Tom Steele

Tom Steele nous présente une forme particulière d’apprentissage de proximité. Le centre d’études Swarthmore de Leeds fut créé en 1909 par des membres du mouvement quaker. Il visait à intégrer et faire participer les gens à des activités éducatives et à veiller à ce qu’ils soient traités en égaux et avec respect. Swarthmore est un centre d’apprentissage tout au long de la vie, réalisant des projets de proximité incluant des programmes portant sur les arts, les TIC et les compétences nécessaires dans la vie courante. L’auteur explique que le travail du centre a largement été influencé par le développement de l’éducation populaire européenne à la fin du 19e siècle. Le Dr Tom Steele est Senior Honorary Research Fellow à la faculté d’éducation de l’université de Glasgow au Royaume-Uni.

Le centre d’études Swarthmore de Leeds

Création

Le centre d’études Swarthmore de Leeds fut créé en 1909 par la Société des Amis (les quakers) en tant que base d’enseignement ouverte à ses directeurs d’écoles pour adultes. Les thèmes abordés s’articulaient sur la Bible et la théologie. Rapidement, l’éventail des cours s’élargit à un public d’étudiants non religieux. Aujourd’hui, Swarthmore compte parmi les centres d’éducation des adultes les plus anciens en Grande-Bretagne. Des milliers d’apprenants adultes ont bénéficié du mélange de programmes de sciences humaines, de formation professionnelle et d’arts créatifs que l’on y propose depuis un siècle. Si le centre est resté relativement indépendant – il dirige ses affaires par l’intermédiaire de son conseil – il joue en même temps un rôle essentiel à Leeds dans le domaine des prestations éducatives pour adultes, ce qui lui a valu une renommée considérable au plan national. Les changements du financement au fil des années ont fréquemment obligé Swarthmore à adapter son programme, ce qui ne l’a manifestement pas empêché de conserver son identité de centre d’études accueillant, axé sur ses apprenants, un centre pour les arts créatifs, ouvert à un esprit réformateur innovant et focalisé sur l’objectif social de l’éducation des adultes.

L’époque à laquelle il fut créé était éminemment marquée par le socialisme éthique de la fin du 19e siècle dans le West Riding of Yorkshire, une période qui vit la croissance phénoménale du mouvement coopératif, la montée du mouvement syndical et la naissance du parti travailliste indépendant. Swarthmore est le produit de ce que l’on appela la renaissance du mouvement quaker qui cherchait avec insistance à démontrer la pertinence des enseignements du Nouveau Testament pour contrer l’injustice sociale et l’exploitation économique des travailleurs. Ce mouvement était dirigé par des quakers du Yorkshire, notamment par la famille Rowntree de York, mais aussi par les Harvey, les Whiting et les Ford. S’inspirant du succès des universités populaires danoises fondées par Nicolas Grundtvig, ils cherchèrent à créer un type similaire d’éducation des adultes en Grande-Bretagne. Ils furent attirés en 1903 par la l’Association pour l’éducation des travailleurs (Workers’ Educational Association – WEA) qui cherchait à recruter des universités pour éduquer des travailleurs par le système des travaux dirigés. À cela, ils tentèrent d’ajouter une forte dimension spirituelle basée sur les enseignements quakers.

Initialement un foyer caritatif gouverné par ses mécènes, Swarthmore vit, au milieu des années vingt, l’avènement d’une démocratie estudiantine qui prit naissance dans sa confrérie estudiantine. La confrérie organisa tout d’abord les activités sociales de Swarthmore, randonnées et excursions à bicyclette en groupes, débats et conversations, pour accroître l’esprit de fraternité au coeur de la vie associative quakeresse. La confrérie estudiantine commença peu à peu à jouer un rôle de plus en plus important dans la planification du programme du centre et en proposant de nouveaux projets éducatifs. À la fin de la Seconde Guerre mondiale une modification de la constitution permit aux étudiants d’être directement élus au conseil de Swarthmore.

Durant la première décennie de son existence le programme de Swarthmore fut essentiellement axé sur l’étude de la Bible, étroitement associée à des cours de travaux pratiques en économie politique dispensés par l’Association pour l’éducation des travailleurs/l’université d’Oxford. Toutefois, les langues et l’étude d’autres cultures, notamment de la culture allemande, étaient au programme tout comme l’enseignement des sciences, en particulier de la biologie. Entre les deux guerres, l’enseignement des langues s’élargit et s’intensifia dans le cadre de l’entente internationale, alors que l’étude de la Bible régressa, et Swarthmore accueillit un flot de réfugiés qui avaient fui la persécution des nazis. Les arts et métiers furent aussi développés, et les sciences humaines telles que l’anglais, la philosophie et l’histoire se mirent à jouir d’un engouement croissant. Au début des années soixante, Swarthmore était devenu un centre important pour les arts créatifs et offrait des cours d’une diversité inégalée. Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, Swarthmore ouvrit ses portes à des groupes militants radicaux, introduisit des bourses artistiques, les Arts Fellowships, et des formes innovantes d’accès, faisant souvent progresser l’éducation dans le nord de l’Angleterre. Ces deux dernières années, le centre a de plus en plus ciblé les groupes défavorisés du point de vue de l’éducation en passant des contrats avec des organisations prestataires de services éducatifs. Ainsi est-il devenu ce que le pédagogue Michael Young aurait pu appeler un entrepreneur social solidement implanté.

