Sabo A. Indabawa

L’histoire de l’enseignement supérieur en Namibie est inextricablement liée à celle du pays, qui a subi d’innombrables préjudices en raison des injustices passées, plus particulièrement durant l’apartheid avant l’indépendance en mars 1990. Après l’indépendance, des efforts ont été consentis pour mettre sur pied un système d’enseignement supérieur apte à proposer une formation supérieure aux citoyens indépendante des critères raciaux ou discriminatoires. À ce jour, l’enseignement supérieur est représenté par les organismes suivants: une université, une école polytechnique, quatre écoles normales, le Collège namibien d’enseignement à distance et plusieurs Centres de formation professionnelle répartis dans l’ensemble du pays. Cet article est consacré à la mise en place du Département de formation pour adultes et d’éducation non formelle de l’Université de Namibie, dont l’objectif est de contribuer à satisfaire les besoins en formation professionnelle des éducateurs et formateurs d’adultes des organismes gouvernementaux et non-gouvernementaux. Sabo Indabawa est titulaire d’un doctorat, maître de conférences et directeur du département d’éducation non formelle des adultes à la faculté d’éducation de l’université de Namibie, à Windhoek. Auparavant, il travaillait à l’université d’Ibadan, au Nigeria. Avec des collègues, il prépare actuellement la publication d’un ouvrage sur la situation de l’éducation des adultes en Afrique. Il reçoit le soutien d’un grand nombre de spécialistes africains et internationaux qui lui ont fourni un nombre considérable d’études de cas. Ce livre paraîtra avant fin 2000. Les personnes souhaitant en obtenir un exemplaire peuvent écrire à l’éditeur de cette revue – offre valable jusqu’à épuisement des stocks.

Le développement de l’éducation des adultes universitaire en Namibie

La création du Département

Pour concrétiser sa mission, l’Université de Namibie (UNAM) a créé des unités universitaires et des services, et plusieurs programmes de qualification universitaire et professionnelle allant du Diplôme au doctorat dans diverses disciplines. Actuellement, l’Université compte sept facultés au total, cinq centres et 26 départements. La Faculté d’éducation est divisée en six départements, entre autres le Département de formation pour adultes et d’éducation non formelle, le DANFE. Fondé officiellement en décembre 1997 avec la nomination de son premier directeur puis d’un second membre en février 1998, le DANFE a pu être opérationnel en mars 1998 et entamer ses activités d’enseignement formel en janvier 1999. Le vice-chancelier de l’Université a expliqué en termes clairs, à l’occasion de son inauguration formelle, le principal motif de la création de ce nouveau département:

La création du département répond au besoin de résoudre un certain nombre de problèmes clés auxquels a été confrontée la nation à son indépendance: les problèmes de l’analphabétisme des adultes et de l’inégalité des chances d’accès à l’éducation... (sont) les clés de la prospérité et du développement de l’être humain... Le département a été conçu dans un souci de justice et d’honnêteté, aux fins de donner accès à l’éducation au peuple de Namibie après l’apartheid...

Le département a été chargé d’élaborer et de proposer des programmes universitaires et des services dans les domaines de la formation des adultes et de l’éducation non formelle. L’objectif était de produire des Namibiens qualifiés, capables d’occuper deû postes exigeant des qualifications professionnelles dans les organismes gouvernementaux et non-gouvernementaux. Auparavant, ces programmes étaient essentiellement dispensés par des institutions étrangères, ce qui obligeait à dépenser des ressources financières rares pour ce genre de formation.

Le développement du programme

Pour développer les programmes proposés, l’Université a décidé de réaliser une étude nationale pour évaluer les besoins de formation et ouvrir le dialogue avec les personnes clés du secteur de l’éducation et de la formation des adultes en Namibie, dans les ministères et départements gouvernementaux et les ONG réparties dans les 13 régions politiques et les sept zones éducatives du pays. C’était une nette rupture par rapport au passé, où les programmes universitaires étaient développés par des experts assis dans leurs bureaux et sans aucun rapport avec la réalité sur le terrain. Très souvent, des tonnes de temps et de ressources étaient gâchées pour des programmes qui ne tenaient aucun compte des besoins des groupes cibles ou des institutions. Cette nouvelle approche répondait au besoin de créer des programmes purement namibiens définis par des praticiens, adaptés et appropriés à leurs besoins. Le processus entendait aussi créer un lien entre l’Université et la société par la consultation, l’évaluation des besoins et la négociation.

