière critique, ces gens n’ont pas une bonne qualité de vie: ils vivent sans être intégrés dans la société, sans être des citoyens actifs et engagés.

Des participants de l’étranger

 

 

 

Des participants de l’étranger
Source: DVV International

 


 Alejandro Cussiánovich, Lima, Pérou: Le XIII e Congrès Allemand qui s’est déroulé à Berlin les 12 et 13 mai dernier a réuni 1500 participants allemands et étrangers; cet événement était centré sur les 10 grands objectifs qui résument la proposition du gouvernement allemand pour les cinq prochaines années et qui définissent les priorités de sa coopération internationale dans le domaine éducatif.

La délégation latino-américaine était composée d’une douzaine de membres originaires du Mexique, du Guatemala, du Costa Rica, d’Équateur, de Colombie, du Pérou, de la Bolivie et du Chili.

L’éducation, une priorité pour le développement

Bien que nous ne cessions d’entendre ce même discours depuis au moins trois décennies, en ce qui concerne la réalité péruvienne il s’agit plus d’une consigne électorale que d’une réalité concrète. Si l’on en croit deux indicateurs, l’investissement dans l’éducation n’atteint pas 3 % du budget national depuis plus d’une décennie. Il s’agit donc plus d’une chimère que d’une volonté politique qui devrait se traduire par la mise à disposition de ressources au profit des populations, plus particulièrement rurales et indigènes. Les résultats de l’étude Pisa et d’autres études plus récentes le prouvent: le Pérou se place en queue du classement.

Nous vivons dans la situation paradoxale d’un pays qui enregistre une croissance économique soutenue depuis plus de dix ans, mais qui se caractérise aussi par des taux de pauvreté élevés et surtout par des inégalités flagrantes. Ce congrès a renforcé notre conviction qu’il faut donner la priorité à l’éducation si l’on veut garantir un développement réel intégral et durable.

Les jeunes et les adultes, sujets primordiaux

Dans des réalités comme la nôtre, c’est-à-dire avec un pourcentage élevé de jeunes de moins de 30 ans, nous considérons que cette question est une priorité politique et une stratégie d’avenir immédiate. Bien que la loi générale sur l’éducation 28044 ait mis en place le Programme d’éducation de base alternative pour les jeunes et les adultes (PEBAJAS), c’est-à-dire un programme au service des jeunes et des adultes, son extension au niveau national n’a pas dépassé le stade de projet pilote. Le Congrès de Berlin a mis l’accent sur le cycle vital, non seulement au niveau de l’enseignement primaire et secondaire, mais aussi au niveau de l’enseignement supérieur, universitaire ou non. Dans ce sens, la visite à l’université populaire organisée le 11 mai a constitué une excellente immersion dans une expérience qui a mis en évidence l’engagement conjoint de la communauté, du gouvernement municipal et du gouvernement du Land, et une offre de qualité axée sur les besoins réels de la population. Pendant le Congrès, dans le forum sur l’environnement, l’un des intervenants scientifiques s’est présenté comme diplômé de l’université populaire. Preuve qu’il ne s’agissait pas seulement pour lui d’accomplir un acte éducatif, mais encore que cet acte était d’excellente qualité scientifique.

Entre le Consensus de Washington et la complexité éducative

Nous avons fait nos observations dans le texte en amont de la rencontre de Berlin. À notre avis, la proposition du Congrès de Berlin ne faisait que reprendre les questions éducatives posées par les puissantes institutions économiques comme la Banque mondiale. Nous avons constaté qu’un certain pourcentage d’enseignants, y compris dans les universités populaires, travaillent depuis des années sous contrat temporaire – y compris les mieux payés – et que même un pays comme celui qui abritait la conférence suivait une recommandation du Consensus de Washington en matière de flexibilité dans le travail, avec les différences que cela implique dans des pays comme l’Allemagne par rapport à une situation identique dans nos pays d’Amérique latine.