Le siècle de Swarthmore

Swarthmore fut inauguré en septembre 1909, au 12 Clarendon Road dans la ville de Leeds située dans le Yorkshire. L’immense foule assemblée dehors assista au discours vibrant sur la nécessité d’une existence empreinte de camaraderie et sur le droit de la main-d’oeuvre masculine et féminine à une éducation décente que prononça l’un des pères du projet, Arnorld Rowntree, le neveu de Joseph Rowntree. Le premier directeur fut Gerald K. Hibbert (1909-1920), une étoile montante de la pensée quakeresse. Wilhelmina, l’épouse d’Hibbert, se chargea, à titre bénévole, d’assumer la lourde responsabilité de diriger le centre et joua un rôle actif en donnant des cours à des femmes, comme elle l’avait fait auparavant au Wookbrooke College, également créé peu de temps avant par les quakers. Swarthmore encourageait aussi les non-croyants à venir partager l’atmosphère de fraternité qui régnait au centre, et ce dernier devint rapidement un pôle d’attraction pour des travailleurs qui s’adonnaient à la réflexion et qui étaient déterminés à comprendre le problème social et leur rapport à celui-ci. Se remémorant l’année 1949, Gerald K. Hibbert fit remarquer que Swarthmore était sans l’ombre d’un doute (bien que pas strictement) une organisation quakeresse et qu’il devait beaucoup à ses partenariats avec l’Association pour l’éducation des travailleurs et l’université d’Oxford. Hibbert cherchait à concilier ses deux préoccupations: l’interprétation de la Bible et l’étude des problèmes sociaux pour mettre en lumière la façon dont les enseignements de la Bible peuvent être utilisés pour traiter les injustices de la société contemporaine. Selon lui, Swarthmore avait entrepris de viser haut

Salles de classe à Leeds Source: www.swarthmore.org

en aidant les gens à s’éduquer eux-mêmes; en proposant des cours du soir à des adultes sinon privés d’éducation; en devenant un centre pour des hommes et des femmes souhaitant se rendre utiles; en liant et cimentant des amitiés; en guidant des travailleurs actifs; en étant source d’inspiration dans la vie des gens; en ouvrant ses portes pour accueillir des visiteurs; en tendant la main pour aider d’autres centres du Yorkshire. (Hibbert, 1911: 2-3)

Hibbert était un homme profondément religieux, bien que sa forme de religion puisse apparaître comme un mystère aux intégristes d’aujourd’hui. Pour lui, la religion était diamétralement opposée au dogmatisme et indissociable des besoins de l’humanité:

Le quakerisme considère la vie comme un tout: pour lui, la religion ne peut pas appartenir à un domaine et la réforme à un autre. Pour lui, une religion qui n’aboutit pas sur une réforme sociale est une religion bâtarde et non une religion chrétienne; de même que l’administration sociale dissociée de la religion perd de sa vitalité et se flétrit rapidement comme une branche coupée de l’arbre. (Hibbert, 1911: 12)

Maurice Rowntree, le fils du cousin de Joseph Rowntree Joshua qui avait lui-même été le premier directeur du centre d’études résidentiel de Woodbrooke, fut directeur adjoint et professeur à Swarthmore. Il passait pour être un esprit audacieux du fait de ses fréquents voyages à l’étranger qui lui permettaient d’observer les conditions sociales dans d’autres pays et d’en tirer des enseignements. Plus tard il donna des cours à Swarthmore sur ce qu’il avait vu lors de ses voyages aux USA, attirant l’attention sur les conditions véritablement écoeurantes dont il avait été témoin dans les parcs à bestiaux. Les Hibbert et Rowntree recevaient le soutien de jusqu’à cinq étudiants internes de l’université de Leeds, sur le modèle du Toynbee Hall. Ils bénéficiaient du financement d’une autre fondation quakeresse, le Flounders Institute, qui fournit aussi le premier financement pour la création d’une bibliothèque à Swarthmore. L’un de ces étudiants, Wilfred Allott, obtint une bourse d’études universitaires en 1911 et prit la succession comme directeur en 1922. L’aide bénévole était encouragée, à commencer par celle d’un comité de jardinage en 1910 qui transforma rapidement le triste lopin de terre noire en jardin, un lieu de tranquillité et de beauté où les cours se déroulaient fréquemment.