La consultation

Les consultations au sujet du département furent entamées en même temps que la fondation de l’Université en 1992. En raison des demandes croissantes d’experts en formation pour adultes et en éducation non formelle que recevaient l’Université, la faculté d’éducation et le personnel universitaire à titre individuel, des consultations furent entamées pour examiner l’utilité d’un département de formation pour adultes et d’éducation non formelle. Certaines consultations furent parfaitement informelles, d’autres formelles. Un pas décisif fut l’établissement d’une unité de formation pour adultes et d’éducation non formelle dans les dix départements d’éducation comparative (aujourd’hui: fondations et gestion éducatives). Cette initiative n’existait que sur le papier mais contribua tout de même à encourager la réflexion sur la création d’un département autonome. Un second pas dans le même sens fut l’opinion exprimée par le Conseil éducatif de la faculté en 1996, qui préconisait l’ouverture d’un département. Pour y répondre, l’administration de l’Université consulta le ministère de l’Éducation de base et de la Culture, ainsi que les unités correspondantes à l’Université. Un membre du personnel universitaire de la faculté d’éducation fut chargé d’établir des contacts avec les universités sœurs de la Communauté du Développement de l’Afrique australe (Southern African Development Community, SADC) et d’autres régions d’Afrique, afin de discuter de la création d’un département. Finalement, l’Université décida la création formelle du département. Elle s’assura l’accord du gouvernement et en décembre 1997, le département fut doté de deux postes académiques financés sur le budget de la faculté d’éducation pour l’année en question.

Évaluation des besoins

L’étude d’évaluation des besoins fut centrée sur le développement des programmes. Au départ, l’Université fournit les fonds qui permirent d’établir des contacts et une action conjointe au niveau national pour une période de 40 jours. Pour préparer les activités d’évaluation des besoins, deux outils de collecte de données furent élaborés. Le premier était un questionnaire intitulé «Questionnaire sur les besoins de formation en éducation des adultes à l’intention des directeurs d’organismes» (Training Needs in Adult Education Questionnaire for Heads of Agencies, TNAQ). Le second était intitulé «Questionnaire sur les besoins de formation en éducation des adultes à l’intention des éducateurs d’adultes» (Training Needs in Adult Education Questionnaire for Adult Educators (TNQAE).

Après avoir testé et mis au point ces outils, on commença le travail de terrain dans la première semaine de mars à Windhoek et le termina la première semaine d’avril 1998 à Keetmanshoop. On organisa partout des interviews avec les directeurs des organismes, et des réunions de groupe avec les éducateurs d’adultes. À la fin, on avait interviewé 20 directeurs d’organismes et aidé 294 éducateurs d’adultes à remplir les questionnaires.

Nous quittâmes le travail sur le terrain et retournâmes à l’Université pour y faire l’analyse des données qui dura deux semaines. À la fin, un rapport sur l’évaluation des besoins fut établi. Les données générées servirent à identifier les dix points clé! du développement du programme:

  1. Types et nombre d’organisations opérant dans l’éducation et la formation des adultes en Namibie
  2. Volume et caractéristiques du personnel engagé dans l’éducation et la formation des adultes en Namibie (il s’avéra que la majorité des praticiens de l’éducation des adultes n’avaient pas de qualifications professionnelles adéquates)
  3. Types de programmes d’éducation des adultes, de formation professionnelle et de services (non formelle, à distance) exigés pour toute activité d’éducateur d’adultes qualifié
  4. Contenus des programmes proposés, plus particulièrement: éléments d’enseignement principaux et secondaires nécessaires à la formation professionnelle des éducateurs et formateurs d’adultes
  5. Niveau et type de qualifications requises pour les éducateurs et formateurs d’adultes professionnels
  6. Méthodes utiles d’organisation des programmes universitaires d’éducation et de formation pour adultes; plus particulièrement: rapports entre les volets théorique et pratique des programmes
  7. Mode de prestation des programmes proposés
  8. Sources possibles de parrainage pour les participants aux programmes
  9. Durée et rythme des programmes proposés, à savoir s’il s’agit de programmes à temps partiel ou complet
  10. Démarrage des programmes universitaires d’éducation des adultes

Les résultats ont guidé le processus de développement des programmes. L’administration de la faculté d’éducation a organisé une réunion interne pour examiner le rapport et les programmes universitaires et les services proposés. En même temps, le département a entrepris la planification d’un atelier consultatif national dans le but de présenter les résultats de l’étude aux décideurs et aux tiers. Ces différents pas donnèrent le ton des négociations qui suivirent.