Une proposition qui doit être inclusive et pas seulement intégratrice

Il ne s’agit pas seulement d’une question linguistique. Intégrer, c’est ne pas toucher au système. Inclure, c’est faire participer à l’effort de responsabilisation, de critique et d’émancipation en tant qu’acteurs sociaux qui jouissent de droits égaux. Autrement dit, c’est penser que ceux qui s’intègrent apportent leurs propres projets de vie, de société, de pays, et que ces projets doivent trouver leur place à l’endroit même où d’autres projets sociaux sont devenus hégémoniques. L’éducation devrait précisément servir à cela. À notre avis, le débat n’a pas été suffisamment clair, ni dans les forums, ni dans les interventions principales. Plus particulièrement en ce qui concerne les populations migrantes, l’intégration est n’est autre qu’un acte courtois et instrumental. La présence de citoyens turcs a marqué le climat général du Congrès et relégué les Latino-Américains et les Asiatiques au second plan, à l’exception de certaines interventions de très haut niveau de la part de représentants de l’Inde et de notre région. Ceci est cependant compréhensible vu l’importante présence turque en Allemagne.

Considérations générales

L’exposé du président allemand a fait ressortir quelques points importants pour notre réalité péruvienne:

  • Considérer la lutte contre le dénuement éducatif comme une priorité primordiale
  • Éducation et formation professionnelle
  • Promouvoir l’éducation à l’aide d’une approche holistique
  • Enseignement supérieur et recherche

Nous ferons néanmoins les remarques suivantes, que nous considérons comme nécessaires, concernant l’approche sur laquelle s’est basé le cadre général de ce que l’État allemand cherche à développer en matière éducative, bien qu’en l’occurrence on devrait prioriser l’éducation des jeunes et des adultes.

La petite enfance n’a pas été mentionnée une seule fois lorsqu’il a été question de dénuement éducatif. Pour la plupart des pays de notre région, c’est pourtant un point chaud, plus particulièrement dans les communautés rurales et indigènes.

«Remplacer les concepts dépassés par des approches éducatives novatrices» est devenu une généralité. C’est bien entendu subjectif, et dû à la fois au fait que l’Occident, dans un état d’esprit de toute évidence étroit, se concentre essentiellement sur l’approche globale et au fait qu’il ne s’agit en fin de compte que de donner une retouche au système éducatif prédominant. Nos cultures non occidentales et différentes ont elles aussi des approches nouvelles à proposer. Il pourrait s’avérer intéressant, par exemple, d’étudier le concept hégémonique de développement et celui de Suma Qamaña ou BUEN VIVIR, pour reprendre le terme des peuples andins. Les peuples originaires des Andes et de l’Amazonie prônent ce qu’ils appellent Iskay Yachay, autrement dit LES DEUX SAVOIRS: leur savoir traditionnel et celui de la société moderne. Ceci est important si l’on veut éviter que la coopération internationale se transforme en une nouvelle forme subtile de colonisation.

En ce qui concerne l’éducation – pas seulement des adultes – nous nous demandons pourquoi les organisations populaires, pourquoi les nouveaux mouvements sociaux c’est-à-dire les enfants, les jeunes, les femmes, les populations rurales, etc. ne sont pas considérés comme des acteurs importants. Du point de vue de ce que nous appelons en Amérique latine «éducation populaire», ce sont des acteurs véritablement importants pour tout ce qui les concerne. Sans la participation réelle des personnes directement concernées, les spécialistes courent le risque d’échouer une fois de plus. L’éducation est une approche plus large et ne peut se réduire à la scolarisation. Il faut revoir cette question avec soin, ou tout au moins la mentionner, de façon à mieux cerner l’ensemble. Ceci permettrait à son tour de mieux comprendre ce que signifie médias libres ou participation communautaire.

La fête du Congrès

 

 




  La fête du Congrès, Source: Heidi Scherm

L’éducation et le manque de vraies politiques d’emploi deviennent l’un des principaux paradoxes pour les nouvelles générations. Dans des pays comme le Pérou, les politiques sociales et protectrices s’attaquent directement au problème de l’emploi, plus particulièrement lorsque le modèle économique n’est pas en mesure d’assurer à la majorité des gens un droit réel au travail si ce n’est à leurs risques et périls. Même si l’éducation peut améliorer l’employabilité des individus, le scénario global nous montre que le travail indépendant prend de plus en plus d’importance, ne serait-ce que parce qu’il permet de survivre. Mais cette tendance touche aussi les soi-disant pays industrialisés lorsque l’État providence est en crise.