Quel type d’éducation proposait-on à cette époque excitante aux quelque 213 apprenants avides de savoir qui consacraient leurs soirées à l’étude? Les cours étaient principalement axés sur la religion (quatre sur sept des cours d’origine) tandis que les autres cours avaient trait à des questions sociales. Ceci incluait un cours d’économie et un cours spécial pour les femmes sur le travail et les salaires des femmes. Un cours sur la vie et la pensée en Orient était aussi proposé. Le premier cours de travaux dirigés proposé par l’Association pour l’éducation des travailleurs et l’université d’Oxford portait sur l’histoire économique. Considéré comme exemplaire, ce cours était dirigé par Henry Clay qui devint plus tard un économiste de premier plan et fut fait chevalier en récompense de ses services d’intérêt général. Il déclara que Swarthmore compta parmi les périodes les plus heureuses de sa vie. L’une des clés du succès de son cours était la boîte à livres, jalousement gardée par l’un des apprenants, le bibliothécaire du cours, qui se chargeait de prêter les livres et veillait à ce que ceux-ci soient bien rendus. Oxford prêta 42 livres aux 29 apprenants de cette classe qui rédigèrent un impressionnant total de 212 dissertations en l’espace d’un an (soit une moyenne de sept dissertations par apprenant). Le comité d’Oxford chargé de superviser les cours de travaux dirigés pour adultes admit que les participants avaient fourni une grande quantité de travail, facilement équivalente à un niveau de licence.

Dans l’esprit du scepticisme quaker et de la quête de vérité loin des dogmes, Hibbert proposa un cours intitulé Le Christianisme est-il vrai? ainsi que des cours sur l’Ancien et le Nouveau Testament, sur le quakerisme et sur les prophètes modernes et leurs messages. Le professeur David Macgregor de l’université de Leeds s’associa avec Maurice Rowntree pour dispenser un cours sur l’économie et la Poor Law (la loi qui régissait l’assistance publique, ndlt) ce qui aboutit sur une accusation du système industriel. Il y avait un cours pratique pour les enseignants d’enfants des niveaux élémentaire et primaire, et un cours pour les femmes sur la vie et le travail des enfants. Le premier cours de langues donné en allemand ouvrit aussi une nouvelle filière essentielle. Il fut organisé en 1914, à l’aube de la Grande Guerre. Ce cours venait à la suite d’un cours sur l’Allemagne et son peuple organisé en 1910 par le directeur, à l’occasion duquel il établit que l’enseignement des langues devrait fondamentalement se baser sur le contexte culturel et l’esprit des locuteurs de cette langue. Un cours de français fut aussi organisé la même année.

La Première Guerre mondiale eut un terrible impact et mit presque un terme au centre d’études. Les quakers militèrent activement contre sa fermeture. Arnold Rowntree, en tant que député au Parlement reçut des menaces et des injures alors que le directeur adjoint, Maurice Rowntree, fut incarcéré pour avoir fait objection de conscience en 1917. De plus, les cours à Swarthmore promouvaient des opinions radicalement provocatrices sur les maux du capitalisme dont les enseignants affirmaient qu’il n’était pas en accord avec les enseignements de Jésus. Swarthmore n’avait pas bonne presse et ne comptait pas là-dessus, ce qui ne l’empêcha pas de devenir un centre des mouvements d’éducation pour adultes dans le West Riding of Yorkshire tant par le fait qu’il hébergea des Amis en visite, qu’il donna des cours d’éducation permanente et qu’il organisa à l’extérieur les Swarthmore Sundays’, les dimanches de Swarthmore.

Après la guerre, Gerald Hibbert quitta Swarthmore pour diriger l’école quakeresse d’Ackworth, près de Pontefract dans le West Yorkshire, qui avait été fondée en 1779. Hibbert joua dès lors un rôle plus important dans le quakerisme au niveau national. Pendant à peu près un an, Edmund Harvey prit la direction de Swarthmore avant d’être élu député libéral de Dewsburry. Le conflit social et économique de l’après-guerre s’aggrava, se transformant en une crise de la foi, et nombre de gens attirés à Swarthmore n’appartenaient pas aux rangs des fidèles. Geoffrey Hodgson, un homme érudit et doux, qui prit la suite d’Edmund Harvey, les accueillit tous, et avec la création de la confrérie estudiantine (plus tard le comité estudiantin), Swarthmore commença à devenir une démocratie estudiantine. Swarthmore organisa alors des cours dans la prison d’Armley Gaol, à Leeds, par l’intermédiaire d’Harvey et de Maurice Arnold (qui y avait été brièvement détenu). En 1927, Hodgson prit sa retraite et son successeur, Wilfred Allott, revint. C’est principalement grâce à lui que Swarthmore devint un centre de l’internationalisme. Allott développa en effet le programme de langues et accueillit des réfugiés européens, les sauvant de la persécution. Pour Allott, l’internationalisme devint une cause à laquelle il faisait fréquemment allusion dans ses rapports annuels, affirmant que: Nos cours de langues nous permettent de maintenir l’idée internationale en vie et d’informer à son sujet. À d’autres occasions, il insista sur la vraie fonction de l’enseignement des langues qui était de comprendre les peuples d’autres pays et de faire preuve d’empathie à leur égard. Dans la pratique, il s’intéressait principalement à l’Europe et à l’union de ses efforts pour s’opposer à la montée des menaces totalitaires. Faisant preuve d’une certaine prescience, il cita son contemporain le philosophe italien Bernadetto Croce au sujet de la nécessité d’une union européenne au sein de laquelle le coeur des hommes battra pour l’Europe comme il battit autrefois pour leurs plus petits pays. Une remarquable enseignante, Martha Steinitz, elle-même juive allemande réfugiée qui enseigna l’allemand pendant plus de trente ans, fut d’une importance capitale dans ces efforts. Les cours d’artisanat prirent eux aussi de l’ampleur, tandis que l’étude de la Bible déclina. Trente ans après sa création, Swarthmore avait radicalement changé si l’on en juge par son vaste programme largement non religieux, l’augmentation du financement octroyé par la mairie de Leeds et l’admission d’apprenants d’horizons très divers. Ses liens d’origine avec le quakerisme s’étaient affaiblis et même s’ils ne s’étaient pas tout à fait perdus, une atmosphère plus laïque y régnait.