Les négociations

Les négociations vinrent compléter les consultations et l’évaluation des besoins. Elles se firent à deux niveaux, à l’Université d’une part, avec les décideurs et les tiers d’une grande partie de la communauté namibienne des éducateurs et formateurs d’adultes d’autre part. Les négociations à l’UNAM débutèrent avec la réunion interne de la faculté, qui permit à une équipe du personnel de l’Université de rencontrer des représentants des institutions gouvernementales concernées pendant deux journées de débats sur les programmes proposés. Ces rencontres entraînèrent un certain nombre de modifications. Après la réunion de la faculté, des négociations eurent lieu au sein du conseil de faculté, du comité de planification universitaire et du sénat de l’Université, qui se rencontrèrent en octobre 1998. Le sénat approuva les programmes, y ajoutant ses appréciations et ses recommandations. À l’extérieur de l’UNAM, un atelier consultatif national fut organisé le 30 juin 1998, au cours duquel 40 participants étudièrent le rapport de l’étude d’évaluation des besoins et les programmes proposés. L’assemblée convint que le rapport était une réflexion fidèle de ce que les personnes interrogées disaient sur le terrain. Elle suggéra également de faire suivre le même processus de développement à tout futur programme universitaire.

La question des bourses fut également abordée et le département effectua des démarches auprès d’un certain nombre d’organismes internationaux pour demander un soutien. Ce fut l’Institut de Coopération internationale de la Confédération allemande d’Éducation des Adultes (IIZ/DVV) qui donna la première réponse positive. Il mit des fonds à disposition pour l’équipement de base, des livres et des bourses d’études. À ce jour, une centaine d’étudiants ont bénéficié de ces bourses, qui les ont considérablement aidés dans leurs études. Le département est également l’un des mieux équipés de toute l’Université. L’Institut a en outre financé la publication d’une étude sur l’évaluation des besoins et des rapports d’ateliers en 1999.

Le feedback sur la durée des programmes montre que les éducateurs d’adultes des organismes publics n’ont pas la possibilité de quitter leur poste pour deux à quatre années d’études universitaires à plein temps. Il faut donc ou bien réduire le nombre d’années, ou bien proposer des programmes à distance; c’est la dernière formule qui a été retenue et le département, en collaboration avec le Centre d’enseignement à distance de l’Université, a commencé à élaborer les matériels pédagogiques nécessaires.

L’UNAM au service de la société

Nous venons de montrer comment la consultation, l’évaluation des besoins et les mécanismes de consultation ont contribué au développement de programmes effectifs dans le département de formation pour adultes et d’éducation non formelle de l’Université de Namibie. C’est une preuve vivante de la manière dont l’UNAM se met au service de la société namibienne et essaie de répondre à ses objectifs d’éducation, de service et de développement. Depuis la mise en place du nouveau département, des mesures ont été entreprises pour répondre aux besoins et aux aspirations de la société au moyen de l’enseignement, de la recherche et du service communautaire.

L’enseignement

Après l’inauguration du département le 18 février 1999, deux programmes ont été mis en place: le Diplôme d’une part, le B. Ed. (Licence en éducation) d’autre part, auxquels 40 étudiants pour le Diplôme et sept pour la Licence se sont inscrits pendant la première année d’essai. Dans la session de l’année 2000, une deuxième année a été ajoutée à chacun des deux programmes. De plus, les étudiants ont été admis aux cours de M. Ed (maîtrise) et Ph.D. (doctorat). Actuellement, le département propose quatre programmes universitaires, qui sont les suivants:

Profil des programmes

S/N° Programme Durée Nombre actuel d’inscriptions
1 Diplôme d’éducation des adultes et de développement communautaire 1ère et 2ème années 2 ans 105
2 B. Ed (Licence en éducation des adultes) 1ère et 2ème années 4 ans 15
3 M. Ed (Maîtrise en éducation des adultes) 2 ans 05
4 Ph. D. (Doctorat en éducation des adultes) Recherche uniquement 3-5 ans 03

Actuellement (2000), il y a 128 étudiants au total. Il est intéressant de noter que 70% d’entre eux sont des femmes et que 96% des inscrits sont des Namibiens le plus souvent issus des «zones défavorisées» du Nord. Un grand nombre d’entre eux viennent d’organismes gouvernementaux, y compris des forces de l’ordre. D’autres viennent d’organisations non-gouvernementales. Le reste sont des jeunes qui ont quitté l’enseignement secondaire sans expérience professionnelle.

Il est également intéressant de noter que les contenus des cours proposés par le département sont principalement axés sur le cadre de vie et les besoins de formation professionnelle namibiens, et que le programme de doctorat est le seul de ce niveau dans toute la faculté d’éducation à l’heure actuelle, en dépit des efforts déployés pour mettre aussi en place des programmes de doctorat dans les départements connexes.