Une opportunité unique d’apprendre et de coordonner

Pour nous, Latino-Américains, le congrès a été une bonne opportunité de prendre connaissance de ce qui se passe au niveau de l’éducation des jeunes et des adultes, mais aussi de constater la richesse de la production de matériels didactiques, de produits pour le commerce équitable, de matériels d’apprentissage des langues et des technologies modernes, et de plus en dialogue avec les technologies ancestrales. Il nous a également permis de rencontrer les représentants d’autres pays et d’essayer d’établir des critères d’action commune, de manifester notre présence sur un continent sans aucun doute diversifié mais qui demande des actions communes dans le domaine éducatif, social et économique.

Ce fut par conséquent une expérience extraordinaire qui suscite une responsabilité collective, qui nous invite à transgresser nos projets institutionnels et à les placer dans ce courant d’action et de pensée qui valorise la communauté, tous les acteurs et tous les contextes culturels en tant que source d’imagination sociale, politique et pédagogique. Nous avons quitté Berlin emplis d’énergie et d’enthousiasme. Cela a valu la peine. Ceux qui ont rendu possible cette expérience méritent nos remerciements et notre reconnaissance. Nous devons à présent poursuivre ce qui a été commencé.

Le Malien Mouhamadou Diagne nous a envoyé la réponse suivante:

Ma participation au congrès a été très importante parce que j’ai compris que j’apprécie réellement la culture allemande, et parce que je me suis rendu compte que l’Allemagne fait de grands efforts pour aider les pays en développement au travers de plusieurs organismes (GIZ, DVV, DVV International, etc.)

  • En ce qui concerne l’éducation des adultes, il y a de grandes similitudes dans le monde entier, et plus particulièrement dans les pays en développement. Nous faisons face aux mêmes problèmes, que ce soit dans les pays développés ou en développement. Dans ce domaine, nous avons plusieurs points communs. L’objectif principal est d’améliorer les compétences en communication et la formation professionnelle en apprenant à lire, à écrire et à compter, mais le renforcement des capacités dans le domaine de la formation professionnelle est également crucial. Le principal message que j’ai perçu est qu’il n’y a pas de lien direct entre éducation et bon comportement: ceux qui ont de bons diplômes ne sont pas moins violents envers les femmes, et ce ne sont pas forcément eux qui agissent le plus en faveur de l’environnement.
  • Les impressions que j’ai retenues de la conférence sont les suivantes: en Allemagne, l’éducation des adultes a une importance primordiale. La présence du président de la République fédérale d’Allemagne à la cérémonie d’ouverture, mais aussi la participation de Son Excellence la Princesse des Pays-Bas, grande activiste en matière d’éducation des adultes, et d’autres grandes personnalités, en sont la preuve. J’ai eu le sentiment que l’Allemagne est en avance sur les autres pays en matière d’éducation des adultes, à laquelle elle attache une grande importance.
  • Deux pannels ont particulièrement attiré mon attention, car ils présentaient un intérêt spécial pour notre domaine de travail. Il s’agissait de l’engagement citoyen pour développer l’éducation des adultes.
  • Le principal point commun entre l’Allemagne et nous-mêmes est le manque, ou l’insuffisance de financement en faveur de l’éducation des adultes. L’un des problèmes réellement communs à nous tous est le traitement réservé aux enseignants pour adultes. Ils sont sous-payés, n’ont pas de sécurité sociale, pas de retraite, pas de cotisations médicales, etc. La faiblesse du plaidoyer de la société civile en faveur de cette question est également commune à tous les pays, même si les réalités ne sont pas partout pareilles.
  • Dans l’un des pannels de discussion dédié à l’éducation des adultes dans un monde informatisé, j’ai eu le sentiment que même si le sujet était pertinent, il était loin des réalités auxquelles font face nos communautés de base. Leurs problèmes immédiats sont l’accès à l’eau potable, à la santé, à l’éducation; elles n’ont pas même un minimum d’argent pour acheter des cahiers, des stylos ou le matériel nécessaire à l’alphabétisation. Ce sont souvent les organismes d’appui qui fournissent le matériel et qui paient les enseignants pour que le cours puisse avoir lieu. En Allemagne, ce sont les apprenants qui prennent en charge la majorité des frais.
  • J’ai pu rencontrer la majorité de mes collègues de DVV International, qui nous ont reçus très chaleureusement. J’ai noué de nombreux contacts avec des personnes originaires des anciennes républiques soviétiques, d’Asie et du Moyen-Orient, mais aussi avec des Africains. À part les rapports amicaux privés que nous avons établis avec certaines personnes comme le vice-ministre arménien, nous avons pu avoir des contacts avec des activistes connus dont nous considérons les expériences comme particulièrement précieuses.
  • Le message que j’aimerais faire passer est le suivant: le plaidoyer en faveur de l’éducation des adultes est un long processus qui se heurte à de nombreux obstacles. Nous, les organisations qui pensent que nous pouvons changer les choses, devrions unir nos forces et partager nos expériences. La principale recommandation que je formule à l’adresse de mes collègues allemands est de poursuivre leurs efforts afin que DVV International puisse prendre de l’ampleur: c’est l’une des seules organisations à s’intéresser à l’éducation des adultes, et à être convaincue que l’éducation des adultes peut changer le monde. Mon souhait personnel est que nos collègues allemands nous aident à développer les échanges d’expériences entre les différentes régions d’Afrique, mais aussi entre l’Afrique et les régions du monde dans lesquelles DVV International coopère avec des partenaires et dans le cadre de projets de développement intéressants.
  • Un dernier point en ce qui concerne le nouveau document de stratégie éducative du ministère allemand de la Coopération économique et du Développement, BMZ: nous devons veiller à ce que certains engagements, comme par exemple doubler l’aide pour l’Afrique à la fin de 2013, soient respectés. Nous attendons de la part de nos collègues un plaidoyer spécial en faveur de l’éducation non formelle en tant que part de la stratégie éducative.