De nouveaux sujets, issus de l’éthos de la confrérie estudiantine, intégrèrent le programme en permanence comme, par exemple, deux cours de danse folklorique et d’artisanat qui furent à la base du programme remarquablement créatif que Swarthmore proposa à compter des années soixante. La lecture et la représentation de pièces de théâtre commencèrent à faire partie des cours ordinaires au milieu des années trente; les lectures se déroulaient le mardi soir et les répétitions le vendredi – avec pas moins de dix-sept pièces entreprises en l’espace d’un an. Quoique beaucoup d’entre elles soient depuis longtemps oubliées, un nombre considérable fait partie des pièces modernes sérieuses, entre autres: Junon et le paon de Sean O’Casey, Six personnages en quête d’auteur de Luigi Pirandello, On the Frontier et the Ascent of F6 d’Auden et Isherwood, Le deuil sied à Électre d’Eugene O’Neill et, plus tard, La Réunion de famille de T. S. Eliot.

Croulant sous la fatigue, Allott mit un terme au début de la Seconde Guerre mondiale à ses longues années de services en tant que directeur et fut remplacé pendant trois ans par le sociologue Desmond Neill. Une fois de plus, un conflit mondial faillit étouffer la flamme du centre qui aurait put s’éteindre si, ironie du sort, l’armée ne s’en était pas mêlée. Swarthmore se teinta de kaki, proposant principalement des cours de langues au service de la solde stationné à Leeds, ce qui annonça un remarquable redressement de fortune au centre, et, après la guerre, la réaction positive de l’établissement à la reconstruction fit de lui un point de convergence. Neill fut remplacé par Maurice Hughes, un ancien organisateur de cours à l’Association pour l’éducation des travailleurs (WEA), qui mit en place un calendrier radicalement axé sur la collectivité (la fille de Hughes, Kate Pretty, est actuellement pro-vice-chancellor – l’équivalent de vice-présidente – à l’université de Cambridge) et auquel succéda en 1949 Geoffrey Hines qui, lui, était davantage un esthète. Hines se montra plutôt circonspect à l’égard des politiques de ses prédécesseurs et créa une base financière solide. Il redonna aussi au programme du centre une dimension plus spirituelle tout en élargissant l’éventail des sciences humaines enseignées, notamment de la littérature. Hines était un fervent admirateur de T. S. Eliot avec qui il entretenait une correspondance. Il favorisa aussi le programme de langues de façon à ce qu’il devienne le plus grand pôle d’enseignement. Toutefois, il se brouilla avec l’Association pour l’éducation des travailleurs (WEA) davantage orientée vers la politique, et pendant près de dix ans la WEA et l’université de Leeds ne participèrent pas au programme de Swarthmore. Le modernisme de l’après-guerre intervint d’autres façons et Swarthmore décida de changer de nom: de Swarthmore Educational Settlement, il devint le Swarthmore Educational Centre.

Les différents avec l’Association pour l’éducation des adultes furent réglés après le départ de Hines en 1959. Ses successeurs Brian Stapleton et, particulièrement, Brian Thompson développèrent les programmes de sciences humaines dont il avait posé les bases à Swarthmore. Ceci ouvrit la révolution culturelle des années soixante, époque à laquelle le centre devint le havre d’écrivains et d’artistes créa-tifs, accueillant des expositions et des pièces de théâtre (pas toutes représentées sur la nouvelle scène) provocantes. Toute une suite de boursiers, bénéficiaires du Gregory Fellowship pour la poésie et les arts de l’université de Leeds, furent encouragés à venir au centre pour développer les talents créatifs de ses apprenants. Les bourses Gregory avaient été créées sur l’initiative du professeur Bonamy Dobrée avec le soutien du critique d’art Herbert Read (un ancien étudiant qui était aussi probablement allé à Swarthmore) qui convainquit Eric Gregory, de l’imprimerie Percy Lund Humphries de Bradford de financer les postes de boursiers.

