Michael Samlowski

Paulo Freire

On a peine à trouver un éducateur qui a eu davantage d’impact que Paulo Freire sur le développement dans notre domaine d’intervention, l’éducation des adultes. Il est l’une des autorités les plus fréquemment citées au sujet des méthodes d’alphabétisation, et d’innombrables programmes d’alphabétisation ont été conçus selon ses concepts – ou prétendent tout au moins l’avoir été.

En même temps, il est probablement l’un des éducateurs le plus fréquemment mal compris, en premier lieu du fait qu’il ne s’est pas fixé dogmatiquement sur un seul ensemble d’enseignements, sur un seul programme, sur une seule méthode ou sur une seule philosophie. Au lieu de cela, il a toujours fait confiance aux gens et à leur capacité de penser et d’agir par eux-mêmes, il a toujours eu confiance dans leurs possibilités et leur espace de développement personnel.

Bien entendu, on se souvient mieux qu’ailleurs de Freire en Amérique latine, et c’est là-bas qu’on le vénère le plus. Son nom y est indissociable de l’éducation populaire et des nombreux espoirs et mouvements d’émancipation et de libération qui abondent sur ce continent. Nombre de partenaires de DVV International continuent de puiser leur inspiration à sa source, et il fut légitimement choisi comme premier président honoraire du CEAAL, le Conseil latino-américain d’éducation des adultes, un poste qu’il a occupé jusqu’à sa mort.

Nous sommes d’avis que dix ans après sa disparition, il convient de rendre hommage à l’œuvre de cet extraordinaire personnage dont les idées et concepts n’ont rien perdu de leur pertinence. Par conséquent, nous présentons un certain nombre de textes d’auteurs dont la vie professionnelle, et parfois personnelle, a été intimement liée à celle de Paulo Freire.

David Archer est directeur de l’éducation chez ActionAid International. Profondément impressionné par les concepts freiriens de base, il est largement responsable de leur développement qui a abouti sur l’approche REFLECT (Regenerating Freirian Literacy through Empowering Community Techniques) largement répandue, notamment dans l’éducation communautaire en Afrique.

Il est impossible de présenter Rosa María Torres en l’espace de quelques lignes seulement. Sur le site Internet de son Instituto Frenesis Ecuadorian, son profil est ainsi résumé: «spécialiste de l’éducation, linguiste et activiste sociale possédant une vaste expérience dans l’enseignement, la recherche et les conseils techniques aux niveaux national et international». Parmi les nombreuse fonctions qu’elle a occupées, elle a, entre autres, été directrice pédagogique de la campagne d’alphabétisation nationale «Monsignor Leonidas Proaño» (1988-1990).

Originaire de cuba, Lidia Turner est membre de l’Académie des sciences et présidente de l’Association des éducateurs de Cuba. Spécialiste de l’éducation et très érudite dans ce domaine, elle a représenté les intérêts de l’apprentissage et de l’éducation populaire par le biais de recherches et d’activités scientifiques et politiques.

Le colombien Alfonso Torres Carrillo est sociologue et historien. Il enseigne à l’Universidad Pedagógica Nacional de Colombia. Il est spécialiste de la théorie, des méthodes et des techniques de recherche sociale. Il est l’auteur de nombreux ouvrages principalement consacrés aux différentes expressions de l’éducation populaire dans son pays.

Le CEAAL dont il avait été président pendant de nombreuses années a décidé de nommer Carlos Núñez Hurtado président honoraire à vie. Au départ architecte, il a rapidement consacré son existence à l’éducation populaire, travaillant tout d’abord avec les fermiers de sa région natale de Guadalajara, au Mexique, puis créant l’IMDEC (Instituto Mexicano de Desarrollo Comunitario) qui a conçu pour les éducateurs populaires des outils et méthodes largement employés dans toute l’Amérique latine. Il enseigne à l’université jésuite de Guadalajara où il occupe à juste titre la chaire «Paulo Freire».

Benito Fernández, un Espagnol qui parti voyager en Amérique latine y resta et devint Bolivien, a consacré toute sa vie à l’éducation populaire. Pendant de nombreuses années, il a travaillé pour CENPROTAC, une ONG bolivienne, et occupé la fonction de coordinateur du CEAAL pour la région andine avant de prendre la direction des programmes de DVV International en Bolivie.

Carlos Calvo Múñoz est un scientifique de renom qui travaille au département d’éducation de l’université de La Serena au Chili. Il a longtemps étudié à l’étranger, à l’université de Standford et à l’université de Louvain. Sa formation a largement été influencée par Paulo Freire dont il suivit les cours lors de l’exil de ce dernier au Chili.

Peter Mayo est un bon exemple qui démontre que l’influence de Freire a dépassé les limites de l’Amérique latine. Enseignant lui-même l’éducation des adultes à l’université de Malte, il a beaucoup écrit sur Paulo Freire et ce qu’il a fait pour gérer les conflits politiques d’aujourd’hui au moyen de l’éducation. Parmi ses nombreuses activités et fonctions, il est membre du comité consultatif international de l’Instituto Paulo Freire à São Paulo, au Brésil.

K.O. Ojokheta est maître de conférences sur l’éducation à distance et la psychologie de protection sociale de l’éducation des adultes à l’université d’Ibadan, au Nigeria. Il a effectué des recherches sur les effets de l’application des méthodes freiriennes dans les cours d’alphabétisation dans son pays.

Michael Samlowski

Tras las huellas de Paulo Freire. Source: CEAAL

Source: Ceaal