Pour tenir les engagements, proposer des programmes d’enseignement à distance et élargir l’accès à tous les Namibiens, tous les membres du personnel collaborent à l’élaboration de matériels en coopération avec le Centre d’enseignement à distance. L’enseignement à distance pour le Diplôme doit débuter en 2001, pour la Licence un an plus tard.

Les résultats des examens du département pour la session de 1999 représentent un indicateur de succès supplémentaire. Les taux de réussite sont de 96% et de 100% pour la première année du Diplôme et les programmes de Licence.

Recherche

Dans le domaine de la recherche, le département a également fait de modestes efforts. Premièrement, chaque membre du personnel est engagé dans le travail de recherche. Certains résultats ont été présentés aux séminaires de la faculté d’éducation en 1998 et 1999. D’autres ont été publiés dans des livres et des journaux. À une plus large échelle, le département coopère dans le cadre d’un «projet d’étude d’impact national sur l’amélioration des programmes d’éducation de base non formelle en Namibie». Le projet est financé par l’UNESCO, par l’intermédiaire du Réseau de Recherche éducative pour l’Afrique orientale et australe (ERNESA). Les résultats de la première étude nationale d’évaluation des besoins en formation ont été, comme nous l’avons mentionné plus haut, publiés sous forme de livre avec le soutien financier de l’IIZ/DVV. Ce livre et les premiers résultats du projet de l’UNESCO pourront contribuer à élargir les frontières du savoir en formation des adultes et en éducation non formelle en Afrique. La communauté des décideurs politiques de Namibie et les autres praticiens pourront également bénéficier des données qui émanent de ces études. Le département poursuit aussi son travail de recherche.

Service communautaire

Dans ce secteur, le département a fait certains progrès. Au sein de l’Université, le département veille à ce que l’éducation des adultes ait une voix au chapitre dans plusieurs comités et structures. Hors de l’UNAM, le département joue un rôle de conseil auprès d’un grand nombre de groupes d’intérêts et d’institutions. C’est ainsi que le département représente l’Université au Conseil consultatif du Certificat en éducation au développement (CED) proposé par le Collège namibien d’enseignement à distance (NAMCOL). Des efforts sont donc actuellement déployés pour faire le lien entre le CED et les programmes de l’Université si bien que les détenteurs de cette qualification pourront avoir facilement accès au Diplôme universitaire et aux programmes de Licence aux niveaux appropriés. Deuxièmement, le département a été le premier à développer un plan national d’action pour la formation des adultes, proposé à la suite de la conférence nationale sur l’apprentissage des adultes de septembre 1998, atelier de suivi de la Confintea V tenue à Hambourg, Allemagne, en 1997. Troisièmement, le département a participé activement à la conférence nationale sur l’éducation organisée en août 1999 pour débattre du projet de rapport de la commission présidentielle sur l’éducation, la culture et la formation.

En outre, le département est membre de l’Association namibienne d’Alphabétisation et d’Éducation des Adultes (NALAE) et de l’Association d’Enseignement à Distance pour l’Afrique australe (DEASA).

Certains membres du personnel sont également membres d’associations professionnelles à titre individuel et ont effectué plusieurs activités de conseil dans le pays, la SADC et d’autres régions du monde. Actuellement, le département joue un rôle de premier rang dans la coordination de la rédaction d’un important livre sur «L’état de l’éducation des adultes et de la formation continue en Afrique», financé par l’Institut de Coopération internationale de la Confédération allemande d’Éducation des Adultes.

Les programmes de vulgarisation

Le département a mis en place une série de programmes de vulgarisation et d’éducation non formelle pour répondre aux besoins professionnels de la communauté. Les cinq programmes proposés qui ont été retenus à l’atelier national consultatif sont les suivants:

  1. Cours de mise à niveau pour les formateurs dans le cadre de la qualification et de la formation professionnelles, à l’intention du personnel des Centres de formation professionnelle de Namibie
  2. Séminaire national annuel d’alphabétisation et de développement, à l’intention des décideurs politiques et des autres praticiens en alphabétisation, éducation et formation des adultes
  3. Conférence nationale annuelle sur le développement des ressources humaines, à l’intention du personnel des ressources humaines dans le secteur gouvernemental et le secteur privé
  4. Atelier annuel de promoteurs (‘instructeurs’) en alphabétisation, dans le but de soutenir la consolidation des potentiels dans le cadre du programme national d’alphabétisation en Namibie (NLPN), entrepris en 1992 dans le but d’atteindre un taux d’alphabétisation des adultes de 80% dans l’ensemble du pays
  5. Atelier annuel de rédacteurs de manuels d’alphabétisation, dans le but d’augmenter la capacité locale d’élaboration de matériels pour les programmes d’alphabétisation de base et de post-alphabétisation en Namibie

Le manque de personnel dans le département a freiné la mise en route de ces programmes, mais ils sont à l’étude et pourront être proposés en temps voulu.