Le conseil de Swarthmore décida de trouver de l’argent pour acheter des terrains attenants à son site d’implantation afin d’agrandir ses classes et de réaménager ses locaux. Il obtint pour cela l’aide de bienfaiteurs comme le fabricant de vêtements Bernard Lyons (probablement en reconnaissance du rôle que Swarthmore avait joué pendant l’entre-deux-guerres en accueillant des réfugiés) et l’appui du conseil municipal. Cependant, d’une certaine manière, un tournant crucial avait été atteint où, tout au moins du point de vue financier, il devint difficile de qualifier Swarthmore tout simplement de centre indépendant puisqu’il était en majeure partie financé par la ville de Leeds – et qu’en dernier ressort, c’est celui qui paie les pipeaux qui commande la musique. Il fut plus étroitement intégré dans les prestations d’éducation des adultes proposées par la municipalité et accueillit pendant la journée les élèves en surnombre des lycées techniques locaux. Néanmoins le mouvement bénévole prospérait, sous la forme du conseil de Swarthmore et des comités divers chargés de diriger ses affaires.

La politique d’éducation des adultes en Grande-Bretagne était à présent considérée comme une affaire spécialement axée sur l’efficacité nationale plutôt que comme une question de développement humain en général. Swarthmore résista à cette tendance et son directeur, Brian Stapleton, plaida au contraire en faveur d’un grand centre polyvalent d’éducation des adultes qui permettrait au même endroit, la même année ou des années consécutives de se livrer à des activités artistiques et de critique artistique, de discuter avec des photographes et des étudiants en langues suivant des études portant sur la culture de différentes nations, et de projeter des expéditions conjointes avec des archéologues et des botanistes. Les points d’intersection de différentes disciplines deviennent une réalité et un acte de stimulation dirigés vers l’extérieur, vers d’autres environnements plus incompatibles. (Stapleton, 1964: 15)

Pour Stapleton, un centre de ce type ne pouvait prospérer que grâce à un partenariat actif entre l’académie régionale, l’Association pour l’éducation des travailleurs et l’université. Il insistait absolument sur le fait qu’un mode d’enseignement reposant sur la spécialisation et la séparation ne répondait tout simplement pas aux besoins des adultes quoique les modernisateurs qui n’avaient que l’efficacité en tête eussent voulu. Toutefois, bien que sans conteste vertueuse, cette position isola Swarthmore de plus en plus par rapport à la nouvelle mentalité commerciale. Cependant, se basant de manière efficace sur les efforts de consolidation fournis dix années durant par Hines, Stapleton continua de placer les langues au coeur des activités du centre et s’engagea de plus en plus sur la voie des arts pratiques tout en renouant avec les sciences sociales, ce qui constitua dans une large mesure la base du programme d’enseignement de Swarthmore pour les décennies suivantes, tandis que le rétablissement du programme du comité conjointement mené avec l’Association pour l’éducation des travailleurs et l’université de Leeds faisait du centre un établissement d’enseignement tout à fait crédible.

Stapleton céda son poste de directeur en 1964 à Brian Thompson qui élargit considérablement l’offre artistique au moyen d’expositions, de programmes d’écriture créative ( l’écriture créative, creative writing en anglais, est une méthode d’écriture enseignée dans les universités anglophones et ayant pour but l’apprentissage de toutes les techniques rédactionnelles, ndlt) et en continuant d’intégrer les boursiers de la Gregory Fellowship dans le programme du centre. La promotion de l’écriture créative qui faisait appel à la base aux talents du poète Bill Price Turner constitua la plus grande réussite de Thompson. Ce dernier fit pour cela aussi appel à différents autres poètes comme George Kendrick, Davic MacAndrew, Pete Morgan et Martin Bell, à l’époque un boursier de la Gregory Fellowship. La poétesse Muriel Berry, qui avait déjà publié des oeuvres, devint une enseignante très admirée à Swarthmore où elle resta jusque dans les années quatre-vingt, et Thompson lui-même donna aussi de nombreux cours dans ce domaine. L’écriture de romans prospéra et Swarthmore encouragea de jeunes talents comme Margaret Jones, qui reçut en 1968 le prix du meilleur premier roman que lui décerna le Daily Telegraph pour son ouvrage intitulé The Day they Put Humpty Together Again (Collins, 1968), ou Elsie Nokes, l’auteur d’un autre roman remarquable intitulé As I was Going to St Ives. Autre auteur: Elizabeth North qui publia The Least and Vilest Things (Gollancz, 1971) ouvrage célébré par la critique, qui fut le premier de ses neuf romans et qui lança un appel aux femmes à se libérer de leurs chaînes: J’ai décidé que je peux devenir une femme émergente, déclarait son héroïne Hannah après douze années de mariage dépourvu d’imagination. De façon révélatrice, ceci était non seulement au reflet de la seconde vague naissante du féminisme sur le point de transformer la vie des femmes dans les années soixante-dix, mais aussi de la continuité durable des écrits féministes de la fin du dix-neuvième siècle qui avaient nourri le mouvement des suffragettes. Il n’est peut-être pas surprenant dès lors de découvrir qu’un roman intéressant de cette période, aujourd’hui toutefois presque oublié, fut écrit par Isabella Ford, qui n’était autre qu’une quakeresse, membre du premier conseil de Swarthmore. Comme le fait remarquer June Hannam, son roman intitulé On the Threshold (1985) se penchait sur les dilemmes que rencontraient les jeunes femmes des classe moyennes qui, bien que jouissant de plus grandes libertés personnelles que leurs mères, restaient corsetées par les attentes et conventions sociales. (Hannam 1989: 87. Plus ça change.)