Nodir Rakhimov (Oubékistan), écrit:

Ma participation à cette conférence a été l’un des événements les plus importants dans ma vie. Je m’engage dans le domaine de la formation continue depuis 2002. Les nouvelles tendances dans la formation continue attirent toute mon attention. Je considère le Congrès des universités populaires comme un événement important non seulement pour l’Allemagne, mais aussi pour d’autres pays. J’estime que les activités des universités populaires et de la DVV peuvent servir d’exemple dans d’autres pays, plus particulièrement dans les pays en développement.

  • Les universités populaires et le DVV sont une force concrète reconnue non seulement par la population, mais aussi par les élites politiques. Le discours du Président allemand le prouve à de nombreux égards.
  • Je suis encore impressionné par la présence au congrès de nombreux décideurs qui sont en mesure d’apporter des réponses aux problèmes abordés.
  • Le premier jour, l’un de mes collègues m’a dit: «Je ne peux pas m’imaginer comment on peut donner à manger à tant de monde. Aujourd’hui, il va certainement falloir se passer de déjeuner.» Mais il en a été autrement. C’est dire que la logistique était également très bonne.
  • Tous les thèmes et toutes les interventions ont éveillé mon intérêt au niveau personnel et pratique. J’ai trouvé le forum «Après Kyoto et Cancún: comment modifier notre style de vie?» particulièrement intéressant. J’ai été impressionné par le caractère captivant des interventions, par la compétence des animateurs et par le cours qu’a pris la discussion sur le rôle que peuvent jouer les universités populaires pour résoudre les problèmes écologiques. Je suis de plus en plus convaincu qu’il est très important d’initier ce débat dans mon pays, de sorte que chacun puisse prendre conscience des dangers que représentent les problèmes écologiques. Je considère que c’est précisément dans ce domaine que les organismes éducatifs doivent jouer un rôle de premier plan.