Le personnel

Actuellement, le département compte quatre collaborateurs académiques. L’un d’entre eux est détenteur d’une Maîtrise en éducation, les trois autres d’un Doctorat en éducation des adultes, et tous ont une grande expérience de l’éducation des adultes universitaire dans d’autres parties du monde. Étant donné le nombre d’étudiants dans le département et l’éventail de cours proposés, la situation actuelle en termes de personnel est loin d’être idéale. Il faut augmenter le personnel bien qu’il soit difficile, dans ce cas, de trouver des professionnels hautement qualifiés dans la SADC. Le problème s’aggrave si l’on y ajoute le facteur coûts, ce qui rendra encore plus difficile le recrutement de personnel qualifié extérieur à l’environnement immédiat. Néanmoins, en dépit des contraintes actuelles, certains progrès modestes ont été réalisés.

Évaluation des performances

L’évaluation des performances du département depuis ses débuts est absolument nécessaire, mais nous ne pouvons pas la faire nous-mêmes. Nous avons contacté quelques personnes individuelles et institutions namibiennes et étrangères, et certaines d’entre elles ont donné leur avis sur les efforts fournis actuellement par l’éducation des adultes universitaire pour répondre aux besoins de la société namibienne. Les exemples ci-dessous peuvent donc être considérés comme une évaluation externe informelle des performances du département.

Le rapport d’un évaluateur externe

À la fin de la session de 1999, la première étude sur le département a été réalisée par un évaluateur externe. L’examen a porté sur le Diplôme d’éducation des adultes et de développement communautaire et la Licence en éducation des adultes. L’étude a porté sur l’ensemble du travail et a donné les résultats suivants:

«... Ce nouveau département a réalisé des performances extrêmement impressionnantes, le personnel et les étudiants ont atteint des niveaux élevés enviables...»

L’opinion de quelques visiteurs

Le département a également reçu de nombreux visiteurs namibiens et étrangers. Un partenaire allemand qui s’est entretenu pendant deux jours en février 2000 avec les membres du personnel et les étudiants, mais aussi avec les tierces personnes dans le département, a fait le commentaire suivant:

«... J’ai été très impressionné... par le nouveau département de formation pour adultes et d’éducation non formelle, qui brille par son dynamisme et son succès...»

Un visiteur d’Afrique du Sud a simplement dit: «Un grand effort». Un autre du Swaziland: «Très informatif et utile». Un autre encore, de l’Université de Manchester, Royaume Uni, a dit: «L’atmosphère est agréable». Enfin, une équipe d’une importante tierce personne et partenaire, le Collège namibien d’Enseignement à distance, dirigé par son vice-directeur, a conclu: «Nous sommes impressionnés».

Nous espérons que ces explications auront donné un aperçu du travail de l’ensemble du projet d’éducation des adultes, qui est l’une des contributions de l’UNAM à la mise en place d’une société namibienne plus juste, plus humaine et plus égalitaire. L’Université de Namibie s’efforce de créer des liens avec la société et de se mettre à son service tout en opérant aussi largement que possible, et refuse de fonctionner comme une institution isolée dans sa tour d’ivoire.

Conclusion

Cet article est un essai d’évaluation du développement de l’éducation des adultes à l’Université de Namibie. Trois paramètres de base ont été utilisés pour développer la perspective de l’article: la consultation, l’évaluation des besoins et la négociation. Chacun d’entre eux a été utilisé efficacement et a permis de mettre en place des programmes professionnels universitaires d’éducation et de formation pour adultes, qui sont déjà bien fréquentés par la communauté. L’une des implications évidentes de cette approche différente de développement de programmes est le fait que si l’on procède à une consultation juste, à une évaluation appropriée des besoins et à des négociations tenant compte de tout le monde, les programmes universitaires seront certainement mieux adaptés aux réalités et aux besoins de la communauté. Cette approche est recommandée au développement de l’éducation des adultes universitaire dans d’autres régions du monde. Peut-être ceci sera-t-il le début d’une «nouvelle» approche de développement de programmes pas seulement théorique mais aussi profondément ancrée dans la pratique: le développement de programmes avec le peuple.

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