Les changements culturels radicaux commencèrent dans les années soixante et se poursuivirent durant les années soixante-dix. En 1973, Martin Russell devint le directeur le plus longtemps en poste et celui qui présida aux changements les plus critiques que Swarthmore ait jamais traversés. La politique des portes ouvertes fut généreusement élargie par le centre qui accueillit dès lors toutes sortes de groupes militants. Beaucoup de gens espéraient que le Rapport Russell sur l’éducation des adultes publié en 1973 ouvrirait une nouvelle ère pour l’éducation des adultes et, bien que ne se traduisant pas par des financements adéquats, il eut un effet stimulant vital puisque ses offres se concentraient sur les défavorisés, un sujet dont d’aucun considérait qu’il avait longtemps été négligé. Toutefois, cette époque fut marquée par le fléau du chômage massif, une situation à laquelle Swarthmore répondit vite en proposant des programmes éducatifs aux chômeurs et en mettant en place son propre service de conseils en matière d’aide sociale. Le nouveau programme le plus intéressant fut peut-être celui intitulé Fresh Starts (nouveaux départs) qui fut l’une des premières voies d’accès à l’éducation permanente et à l’enseignement supérieur, le tout avec service de garderie d’enfants et de conseil. Autre réalisation: les bourses d’art créatif financées par l’association Yorkshire Arts, qui cimentèrent les relations entre les membres du centre et des artistes. Stimulé par le succès de ses demandes qui lui ouvraient de nouvelles sources de financement, Swarthmore réunit aussi des fonds pour bâtir une nouvelle salle en remplacement de celle construite dans les années 50 et qui tombait en ruine.

On donna davantage de poids aux membres quant aux décisions concernant la manière de diriger le centre, et les informations qui leur étaient destinées se mirent à croître de manière exponentielle – sous forme de bulletins, de newsletters, d’appels et de brochures déversés par les ronéos en effervescence (avant que les photocopieuses ne viennent les remplacer) et accrochés aux tableaux d’affichage ou déposés sur des tables basses. On demandait à présent régulièrement l’avis des membres que l’on recrutait de force pour participer aux comités de Swarthmore comme, par exemple, le comité du centre, au coeur des activités de l’établissement et qui était chargé de diriger le café, la garderie et le groupe de jeu pour les petits, de décorer les locaux correspondants et d’organiser des manifestations mondaines, le tout à titre bénévole, avec des comptabilités financières distinctes. Furent en outre créés un nouveau service de planification des programmes et, à la fin des années quatre-vingt, un comité de l’égalité des chances. En plus de vouer une grande admiration au bénévolat à Swarthmore, le directeur Martin Russell s’inspira dans ses activités de l’oeuvre du grand pédagogue brésilien Paulo Freire dont l’ouvrage intitulé Pédagogie des opprimés venait d’être traduit en anglais par le déscolarisateur russo-américain Ivan Illich – c’était l’époque des sacs en tissu, des pulls de laine et des cheveux hirsutes, se remémore un membre de longue date.

La réputation nationale de Swarthmore a été confirmée par le directeur de l’Institut national d’éducation des adultes et de formation continue en Angleterre et au pays de Galles (NIACE) Alan Tuckett, lors d’un discours prononcé à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de Swarthmore. Tuckett le conclut en ces termes:

Je souhaite terminer en louant quelque chose qui fait la magie de ce lieu… (Les membres de Swarthmore) brûlent de la passion de l’étude pour laquelle ils ont le feu sacré. Il en va ainsi parce qu’en fin de compte, la culture est faite par des gens ordinaires partageant un sentiment d’appropriation à l’égard de ce qu’ils font. Et quoi que soient ses autres qualités, Swarthmore est, je pense, le seul endroit de Grande-Bretagne où le discours de l’éducation des adultes s’appuie sur la pratique. Le nombre d’étudiants à la direction de ce centre est sans précédent en Grande-Bretagne, et je pense qu’il est important que vous le sachiez et que vous le reconnaissiez. (Tuckett, 1989)