Les Boliviens Benito Fernández, Denisse Hanna et Wilfredo Limachi nous ont fait part des réflexions suivantes:

  1. Notre participation à ce congrès a été importante, car elle nous a permis de constater la grande vitalité des universités populaires allemandes par le biais de leurs dirigeants, mais aussi le rôle important que joue la DVV en Allemagne et son incidence sur les autorités gouvernementales.
  2. La visite dans une université populaire de Berlin nous a donné une image plus précise de ce que sont les universités populaires et des potentiels qu’elles recèlent pour développer l’EPJA en tant que réponse au droit à l’éducation. Ceci nous permet de faire le lien avec nos expériences dans les Centres d’éducation alternative et d’adultes en Bolivie et d’identifier ce que nous devons initier chez nous; ceci nous donne une certaine ligne de conduite et confirme certaines hypothèses avec lesquelles nous travaillons en Bolivie et dans les pays andins.
  3. La capacité organisatrice en ce qui concerne les formes et la méthodologie de l’exposition, le lieu et l’environnement dans lequel s’est déroulé l’événement, la composante culturelle intégrée à la dynamique du Congrès et l’appui communicationnel ont fait bonne impression. Nous aurions cependant souhaité une traduction simultanée en espagnol et une plus grande participation d’exposants latino-américains. La conférence nous a paru extrêmement axée sur la DVV allemand, alors que la dimension internationale de l’institut – représentée par les 11 régions du monde – est restée marginale. Ceci s’est traduit par le fait qu’aucun temps spécifique n’a été dédié à la dimension internationale de la DVV. Nous aurions souhaité une journée complète. Le Congrès n’est donc pas parvenu à exprimer la richesse de l’action de la DVV dans les différents pays.
  4. Tous les thèmes nous ont paru importants et pertinents, même si la contextualisation n’a pas tenu compte de la diversité du contexte international.
  5. Les thèmes traités ont un grand rapport avec ceux que nous traitons chez nous: financement, responsabilités des gouvernements locaux en matière d’éducation des adultes, utilisation et accès aux nouvelles technologies, développement local durable, migration, interculturalité, personnes âgées. Même si les contextes en Amérique latine sont différents.
  6. Les processus politiques et les niveaux de vie et de développement dans nos pays divergent de ceux de l’Allemagne, de sorte que les priorités et les contenus des thèmes diffèrent aussi. Le thème du financement aux niveaux locaux, par exemple, n’en est qu’à ses débuts en Bolivie. En Allemagne, le thème de l’interculturalité concerne la migration et l’intégration alors qu’en Bolivie, il est lié à la diversité et à l’inclusion des nationalités, des peuples et des cultures qui forment notre pays, de sorte que le défi consiste à construire le pays à partir des différences.
  7. Le Congrès nous a permis d’approfondir les échanges et l’articulation entre la région andine et la région mexicaine dans la perspective de forger une identité latino-américaine en matière d’éducation des adultes. Des pas très importants ont été faits en ce qui concerne la coordination et la coopération.
  8. Il serait important d’échanger les principales expériences entre les universités populaires allemandes et les centres d’éducation des adultes avec lesquels la DVV travaille en Amérique latine. Il serait également intéressant de fournir des informations sur le travail du DVV dans d’autres régions. Il faut donner à la DVV une dimension latino-américaine permettant d’avoir une plus grande influence et de faire passer plus d’informations sur le domaine des jeunes et des adultes dans les différentes plateformes latino-américaines, dans la plateforme de suivi de la CONFINTEA VI (UNESCO), les Objectifs de 2021 (OEI), etc. Dans ces plates-formes, il faudrait également tenir compte des mouvements d’éducateurs et des centres éducatifs afin de renforcer leur présence et leur influence sur la thématique de l’EPJA en Amérique latine.

PlénumPlenary session

 

 

 

 

Plénum
Source: Heidi Scherm

La Jordanienne Sajeda Atari est une collègue qui semble elle aussi avoir retiré une impression positive du congrès:

Personnellement, je suis tombée amoureuse de l’Allemagne. Je me suis fait de nouveaux amis de différents pays, j’ai assisté à des scènes et vu des endroits magnifiques. Je suis encore touchée et impressionnée par l’intervention de la princesse des Pays-Bas!