Sans ces efforts bénévoles et cet enthousiasme, Swarthmore serait bien différent. Sa lignée de présidents et d’employés dévoués remontant à ses fondateurs quakers qui employaient leurs soirées à travailler dans les comités et à réunir des fonds, dirigeaient le café du centre, décelaient les nouveaux besoins éducatifs et harcelaient la municipalité avec la prospérité du centre pour seule récompense, cette lignée a donc fait de Swarthmore une preuve de sa fierté civique. Cependant, la municipalité de Leeds, longtemps dirigée par des travaillistes n’a pas toujours vu les choses comme ça: à la fin des années quatre-vingt, elle a procédé à de néfastes réductions du budget de Swarthmore, plongeant le centre dans une grave crise financière. Cela signifia à l’époque qu’il fallait d’urgence trouver une nouvelle source prédominante de financement. Ironie du sort, le fait que la loi de 1992 sur l’éducation permanente et l’enseignement supérieur (Further and Higher Education Act) ait été promulguée par un gouvernement conservateur a créé un garde-fou, et Swarthmore déposa avec succès une demande pour que sa source majoritaire de financement soit transférée au conseil pour le financement de l’éducation permanente. Néanmoins, ceci ne fut pas sans contrepartie: l’homologation à vaste échelle du programme – une politique à laquelle le conseil de Swarthmore avait longtemps résisté – et des projets d’entreprise.

Poussé par une succession de changements de financement abrupts et importuns, Swarthmore fut obligé de se transformer en entreprise à responsabilité limitée, de nature commerciale (bien que d’un genre nettement social). Il engagea une importante équipe administrative pour s’occuper des différentes sources de revenus, de tout le tralala lié à l’homologation et des groupes cibles prioritaires. Ses rapports annuels se mirent de plus en plus à ressembler aux communiqués d’une entreprise. Actuellement, ses revenus annuels s’élèvent approximativement à un million de livres (par comparaison, ils s’élevaient à £900 la première année), sa masse salariale étant à l’avenant. Le changement est le plus perceptible au niveau des cours proposés dans la journée, une offre désormais essentiellement contractuelle, destinée aux personnes défavorisées et aux handicapés. Toutefois, il existe encore un programme dynamique autofinancé de cours du soir d’artisanat et d’art. Malheureusement, les cours de langues et l’étroit partenariat avec l’Association pour l’éducation des travailleurs (WEA) ont presque disparu, et l’engagement bénévole a nettement diminué. Les liens avec la Société des Amis (quakers) ont toutefois été renoués.

Empruntant le nouveau langage de l’apprentissage tout au long de la vie employé dans la politique de l’éducation du New Labour Party, le centre décrit à présent son programme principal comme des prestations s’adressant aux exclus, et a subtilement rebaptisé ses cours d’enseignement, les appelant désormais des activités d’apprentissage. Ceci reflète non seulement le passage d’une éducation axée sur l’enseignement à un apprentissage axé sur l’apprenant, mais aussi davantage le souci du point de vue des étudiants ou des apprenants, ainsi qu’on les appelle à présent, plutôt que du point de vue de l’établissement prestataire; dans le discours dominant, les styles d’apprentissage se sont substitués aux modes d’enseignement. Dans un certain sens, ce changement de priorité est quelque chose que les éducateurs d’adultes ont recherché depuis les années soixante-dix quand l’UNESCO a pour la première fois fait la promotion de l’éducation permanente – alors que celle-ci remontait en vérité à Basil Yeaxlee dans les années vingt (Yeaxlee, 1929). On peut cependant dire que cette démarche a toujours été celle de Swarthmore et que le vocabulaire s’est tout simplement mis au diapason de la pratique (toutefois, en anglais, le fait que l’on n’enseigne plus mais que l’on distribue plutôt les cours – comme le courrier – constitue une regrettable tournure du nouveau style d’expression).

Néanmoins, le programme proposé à Swarthmore a dû faire à certains égards un pas en arrière par rapport à la façon dont l’avaient conçu ses fondateurs – qui avaient toujours supposé que les apprenants des classes ouvrières disposaient d’un certain niveau d’alphabétisation – pour revenir au niveau des cours des écoles pour adultes du milieu du dix-neuvième siècle avec leurs déficits éducatifs. Cibler voulait dire que les cours du centre étaient désormais destinés aux apprenants les plus déshérités, dont l’existence atteste tristement de l’échec de l’État providence qui n’a pas réussi à éliminer les graves privations sociales en un siècle et demi d’intervention. De plus, les fondateurs de Swarthmore pensaient qu’ils aidaient à éduquer une élite ouvrière qui, grâce à ses propres capacités, guiderait le mouvement travailliste vers une nouvelle ère de démocratie et de justice sociale. L’éducation devait fournir les outils d’un nouvel ordre politique reposant sur la fraternité et l’égalité, et sur l’idée raisonnable selon laquelle si seulement les gens se comprenaient mieux eux-mêmes et comprenaient mieux le monde dans lequel ils vivaient en s’appliquant à l’étude, on pourrait résoudre les problèmes sociaux. En 2000, toutefois, le ciblage avait perdu toute connotation utopique et signifiait qu’il fallait préparer des gens issus de milieux défavorisés pour le marché du travail, en cultivant la confiance dans leurs propres capacités et en essayant de les doter de compétences leur permettant de gagner leur vie.