  • En ce qui concerne mon travail, j’ai fait des expériences nouvelles, j’ai des idées nouvelles et j’ai noué des contacts importants avec des gens de mon pays et des membres de la DVV. Depuis mon retour, je prépare une nouvelle proposition de projet avec de la DVV en Jordanie.
  • Le congrès était très bien planifié et bien organisé. Il m’a donné des idées nouvelles, les intervenants étaient intéressants. J’ai été surprise de voir que le président allemand s’intéressait à la conférence, de même que la princesse des Pays-Bas et que l’Indien Rajesh Tandon. L’idée de réunir des personnes et des professionnels de plus de 40 pays dans le cadre d’un seul et même événement était stupéfiante.
  • Pour moi, le concept d’ «éducation des adultes» du point de vue allemand était nouveau. Mon organisation offre des formations et encourage la formation professionnelle, mais je ne pense pas que ces formations soient systématisées et conçues comme elles le sont en Allemagne.
  • Dans mon travail, j’ai des projets axés sur les personnes âgées; j’ai été agréablement surprise de pouvoir participer à un groupe de travail sur la relation entre les personnes âgées et la technologie et le monde numérique. À mon retour, j’ai évoqué l’idée de combler nos lacunes avec mon équipe: nous avons l’intention de mettre en place une formation en informatique pour ce groupe cible.
  • Les problèmes et les questions traités en Allemagne ont un certain rapport avec ceux de mon pays, mais à un niveau nettement plus avancé! En Jordanie, les formations pour adultes sont généralement centrées sur l’alphabétisation et la formation professionnelle de base. J’ai été surprise de voir le rôle important que joue le secteur gouvernemental dans les programmes de formation d’adultes, et l’appui dont jouissent ceux-ci. J’ai également été impressionnée par la variété des offres des programmes allemands, que nous n’avons pas chez nous.
  • Ma participation à ce congrès en Allemagne m’a donné l’occasion de rencontrer pour la première fois des collègues des ministères concernés de mon pays, de sorte que nous avons pu discuter d’un certain nombre de projets dans la perspective d’une coopération future. Je reste également en contact avec l’équipe de la DVV, avec quelques Espagnols et Latino-Américains, et avec des Palestiniens. Ma présence en Allemagne est par conséquent un succès. J’espère qu’un jour, j’aurai l’occasion de conter le succès d’une initiative de formation d’adultes dans mon pays.

Et pour finir, un commentaire qui nous vient d’Asie centrale, de la part d’Irina Razilova, Taschkent:

Ce congrès a été un événement à la fois brillant et inoubliable du point de vue professionnel et personnel. C’était ma première visite en Allemagne depuis que je travaille pour DVV International, c’est-à-dire depuis 2004.

L’atmosphère était véritablement chaleureuse et détendue! On sentait la bonne humeur des participants. Mais la cerise sur le gâteau a été l’intervention des VIP, plus particulièrement celle du président allemand. Ceci confirme l’importance que revêt l’éducation des adultes en Allemagne.

En ce qui concerne les contenus, il est évident que de nombreuses questions sont à l’ordre du jour. Mon attention a été retenue par le débat sur l’éducation des migrants. La discussion était parfois un peu vive mais toujours franche et ouverte. C’était un plaisir de constater le désir sincère manifesté par les représentants de l’Allemagne, de trouver des instruments effectifs permettant d’intégrer les immigrants dans leur nouvelle patrie. La discussion tournait autour des mesures éducatives appropriées et des approches permettant aux nouveaux arrivants de se sentir chez eux en Allemagne, de se familiariser avec l’histoire du pays, sa vie quotidienne et son futur. J’aimerais attirer l’attention sur le fait que la conférence était traduite en allemand et en anglais, mais aussi en turc.

Le thème de l’éducation des personnes migrantes m’a particulièrement émue parce qu’il touchait un «problème épineux». Les migrants ouzbèques quittent leur pays à la recherche de travail et se dispersent dans le monde entier, entre autres en Allemagne. D’habitude, les migrants sont considérés comme une main-d’œuvre qui travaille pour le bien-être d’autres pays. Mais la conférence m’a permis de mieux comprendre la position du pays d’accueil.

Il n’est malheureusement pas possible de participer à tous les groupes de travail en même temps. Pourtant, tous les sujets étaient intéressants. L’écologie commence à prendre une place plus importante dans nos projets, et le nombre de projets axés sur l’écologie augmente de jour en jour. Mais nous venons seulement de faire nos premiers pas sur la voie révolutionnaire, et l’expérience allemande et internationale nous est très utile. J’espère que le site web du Congrès continuera à publier du matériel sur les divers thèmes et à fournir des informations sur les groupes de travail qui ont eu lieu en parallèle.

 

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