Conclusion

Bien que les prestations actuelles paraissent très lointaines des idéals fondateurs des mouvements éducatifs populaires des Lumières en Europe (voir Steele, 2007) et de la renaissance quakeresse de la fin du dix-neuvième siècle, la structure de la société a considérablement changé. On prétend que l’éducation obligatoire, les soins de santé gratuits et les logements sociaux, dont tous à de nombreux égards sont les fruits de ces mouvements sociaux, ont réduit la nécessité d’une éducation des adultes populaire. Les près de 50 % des personnes ayant achevé leur scolarité et qui suivent maintenant des études supérieures – ce qui était inimaginable il y a encore un demi-siècle – attestent de la pression exercée pour instaurer l’égalité sociale. La majeure partie de la population est mieux logée, mieux nourrie et mieux éduquée qu’à toute autre époque du passé, et les mouvements politiques et sociaux qui ont fait naître des établissements comme Swarthmore n’ont plus de raison d’être.

Et pourtant, il reste encore une foule d’affaires à régler, comme avait coutume de le dire Fred Sedgwick, le célèbre secrétaire de district de l’Association pour l’éducation des travailleurs au Yorkshire après la guerre. Le mouvement pour l’égalité sociale a décroché et les chances des gens dans la vie continuent de dépendre de la situation familiale. Grâce à une éducation privée et aux avantages d’une richesse héritée, les riches consolident leur mainmise sur les universités prestigieuses. Les deux dixièmes inférieurs de la population se caractérisent encore par un illettrisme largement répandu et des existences gravement limitées, et les écarts de richesse se creusent de façon alarmante. Les inégalités sur cette échelle, comme l’a récemment affirmé Richard Wilkinson, accroissent la probabilité des crimes, des troubles sociaux, du racisme et de la demande de réparation au moyen de la violence politique, comme dans les années trente (Wilkinson, 2009). D’un autre côté, l’éducation des adultes a démontré sa considérable valeur sociale au fil du siècle dernier. Comme Swarthmore l’a clairement illustré durant cette période, les gens réagissent de façon beaucoup plus positive aux arts et à la culture si l’on encourage et développe leur potentiel créatif – hors de cette habitude maladive de devoir acquérir des qualifications, introduite par les politiques. Les nouveaux problèmes sociaux comme la discrimination sexuelle, raciale et sociale seront plus probablement mis à jour dans le climat sécurisant d’une éducation libérale qui aura davantage de chances de s’en occuper. De la même manière, on peut efficacement dévoiler des problèmes politiques et sociaux si les gens peuvent en parler dans un environnement informé, ouvert et démocratique.

Le domaine des sciences, dont la promesse a inspiré des mouvements sociaux historiques constitue peut-être le plus intéressant déclin dans l’enseignement. Malgré ses mérites évidents, la science s’évertue encore à rivaliser avec les convictions de la religion révélée, précisément peut-être parce ce qu’elle n’évolue pas dans de telles vérités absolues. Dans la foulée de l’amorce d’un changement climatique potentiellement catastrophique et du déni largement répandu de son existence, la science, au sein d’une éducation libérale des adultes, peut avoir un rôle crucial à jouer. Le courage d’examiner pour soi-même les preuves du pour et du contre, et de participer à un débat rationnel devrait suffire à indiquer que les établissements comme Swarthmore ne sont pas juste les vestiges d’un âge d’or utopique, mais des forums essentiels pour le renouveau social.

Références

Hannam, June (1989) Isabella Ford. Oxford: Basil Blackwell.

Hibbert, Gerald Kenway (1911) Swarthmore and St Mary’s: An Expression of Modern Quakerism, dans Friends Quarterly Examiner, janvier 1911: 1-16 (Leeds City Reference Library L374.64 SW26).

Stapleton, G. B. (1964) Cooperation, a View from the Centre dans Adult Education Vol xxxvii, n° 1 may, 1964: 14-17.

Steele, Tom (2007) Knowledge is Power! The Rise and Fall of European Popular Education Movements, 1848-1939. Francfort: Peter Lang.

Tuckett, Alan (1989) A Moment in the Sun, une conférence commémorative à l’occasion du 80e anniversaire de Swarthmore, dans Swarthmore 80th Annual Report.

Wilkinson, Richard et Pickett, Kate (2009) The Spirit Level: Why More Equal Societies Almost Always Do Better. Londres : Allen Lane, 2009.

Yeaxlee, Basil A. (1929) Lifelong education: a sketch of the range and significance of the adult education movement. Londres : Cassell and Co.